vendredi 24 décembre 2010

N° 91 : Ultimate House Anthems (Hurley's classics, Xpansions, Underground Resistance...)

Set non disponible

Ainsi s'achève une décennie qui n'aura pas été frappé du sceau de la splendeur.

Abstraction faite de tous les drames qui l'ont marquée, son bilan musical n'est guère reluisant.

Sur le déclin car méprisée par les médias, la musique club et notamment la house music, sa cheville ouvrière, se sont vues regroupées sous l'appellation générique de "musiques électroniques" afin de tenir dans un seul rayon dans les grands magasins culturels, véritable fourre-tout qui déroute encore un peu plus les consommateurs.
Dieu sait pourtant que les sous-genres se sont multipliés et qu'il aurait été du devoir des disquaires de bien différencier les divers courants.

Concernant l'esprit originel de la house, c'est le Fort Chabrol d'une poignée de producteurs.
Heureusement, quelques "grands" portent encore l'étendard et leurs disciples émergent peu à peu.

En effet, ce sont les DJ's, souvent starisés, qui ont totalement éclipsé les artistes (accessoirement DJ's) dotés d'une réelle sensibilité musicale en inondant le marché de titres aux mélodies souvent simplistes et aux arrangements d'une pauvreté indicible.
Le but avoué par beaucoup est aujourd'hui de réaliser un tube et de profiter de cette notoriété pour tourner en club, vivant sur ce maigre acquis.

Les DJ's américains historiques comme Frankie Knuckles ou David Morales ont d'abord été des résidents reconnus dans leur fiefs avant de se voir proposer des tournées à travers le monde. C'est au mérite qu'ils ont acquis ce privilège.

D'autre part, alors que nous croulions sous les tubes dans les années 1988-1998, on traque aujourd'hui désespérément le titre qui vous embarquera à la première écoute.
Ce sont des dizaines d'heures d'écoute sur Traxsource, Decks ou bien sur les sites de podcasts que je dois réaliser chaque semaine pour découvrir quelques joyaux.

Ainsi, depuis le début de ce siècle, j'ai dû diversifier mes goûts, me tournant vers la variété française, la lounge, la pop-folk, la nu soul et le nu jazz afin de palier les insuffisances de cette musique fondatrice de ma culture.

Bien plus qu'une inspiration valétudinaire, je pense que l'interdiction des samples ou les épuisantes formalités juridiques afin d'obtenir l'autorisation de les utiliser ont grandement affecté le côté magique et spontané de la house music alors que ces mêmes samples furent à l'origine de son avènement.
Dernière preuve en date, l'ultime tube house de la décennie, le totalement fédérateur "Barbra Streisand" de DUCK SAUCE, est basé sur un sample de Boney M ("Gotta go home").


La house de qualité (souvent appelée "soulful house") existe pourtant bien, tout comme la progressive house, nouvelle appellation de la dance music, mais tels des orpailleurs, il faudra creuser pour dénicher ces pépites car les médias ne vous les livreront pas sur un plateau, le rock, le R'n'B et le rap français de bas étage ainsi que les "nanars" des années 80 encombrant les ondes et les chaînes de télé depuis bien longtemps.

Je crois que la house fut et restera une musique de marginaux, de doux rêveurs et d'alchimistes sans réel message et que c'est cela qui dérange. Les bidouilleurs de Detroit n'ont jamais convaincu l'Amérique.
Un mouvement culturel qui n'est dépositaire d'aucune cause, d'aucun combat, n'a pas voix au chapitre en France, pays des Droits de l'Homme qui se vante constamment d'avoir fait sa Révolution.

Nous prenons donc acte de ce choix arbitraire et retournons dans nos athanors respectifs pour échanger et transmettre nos émotions entre membres de la coterie.

Après tout, la marginalité est peut-être le gardien de l'authenticité.
Le disco est mort de sa démocratisation à outrance. Alors vivons heureux, vivons dans l'ombre.


Voici un set qui donne la part du roi à la house de Chicago, le mouvement musical qui donna l'impulsion avant que la techno existe.

1/ CE CE PENISTON "We got a love thang" (Silky House Thang) : assurément dans le Top 5 des remixes de Steve "Silk" Hurley !
Découverte alors qu'elle assurait des chœurs pour l'artiste Overweight Pooch ("I like it") et signée illico sur A&M Records, la Miss Black Arizona a pu s'offrir les services des maestros house comme Masters At Work et David Morales.
"We got a love thang" atteignit le 1ère place du US Dance Chart en février 1992.
On retrouve dans les chœurs Kim Sims, artiste produite par Steve Hurley.

2/ WAS (NOT WAS) feat. Kim Basinger "Shake your head" : tube emblématique de la Skyrock Max Party, le titre ne brilla pourtant pas en club malgré son refrain "happy" et l'excellent remix d'un Steve Silk Hurley décidément peu à l'honneur dans ce pays.
A noter en face B du maxi, un fantastique mix de "Listen like thieves" (reprise de INXS) par Danny Tenaglia.

3/ JAMIE PRINCIPLE "You're all i've waited for" : c'est en 1985 que Jamie Principle alias Byron Walton participe à la naissance de la house music avec le très "Bowie-style" "Your love", un titre supporté par son ami Frankie Knuckles, DJ du club Warehouse de Chicago, qui le mixait en superposant le fameux discours de Martin Luther King, "I have a dream".
En 1990, THE SOURCE reprendra d'ailleurs le gimmick de synthé pour un bootleg de "You got the love" de CANDI STATON.

"Baby wants to ride" fut un autre succès dans le registre acid-house.

Au début des années 90, sa collaboration avec Steve Hurley sera fructifiée par "Hot Body" (déjà présenté) et ce "You're all i waited for".

4/ JAMIE LORING "Love or infatuation" : dans le cadre de leur collaboration, Hurley et Principle produiront cette artiste dont ce single fut le seul titre remarquable, remixé ici par E-Smoove.

5/ MONIE LOVE "Born 2 B.R.E.E.D." : J'avais découvert Monie Love dans le Skydance avec "I can do this" (1988) puis le monumental "Grandpa's Party" (1989).
Son tube mainstream reste "It's a shame" (reprise des Detroit Spinners) en 1990, largement joué sur Skyrock.
"Born 2 B.R.E.E.D." est produit par Prince et excelle dans toutes ses versions, notamment le Born To Funk 12" Mix.

6/ HAPPY MONDAYS "Stinkin thinkin" : entendu dans le set de Maurice Joshua sur Skyrock !
Originaire de Manchester, le groupe Happy Mondays délivra une pop déjantée qui cristallisait des influences aussi diverses que la house ou le rock psychédélique des années 60.
Ce remix est réalisé par Farley & Heller à qui l'on doit le mémorable "Ultra Flava".

7/ THE S.O.U.L. S.Y.S.T.EM. "It's gonna be a lovely day" : cette reprise du tube de BILL WITHERS "Lovely day" (1977) est malmené de manière frénétique dans ce remix cultissime de Clivillés & Cole.
Tous les ingrédients d'une house rageuse sont réunis pour le bonheur des pieds et des oreilles dans ce Palladium House Mix I. Le double pack est de toute façon d'une urgence absolue.
La chanteuse est Michelle Visage, ex-membre du trio SEDUCTION qu'avait produit Clivillés et Cole à la fin des années 80.
On peut également l'entendre dans un style plus soft dans "Crash" de TKA (déjà présenté sur ce blog).

8/ LISA LISA & CULT JAM "Let the beat hit 'em" : en 1991, alors réalisateur de l'émission Top Dance, j'avais proposé à RLP de présenter ce maxi en nouveauté import.
Je lui proposais d'ailleurs chaque semaine une sélection de maxis que je me procurais au magasin Champs-Disques à Paris.
Il avait opté pour la version hip-hop (Brand New Super Pumped Up C&C Vocal Club Mix) qui le dispute en qualité à ces remixes house dont le gimmick vocal suit les pas du "Gypsy Woman" de Crystal Waters.
C'est l'un des nombreux disques imports que Skyrock a été la première radio nationale à présenter en access prime-time, contribuant largement à la popularisation de la house en France.
Merci à Tonton Pierre (Bellanger) pour la précieuse liberté qu'il a accordée à ses animateurs du week-end.

9/ SUZANNE VEGA "Blood makes noise" : un maxi plutôt rare et une version house "supervisée" par Clivillés & Cole. Je suppose que, débordés, ils ont laissé le soin à l'un de leurs ingénieurs du son d'honorer la commande du label A&M car une artiste du calibre de Suzanne Vega, ça ne se refuse pas.
Un son brut et sec, des arrangements simples et efficaces, des samples de cuivres piqués sur "Strike it up" de BLACKBOX ... de la pure house underground.

10/ UNDERGROUND RESISTANCE "Living for the night" : Mad Mike Banks et sa bande délivre un brûlot rave underground avec DAVINA ("Don't you want it") aux vocaux.

11/ XPANSIONS "Move your body" : escale chez les Grands-Bretons avec l'un des hymnes des rave parties.
Il fut brièvement classé dans le Skyrock Top Dance sans pourtant convaincre les clubbers.
Le sample de voix répété en boucle ensorcelle pourtant le corps et l'esprit.
Ce Club Mix est le chef d'œuvre du producteur Richie Malone dont c'est le seul tube notoire.

12/ THE BREAK BOYS "My house is your house" : j'avais découvert le new-yorkais Frankie Bones en 1989 par ses séries de grooves techno, les "Bonesbreaks".
Au début de la décennie 90, le Royaume-Uni et ses raves parties lui firent les yeux doux et sa popularité grandit en conséquence.

Le sample est extrait du House-A-Pella de "My house" de NELSON "FFWD" CRUZ sorti en 1989 sur Minimal Records, le label d'Arthur Baker.
C'est un production de Tommy Musto qui fut un disciple de la techno avant d'être pacifié par la grâce du New Jersey garage.

13/ CAMEO "Money" : l'un des plus anciens groupes de funk se fait furiusement technoïser par le pionnier de Detroit, Kevin Saunderson.
Ce Reese Revamp Mix porte bien son nom puisque le verbe "revamp" signifie "remodeler" ou "réamenager", ce dont l'original avait grandement besoin !
La loop provient de "N.T." de KOOL & THE GANG mais le sample de voix enragé reste inconnu, sans doute pompé sur quelque disque de heavy metal. On l'entendra à nouveau sur "Disco Flash Mix" de THE DISCO FREAKS.
Quand à l'effet delay placé sur le gimmick de synthé, il impose une syncope hallucinogène. Le gimmick fut entièrement repris sur "Velocity funk" de E-Dancer (autre pseudo de Saunderson) en 1997.

14/ UNITY "Unity" : un disque merveilleux et énigmatique, mené à un train d'enfer et qui marche sur les traces du gimmick d'orgue de "Gypsy Woman".

Christmas set : Skyrock/Maxximum Golden Years (1987-92)

Set non disponible

Mon cadeau de Noël... un set pour les nostalgiques d'une époque où tout était possible, tout était fou.
Skyrock diffusait des ultrasons sous la musique pour faire fuir les moustiques, Maxximum diffusait des soirées en live du Boy.
Les radios FM étaient devenues matures, structurées et rentables, mais aucune contingence commerciale ne venait encore troubler la fête.

Les animateurs parlaient leur langage et pas celui qu'on leur avait appris dans des écoles.
A la liberté de ton s'ajoutait la magnificence du traitement de son FM, celui qui rendait étincelant chaque disque diffusé, transformant parfois le plomb en or.

Et que dire de l'avènement d'une house certes devenue mainstream, mais enfin pourvoyeuse de tubes à outrance.
Dans la surenchère, Anglais, Américains et Italiens se tiraient la bourre alors que les Français émergeaient timidement.

En 1989, j'avais posé candidature auprès de 3 radios : Fun Radio, Maxximum et Skyrock.
Mes amis, souvent "bons conseillers", m'avaient pourtant découragé de tenter d'entrer dans ce monde. "Tu n'y arriveras jamais, laisse tomber", me répétait t-on comme une antienne.
Heureusement que ne me fie qu'à mes propres convictions.

Seul le directeur d'antenne de Skyrock m'a reçu et donné ma chance.
Maxximum ne m'a rien proposé, mais grâce à Fred Riester, l'un des animateurs de l'époque, j'ai pu réaliser mon premier remix (ABYALE - "i wanna be your lover too") et débuter dans la carrière, rencontrant d'ailleurs mon associé sur le projet.

Voici un nouveau set-hommage consacré à ces "années folles".

Bon réveillon de Noël à toutes et à tous.


THE 28TH STREET CREW "Sex on the dancefloor" - 1989
ONE WORD "We've gotta find love" (Blow Remix) - 1989 (Maxximum Hit)
S-EXPRESS "Nothing to loose" (12") - 1990
ROZLYNE CLARKE "Eddy steady go" (Hit Version) - 1990 (Top Dance Hit)
JOY "I'm leaving" (Disco Mix) - 1989 (Maxximum Hit)
DARRYL PANDY "I love music" (Slamming Large Mix) - 1990 (Top Dance Hit)
FLIM FLAM "Shall we do it again" (DMC Remix) - 1989
TECHNOTRONIC "Techno medley" (Pettibone Mix) - 1990
BANANARAMA "I heard a rumour" (Dub Mix) - 1987
RED FOX "Teach me" (12") - 1990 (Maxximum Hit)
SABRINA "Cover model" (Extended Mix) - 1991 (Top Dance Hit)
PARIS RED "Good friend" (Commercial Club Mix) - 1991 (Top Dance Hit)
INNER CITY "Do you love what you feel" (Album Mix) - 1989 (Maxximum Hit)
ABYALE "I wanna be your lover too" (The Too Mix) - 1990 (Maxximum & Top Dance Hit)
CLUBHOUSE "Deep in my heart" (Extended) - 1990 (Top Dance Hit)
KYLIE MINOGUE "Step back in time" (Walkin Rhythm Mix) - 1990 (Skydance Classic)
THE WEE PAPA GIRL RAPPERS "Heat it up" (Acid House Remix) - 1988 (Skydance Classic)
THE 28TH STREET CREW "I need a rhythm" (Dub 1) - 1989 (Skydance Classic)
FAX YOURSELF "Sunshine '89" (Extended Mix) - 1989 (Skydance Classic)
YAZZ "Stand up for your love rights" (Yazz's Jazzy Dub) - 1988
JOE SMOOTH "Promised land" (Freestyle Mix) - 1988 (Skydance Classic)
LIL' LOUIS "Club lonely" (I'm On The Guest List Mix) - 1992 (Max Party Hit)
THE COVER GIRLS "Wishing on a star" (TNT Dub) - 1992 (Max Party Hit)

samedi 11 décembre 2010

Bonus set : First train to Trancentral (Vernon, Transwave, Voodoo People, Dash Berlin...)

Set non disponible


Cela faisait déjà de longues semaines que l'idée gambergeait : avec autant de maxis et de compilations trance accumulées, je n'avait encore consacré aucun set à ce style.

Poussé à l'acte par quelques-uns d'entre vous, je me mis à l'œuvre. J'espère que le résultat sera à la hauteur de leurs attentes.

Ce set syncrétique convoque tous les courants de la trance, style essentiellement initié par les européens à partir de 1992.
C'est en quelque sorte une techno assagie par le temps, qui ajoute des nappes mélodiques et des voix aériennes aux gimmicks hypnotiques ou acides de la première heure.

C'est justement en cette fin d'année 1992 que j'ai commencé à m'intéresser à ce style avec les compilations "Trance" du label anglais Rumours Records puis aux premières merveilles du label allemand Eye Q.
Conquérant peu à peu le public français avec quelques tubes notoires comme "Stella" de Jam & Spoon, "Café del Mar" de Energy 52, "Do you see the light" de Snap!, "Power of american natives" de Dance 2 Trance ou "Transformation" de Transform, je me tenterai en 1993 à un set spécial sur Skyrock, provoquant l'ire du directeur des programmes et l'arrêt immédiat de mes megamixes à l'antenne.

Apanage des anglais et des allemands (Orbital, Paul Oakenfold, KLF, Sven Väth, Hardfloor, Jam & Spoon...), la trance concernera peu à peu des artistes de toute l'Europe - Français compris - et même d'Israël.

La rapidité de la cadence (de 135 à 160 bpm) concoure à la mise en transe progressive du danseur. J'omettrai d'évoquer tout artifice destiné à faciliter un état second dans la mesure où cela n'est pas une condition sine qua non pour celui qui ressent la musique pour ce qu'elle est.

Qu'elle s'appelle progressive house (la plus lente), acid trance (la plus agressive), melodic trance (généralement pourvue de refrains) ou trance goa (qui utilise la gamme mélodique de la musique hindoue), la trance est la musique des sorciers du son.

Tous ces titres datent des années 90 à une exception près, DASH BERLIN, merveille que m'a fait découvrir Cutmaster.
La voix magique et suave de ce "Never cry again" provient pourtant d'un CD de samples : Zero-G Vocal Foundry.

La playliste honore les pays les plus représentatifs de ce style :

ESKIMOS & EGYPT "Fall from grace" (Free Me Mix) - UK (1992)
UNITY 3 "Age of love suite" (Neverending Voice Remix) - Italy (1993)
ESKIMOS & EGYPT "UK-USA" (Cheetham Hill) - UK (1993)
HUMATE "Love stimulation" - Germany (1993)
VERNON "Vernon's wonderland" (Original Mix) - Germany (1993)
DANCE 2 TRANCE "Power of american natives" (Jam & Spoon Remix) - Germany (1992)
GRACE "If i could fly" (Dudearella Dub Mix) - U.K. (1996)
TRANSWAVE "Land of freedom" (Remix) - France (1996)
DASH BERLIN "Never cry again" (Jorn van Deynhoven Remix) - Netherlands (2010)
VOODOO PEOPLE "Quadsep" - U.K. (1995)
HYPER PEARL "Can you feel the pain" (Hyper Pearl Version) - Belgium (1995)


La semaine prochaine, le Christmas Set consacré aux meilleures années Skyrock/Maxximum.

vendredi 10 décembre 2010

N° 90 : London vs. Chicago (Steve Hurley & Joey Negro definitive masterpieces, Hustlers Convention, Watanabe...)

Set non disponible

Je viens de recevoir un ouvrage qui s'annonce passionnant : "The record players-DJ Revolutionaries".
Sur plus de 450 pages, il compile des interviews de DJ's historiques réalisées sur les 15 dernières années et recèle à coup sûr une mine d'informations précieuses recueillies auprès de stars, de l'avant-gardiste Nicky Siano au christique Tiesto en passant par mes maîtres à mixer que sont David Morales, Louie Vega, Tom Moulton ou David Mancuso.

Pour les plus anglophones d'entre vous, ce serait un beau cadeau de Noël. Le livre n'est sorti qu'au Royaume-Uni et ne sera disponible en France et aux USA qu'en avril 2011 !

Je vous en dirai plus sur les anecdotes croustillantes qui ne manqueront pas de jaillir au fil des lignes et sur les secrets de mixage des uns et des autres.

Incité par quelques-uns d'entre vous, je vous annonce également que j'ai succombé à l'idée de réaliser un set trance, risquant par la même occasion de devenir un hérétique aux yeux des puristes.
J'ai pris un certain plaisir à mixer cette sélection anglo-germanique sur mon Traktor en mutipliant les enchaînements interminables grâce aux fameuses loops programmables et aux effets delay calculés automatiquement.

Je pense délivrer ce set la semaine prochaine avant le Monster Vintage Mix (117 minutes) dédié essentiellement au Skyrock des années dorées (1988-1992) et à Maxximum et qui sera diffusé en guise de cadeau de Noël, espérant faire atteindre le Walhalla aux mêmes puristes.


De Skyrock il s'agit déjà en ce début de set avec quelques classiques de mon Top Dance Megamix.

Deux chefs d'œuvre de Steve Hurley avec BLACK BOX "I don't know anybody else" et DSK "What would we do".

Plutôt axée sur l'italo-dance pure et dure, Airplay n'avait pas commercialisé pour la France ce mix de BLACK BOX et je m'étais délecté à le jouer en exclu dans la Max Party.
De même, le divin Hurley's House Mix de "What would we do" de DSK avait été ignoré par Barclay qui n'avait proposé que son Extended Mix.

EX-GIRLFRIEND "You (You're the one for me)" est aussi une exclu Top Dance, un titre méconnu de la discographie de Joey Negro que j'ai pu jouer... à ma guise.
Je remercie encore le directeur des programmes de Skyrock de m'avoir laissé carte blanche sur la programmation et de m'avoir ainsi permis de redonner ses lettres de noblesse à la house alors que l'émission partait un peu à vau-l'eau, RLP ayant lâché les rênes de ce nouveau concept au format bien trop commercial.

KYM SIMS "A little bit more" est un maxi essentiel dans lequel les mixes de Steve Hurley le disputent en qualité avec ceux de Joey Negro dont je vous propose ici le Rhythm Supply Mix.
Kym Sims est produite par Steve Hurley et son album tubesque "Too blind to see it" sorti en 1992 contient des mélodies taillées sur mesure pour sa voix.

Lorsque l'on est producteur, soit l'on part en quête de la voix qui collera exactement à la mélodie et au style envisagé, soit l'on s'adapte à une tessiture et une originalité et l'on bâtit autour. Les deux stratégies se valent et débouchent généralement sur le résultat escompté.

M.C. RED "Why don't you love me" (Underflute) est l'un des mixes du maxi qui ouvrait le set de Laurent Garnier dans la Max Party. Une fulgurance de ce DJ plutôt habitué à des sonorités techno.
Ce disque italien très rare est l'un des happy few que je peux réécouter à l'envie même 20 ans après. Ça ne s'explique pas, ça se déguste.

ODORU "Watanabe" est une tuerie incluse dans le set culte de Maurice Joshua sur Skyrock.
Comment ce maxi de happy house made in Chicago et sorti sur Vibe Records a t-il pu échapper à mes griffes acérées en 1992 ?

Merci à Dimitri pour m'avoir fait découvrir "Got to give it up" de JAMERSON, ce maxi du rebelle et complexe Mad Mike Banks sorti sur le label Happy Records.
Mad Mike, sorte de porte-parole de la Black Power, est le fondateur du très politique label de Detroit Underground Resistance.
Il fut capable de signer des productions plutôt mélodiques comme ce "Got to give it up" et de véritables brûlots lancés contre le pouvoir des Blancs comme le "Message to the majors" ou le "Riot E.P.".

A la toute fin des années 80, lorsque la house franchit la barrière des radios, nombre d'artistes variété-pop saisissent la balle au bond et font remixer leurs chansons par les talentueux producteurs du moment.
Côté anglais, Samantha Fox, Kylie Minogue, Bananarama ont recours aux finauds producteurs Stock-Aitken-Waterman.
Pour "One better world", le groupe de new-wave ABC ("The look of love") choisit l'option New-Jersey Garage avec Blaze. Le résultat est tonitruant et marquera l'histoire du Skydance.

THE BRAND NEW HEAVIES "Dream come true" est un all-time classic, une revisite disco d'un titre acid-jazz que seul Joey Negro pouvait réaliser, offrant même un break aux sonorités brésiliennes.

Inextinguiblement, la disco-house prend son essor durant cette décennie 90, portée par des groupes comme CHUBBY CHUNKS et surtout HUSTLERS CONVENTION (alias Full Intention), braconniers des trésors enfouis, dont on retrouve ici "Uptown". Les samples sont piqués pour le riff de guitare sur l'intro de "Turn the music up" de PLAYERS ASSOCIATION et pour les voix sur l'excellent titre de JAY W. McGEE, "When we party (Uptown, downtown)".
Le remix incorporera des samples de "Ladies night" de KOOL & THE GANG et de "Straight ahead" de NICK STRAKER BAND.

"Saturday night, sunday morning" de T-EMPO remixé par Matthew Roberts (membre de Bottom Dollar) est un élégant titre de garage anglais dont la version originale revient à Thelma Houston.
Il fallait oser transfigurer cette barcarolle calibrée pour la ménagère passant l'aspirateur.

PAULINE HENRY "Love hangover". La reprise de Joey Negro est interprétée par l'ex-chanteuse des CHIMES. Bien que de bonne facture, elle ne parvient toutefois pas à se hisser au niveau de la sulfureuse version originale de Diana Ross, mais le philosophe-musicologue André Manoukian aurait dit que "lorsqu'on s'attaque à un monument, on risque de s'y casser les dents".

En 2008, Joey Negro tentera à nouveau l'ascension de cet Everest avec Diane Charlemagne (ex-chanteuse de Urban Cookie Collective) mais le titre n'arrivera jamais à atteindre le sommet.


Et ce set s'achève avec la voix éthérée de Sophie Ellis Bextor sur le tube du géant italien SPILLER (c'est le fil rouge du clip) : "Groovejet".
Pour ceux qui ne le savaient pas encore, les samples sont empruntés à "Love is you" de CAROL WILLIAMS, un classic "Philly".

vendredi 3 décembre 2010

N° 89 : awesome 80's! (legendary beatboxes, George Duke, Delegation, Scritti Politti...)

Set non disponible

La musique noire aura effectué dans les années 80 ses mutations les plus spectaculaires.


Elle entama cette giboyeuse décennie sur des bases nouvelles après la publication le 12 juillet 1979 de l’acte de décès du disco, style usé jusqu’à la corde à force d’être galvaudé donc décrédibilisé.

Quelques semaines avant cette date symbolique de l’histoire de la musique club, Steve Dahl, DJ d’une radio rock de Chicago, avait été licencié après que ses employeurs avaient opté pour un format 100% disco.
Rapidement embauché par une radio concurrente pour animer le « morning », Steve Dahl multiplia les coups d’éclats anti-disco, dépassant l’indécence en brisant en direct un exemplaire de « The Hustle » le jour de la mort de son créateur Van McCoy.
Engagé dans une véritable croisade, il décida de « marquer le coup » de manière spectaculaire en relayant abondamment un gigantesque autodafé de disques « disco » organisé au Comiskey Park, temple du base-ball, par le fils du propriétaire de l’équipe locale, les « White Sox », alors « à la ramasse » en championnat et en panne de public.
L’événement nommé « Disco Demolition Derby » proposait à tout spectateur muni d’un vinyle disco à détruire de payer sa place à un prix dérisoire.

Dépassant toutes les prévisions de fréquentation, le match occasionna des débordements graves (feux d’artifices en tribunes, envahissement du terrain et destruction des installations), la foule sous l’emprise de l’alcool et galvanisée par le challenge se comportant telle une meute enragée.
Quant aux disques, s’ils n’avaient pas auparavant été lancés des tribunes comme des frisbees sur les joueurs de l’équipe adverse, ils finirent en miettes dans une gigantesque boîte que Steve Dahl se fit un plaisir de faire exploser au milieu du terrain à la fin du premier match.
Seule l’intervention de la police put mettre fin à l’émeute.

C’est dire l’exaspération qui caractérisa l’Amérique reaganienne pour laquelle le disco, musique gay et pervertie, devait être exterminée pour redonner à la nation la virilité dont le base-ball et le rock étaient en quelque sorte deux des symboles.

Dès la toute fin de l’année 79, les grandes formations ou artistes funk/jazz-funk des années 70 comme Kool & The Gang ou The Whispers reprennent rapidement possession du terrain laissé vacant et, se rendant plus accessibles au grand public, participeront à la naissance de ce que l’on appellera la « funky music », bientôt rejoints par d’innombrables nouveaux groupes (The Strikers, Dynasty, Skyy, The Reddings, Midnight Star…) ainsi que d'opportunistes et talentueux producteurs italiens (Change, Firefly, Advance, B, B & Q Band, Jimmy Ross…).
La multiplication des tubes est perçue comme une aubaine par les radios libres qui fleurissent en France en 1981 après la libération des ondes par Mitterrand.
Mais dès 1980, Radio 7, radio d’état, avait ouvert la voie avec l’émission culte « Destination Planète 7 ».
C’est donc sans restriction que nos jeunes radios FM comme NRJ programment des disques « import », offrant ainsi à la funky music la plus belle tribune qu’elle ait pu imaginer.
Et les clubs de voir déferler à nouveau une clientèle assoiffée de ces mélodies imparables, de riffs de guitare wah-wah et de lignes de basse échevelées.

Mais quelque chose à changé. Un élément nouveau est venu se mêler à la fête : la boîte à rythmes.
Dans un premier temps, l’oreille du DJ reste perplexe devant cette cadence métronomique qui détonne avec le swing du disco et du funk des années 70.
Utilisé à outrance sur certains disques, les puristes comme moi seront tentés de passer à autre chose.
Effectivement, à trop recourir aux synthés et à ces beatboxes, la funky music y perdra son âme et disparaîtra peu à peu au profit de l’électro (Afrika Bambaataa, Shannon et tous les artistes de break dance) et de la house music, styles qui, sous la férule de la technologie, sauront adapter leurs arrangements pour réinventer le groove dans un style hypnotique et punchy, à grands coups de bassdrums, de claps et de lourdes caisses claires.
Rangé des voitures après la mort du Patch et l'arrêt de mon activité de DJ à l'été 1985, c'est grâce au Skydance de RLP que je retrouverai goût à cette musique club en 1988.

Les beatboxes emblématiques des années 80 se nomment LINN drum et Oberheim DMX.
Vous entendrez les sonorités chaleureuses et puissantes de ces machines dans quasiment tous les titres de cette playliste.

D’excellentes démos sont audibles par ces liens dans des vidéos où les programmeurs vous feront découvrir de célèbres patterns tels ceux de « Beat the street » de Sharon Redd, « 1999 » de Prince, « The finest » de SOS Band ou « Walking on sunshine » de Rockers Revenge.
  • Linn Drum :
  • Oberheim DMX :
  • sans oublier la SIMMONS Clap Trap :


1980 : DEODATO "Night cruiser"
Eumir Deodato, producteur et claviériste spécialiste du jazz-funk commercial, n’est autre que le producteur qui a sorti Kool & The Gang de l’anonymat avec « Ladies night » l’année précédente. Suivront trois autres albums culte :
  • « Celebrate »
  • « Something special »
  • « As one »
Les spécialistes du jeu Grand Theft Auto dont je fais partie se souviendront de son titre « Super Strut » entendu dans Vice City sur Radio Espantoso et samplé par les Masters at Work pour le remix de « Erotica » de Madonna.
Les puristes de l'easy-listening se souviendront eux de « Latin flute » dont les éblouissants solos de Rhodes et de guitare électrique n'ont pas échappé à l'inspiration de Steely Dan pour « Do it again ».

1981 : DONALD BYRD AND 125TH STREET, N.Y.C. "Love has come around"
Doté d'orchestrations flamboyantes, c'est l’un des grands classiques du Palace. Imaginez ce titre joué à fond dans l'immense théâtre, subjuguant la foule en faisant sourdre la magie.

Donald Byrd est un trompettiste jazz dont la carrière à démarré en 1958 ! A son actif, des classiques comme « Black Byrd » ou « Think Twice »
Sur cet album intitulé « Love Byrd » et produit par le démiurge Isaac Hayes, figure également le merveilleux slow « I feel like lovin’ you today », incontournable de ma programmation au Patch Club.

1982 : GAYLE ADAMS "love fever" (Shep Pettibones's Mastermix)
Encore un extrait des fameuses compilations Kiss FM et encore un remix d’anthologie.

1983 : GEORGE DUKE "Reach out"
Un claviériste jazz reconverti avec succès dans le disco (« I want you for myself », « A brazilian love affair ») puis le funky avec ce « Reach out » et aussi « Shine on ».

1984 : SCRITTI POLITTI "Absolute" (Version et 12inch mix)
Un imparable tube de synth-pop anglaise produit par Green Gartside et sa bande.
Scritti Politti est l’une des oriflammes du puissant synthétiseur-échantillonneur Fairlight qu’utilisera aussi Jean-Michel Jarre.
Green a realisé un merveilleux remix de « Love of a lifetime » de Chaka Khan (déjà diffusé dans mes podcasts).

1985 : ARETHA FRANKLIN "Who's zoomin' who" (Dance Mix)
Découvert sur la piste du Palace un dimanche soir, ce maxi pêchu et dédié à la toute puissance des boîtes à rythmes est produit par Narada Michael Walden.

1985 : 6TH BOROUGH PROJECT "Stratus quo"
Le bootleg date du printemps 2010 mais reprend un sample de « Status Quo » de Donald Bank (1985).

1985 : NICOLE "Don't you want my love"
Un funk survolté et irrésistible.
La lionne Nicole McCloud fera à nouveau parler d’elle avec « Rock the house » et le remix de Steve Silk Hurley en 1989.

1986 : DELEGATION "Put a little love on me"
Un remix non identifié du fameux groupe de Birmingham. L’original figure sur l’album panthéonisé « Eau de vie » sorti en 1979 et gorgé de tubes (« Darlin’ », « You and i », « Stand up » et « Heartache #9 »).
Suivront d’autres tubes mineurs comme « In the night » et « It’s your turn ».

1986 : JANET JACKSON "The pleasure principle"
Les balbutiements de la house commerciale se font entendre et le règne de la beatbox ne fait que commencer.
Un festival de samples et de breaks signé Shep Pettibone, of course !

1987 : ALEXANDER O'NEAL "Criticize" (Remix)
Entrée de plain-pied dans une house mainstream.
Une production Jimmy Jam & Terry Lewis.

1987 : HERB ALPERT "Keep your eye on me"
Une trompette qui a fait trembler les châteaux JBL du Palace et encore une fois Jam & Lewis à la baguette.
Jazzman réputé, Herb Alpert a commis le très lounge et hypnotique « Rotation » et « Rise » qui atteint la 1ère place du Billboard en 1979.

1988 : JOHNNY KEMP "Just got paid"
Un swing beat aux limites de la house puisque produit par Teddy Riley. Bien entendu, ce fut un incontournable du Skyrock Skydance.

1989 : BABYFACE "It's no crime"
Excellent crooner, Babyface sera surtout impliqué dans la composition et la production d’autres artistes dans le style « mainstream » cher à la West Coast.
Avec son acolyte L.A. Reid, on le retrouve sur « Rock Steady » des WHISPERS (le dernier bon titre du groupe), « Don’t be cruel » de BOBBY BROWN.
Il produira des ballades pour des divas comme Whitney HoustonI’m your baby tonight », « Queen of the night »), Toni Braxton Breathe again »), et Mariah Carey ( « When you believe » en duo avec W. Houston) ainsi que pour les BOYS II MENI’ll make love to you »). Inévitablement, Madonna a fait appel à ses services sur l’excellent « Take a bow ».

vendredi 26 novembre 2010

N° 88 : Detroit-Miami (Motor City Drum Ensemble, Office Gossip, Liberty City, Phonic Funk...)

Set non disponible


Detroit, Miami, deux bastions de l’underground.

D’un côté, Detroit la maudite, berceau de la techno, de l’autre, Miami la soleilleuse dont la plage infinie, ses hôtels rococo, ses îles-résidences érigées comme des forteresses sont les clichés qui cachent une ville au taux de criminalité record.

Miami Beach flambe en accueillant chaque année des DJ’s du monde entier pour la Winter Music Conference.
Detroit se meurt, une "Motor City" en déshérence où Obama vient de se prendre une gamelle aux élections du Mid Term.

Au milieu des années 80, Juan Atkins, Kevin Saunderson et Derrick May, la "triplette de Belleville" (banlieue de Detroit) y réinventent la house music en la métamorphosant en champ d’expérimentations.
D’Amsterdam à Berlin, l’Europe anglo-saxonne tombe sous le charme. La France aussi.

Et pourtant c’est d’Europe qu’est venue l’inspiration pour nos trois compères, thuriféraires des pionniers de l’électro, les allemands Kraftwerk.

Bien qu’influencée par la house de Chicago, la techno de Detroit domptera les boites à rythmes, construisant peu à peu son identité.
Anecdote significative, Derrick May vendra sa Roland TR-909 à Frankie Knuckles. Sans doute un tournant dans l’approche musicale du DJ star de la "windy tow".

Le mot "techno" apparait pour la première fois en 1988 sur la compilation anglaise "Techno ! : the new dance sound of Detroit".
Dénomination adoptée définitivement par l’Europe, c’est le concept INNER CITY développé par Kevin Saunderson qui récoltera les fruits de cette aubaine marketing en réalisant la fusion entre commercial et underground.

Par la suite, Carl Craig deviendra en quelque sorte le navire-amiral de la créativité qui caractérise les artistes de Detroit.

Aujourd’hui, de nombreux producteurs, parfois par leur pseudos, se revendiquent du mouvement musical né dans la Motor City et leurs disques sont estampillés du vocable "Detroit-house" qui symbolise l’omnipotence des synthés et des boites à rythmes, une création qui s’éloigne des contingences commerciales et la volonté délibérée de rester dans l’ombre, démarche qui a été pourtant fatale à la techno en son fief historique.


A l’autre bout du continent, Miami "la latino" a inventé ses propres codes à travers la Miami bass ou booty music, un électro hip-hop souvent macho et vulgaire dont les artistes représentatifs sont 2 Live Crew, Whistle, J.J. Fad, Man Parrish ou Dynamix II.
Pour les aficionados du jeu Grand Theft Auto, ce style est la bande-son des concours de danse des voitures tunées avec des suspensions hydrauliques.

Originaire du sordide quartier de Liberty City, le duo Murk Boys (Oscar Gaetan et Ralph Falcon) proposera dès 1991 une alternative house qui marquera la décennie, jalonnant son parcours de 7 singles classés N°1 du Billboard's Hot Dance Music/Club Play.
Un groove plutôt lent et hypnotique dominé par la lourdeur du rythme et de la basse qui séduira notamment le label Tribal America géré par leur ami Danny Tenaglia.


La playliste reflète ainsi ces deux styles pour un set totalement underground.

MOTOR CITY DRUM ENSEMBLE démarre le bal avec "Raw cuts #6", une nouvelle pépite sortie de l’athanor de Danilo Plessow, petit génie d’une autre Motor City, Stuttgart.

En hommage au quartier dont ils sont originaires, les Murk Boys proposent le concept LIBERTY CITY décliné avec ces deux tubes :
"Some lovin'" avec le sublime dub de l’ami Danny.
"If you really love someone", autre dub carrément technoïsant.

THE FOG est un autre concept qui n’implique que Ralph Falcon et dont le one-shot est ce "Been a long time", incontournable de 1993.

Remixers très prisés (si Madonna les a convoqués pour son single "Fever", c’est un signe qui ne trompe pas), ils réalisent en 1993 un monument de la soulful house avec le remix de "Tight up" du groupe italien 50%.

MOTORCITYSOUL est un duo de producteurs originaire de Francfort, Matthias Vogt et Christian Rindermann (alias C-Rock). Le choix du pseudo du groupe n’est pas innocent et ce remix de "Cipher" par Matthias Vogt est totalement respectueux du style qu’il revendique.

Le passage le plus commercial de ce set arrive bientôt avec la voix de gamine de Helen Tilley pour ce titre d’OFFICE GOSSIP, "Into the lite".
OFFICE GOSSIP alias Nathan Boddy fait partie de mes artistes favoris. Le jeune prodige de la deep-house basé à Londres a commis "Carbon Copy EP", l’un des albums référentiels de la décennie et dont le titre éponyme franchement jubilatoire est inclus dans ce set.
Autres titres urgents du maxi : "Say it" (dont le remix de Lovebirds) et "Strangers".

Dans "Waiting game", BLM & PAWAS, producteurs originaires de Cologne, samplent la voix lymphatique de la chanteuse Escalope sur le très rock indé "Deep" de GUNNE.
Fils de musicien classique, PAWAS est un DJ d’origine indienne multi-instrumentiste (tabla, claviers, basse….). Son influence principale est évidemment Detroit.

Autre figure de la deep-house anglaise, SCHMOOV est remixé par l’allemand Manuel Tur pour "The swirl".

"Feel the soul" de PHONIC FUNK (Amsterdam) conclut en apothéose ce set.

vendredi 19 novembre 2010

N° 87 : In a Joshua style (Ce Ce Peniston mash-up, Smooth Touch, House of Gypsies, UK Garage must-have...)

Set non disponible

Le set de Maurice Joshua réalisé en 1992 dans la Max Party fait l'objet d'un véritable culte dans la communauté house française.
Je suppose même que le master mix dépourvu des jingles et du traitement de son et que j'avais offert sur mon podcast dédié à ma période Skyrock circule désormais aux Etats-Unis.

Autant on s'était franchement ennuyé sur certains sets d'autres DJ's, autant celui-ci faisait l'unanimité.
Il faut dire que la programmation était irréprochable, virevoltante et sans temps mort.

C'est donc un hommage à cette fraîcheur insufflée ce jour-là par le génie de Chicago que j'ai voulu retranscrire à travers ce set justement nommé "In a Joshua style".
Programmation nerveuse, tubes totalement underground et surtout démarrage par un habile mash-up qu'avait sorti Joshua de sa besace.

Une harmonie et un groove à l’unisson entre le dub de "Crazy love" de Ce Ce Peniston et "Keep it comin'" de C & C Music Factory, l'un des premiers grands mash-ups que j'ai entendu dans un set de DJ.

Aujourd'hui, ce type d'exercice est devenu monnaie courante et des logiciels comme Traktor permettent de programmer et mixer 4 platines simultanément dans le tempo et donc de réaliser des mash-ups fabuleux en soirée, timestretching et effets à foison étant disponibles pour sublimer le résultat.

1/ CE CE PENISTON "Crazy Love" (Kenlou House Dub) mixed with the accapella of "Keep it comin'" by C & C MUSIC FACTORY : je pense que Maurice Joshua avait fait réaliser un test pressing de cette idée. Mais n'étant pas présent dans le studio, il se peut qu'il ait été réalisé en live.
Cela me paraît improbable car l'acappella de C & C Music Factory n'étant pas au tempo, il aurait fallu un miracle pour garder le groove au 10e de seconde près sur cette rythmique ternaire, surtout avec le pitch énorme imposé à la platine.

J'ai tenté de l'optimiser en calant les voix au plus juste, l'original n'étant pas parfait.

2/ JAMIE PRINCIPLE "Hot body" : la version de Steve "Silk" Hurley déjà présentée utilisait la base musicale de "Bad girls" de DONNA SUMMER. Cette version de Maurice Joshua - d'ailleurs jouée dans son set - est plus underground tout en gardant l'esprit happy qui le caractérise.

3/ BIZARRE INC "Love in motion" : ils étaient passés par la Max Party pour un excellent set.
Proposé en double pack, ceci est leur dernier bon maxi. Même s'il contient des versions de MK, les meilleurs mixes dont cet Underground Dub très "hurleyien" (je tente un néologisme car pour qu'un mot entre dans le langage commun, il faut bien que quelqu'un se jette à l'eau) sont signés Davide Ruberto (qui a collaboré avec Ricky Montanari, lui aussi invité dans la Max Party).

4/ CRYSTAL WATERS "Makin' happy" : j'ai martelé ce titre dans mes Skyrock Top Dance Megamixes et surtout cet Hurley's Insane Mix moins commercial que l'original.
Ce follow-up est à mon avis supérieur à "Gypsy woman (She's homeless)".

En 1994, Crystal Waters sortira deux autres singles de bonne tenue, "What i need" et "100% pure love" et s'offrira en 1996 un featuring sur les remixes de "In de ghetto" de DAVID MORALES & THE BAD YARD CLUB.
On redécouvrira avec surprise sa voix nonchalante sur "Destination unknown" d'ALEX GAUDINO en 2003.

5/ LEE MARROW "I want your love" : au début des années 90, l'italien Lee Marrow a.k.a. Francesco Bontempi est un habitué des places d'honneur du classement du Top Dance.
Il a commis "To go crazy" (1990) et surtout le remix 92 de "Don't you want me", abondamment joué dans la Max Party.
"I want your love", récurrent dans mes megamixes de l'époque, est doté d'une belle mélodie remarquablement interprétée par Charme (connue aussi sous le nom d'Ann Lee) et utilise avec bonheur la loop du mix de Steve Hurley de "Hold on" de CLUBLAND.

Lee Marrow a activement participé au succès de la chanteuse Corona en réalisant des remixes sur tous ses titres.
La brésilienne aux jambes interminables reprendra d'ailleurs l'une de ses compositions, "Try me out" en 1995.

6/ SMOOTH TOUCH "House of love" : C'est un sample hargneux de Althea McQueen qui sert de base au titre.
L'original plutôt banal était interprété de manière très soft par Cynthia Seijo.
En revanche, le mix de la face B avec sa rythmique batucada était totalement envoûtant.

Ce nouveau mix du duo Morillo/Phearce ajoute encore à la couleur hard-house et assoit définitivement ce titre au rang de "all time classic".

7/HOUSE OF GYPSIES "Samba" : félicitations à celui qui indiquera d'où provient le sample vocal. Je suppose qu'il s'agit d'un obscure titre brésilien des années 60-70 récupéré chez un disquaire d'occasions. C'est la méthode que beaucoup de producteurs utilisent pour réaliser des productions avec des samples dits "improbables".
Par exemple, "Bouge de là" de Mc Solaar avait été réalisé grâce à un vieux disque de funk de Cymande acheté par le producteur Jimmy Jay aux puces de St-Ouen.

"Samba" est en tous cas un autre "all time classic" et Maurice Joshua l'avait également joué.

8/ D.M.S. "Let me tell you somethin" : un mix rare de Todd Terry qui utilise le sample de Rhodes de "Ten Percent" de DOUBLE EXPOSURE.

9/ MAW feat. Xaviera Gold "Gonna get back to you" : entendu aussi dans quelque set de la Max Party, c'est l'une des premières apparitions de Mood II Swing au remix.

10/ 24HOUR EXPERIENCE "Scatter" : le premier maxi de la série de dubs UK garage proposés au milieu des années 90 par Grant Nelson. Des vinyles absolument indispensables pour les DJ's "old school".
Discrètement on perçoit la loop de "The Pleasure Principle" de Janet Jackson et le "whiipp!" de "Walking on sunshine" de Rocker's Revenge.

11/ KATHY SLEDGE "Another star" : extraordinaire dub de Roger S où les percussions prennent progressivement le pouvoir. De la house underground de premier choix comme on en fait hélas plus. La mélodie de Stevie Wonder est complètement massacrée mais le résultat est jaculatoire.

12/ DUB MONSTERS "Deep innit" : cet intermède festif n'était que passager avant le retour du UK garage et ses obscures productions comme ce EP "Dub Monsters" dégoté chez Vibe Station, le vinyl shop du quartier Bastille, en 1997.

13/ PEARL NECKLACE "On a mission" : extrait de l'urgent E.P. "The Sound Blast 8 Tracker" sorti en 1997 et gorgé de pépites UK Garage comme "Wurly bird" de Richard Purser ou "Large" de The Essence, déjà joué dans un set précédent.

14/ REEL 2 REAL "Conway" : le dernier maxi de Reel 2 Real que j'ai acheté. Bien que le soufflé soit retombé, il reste un titre de bonne facture livré en double pack avec notamment ce remix ragga-deep de Keith Litman, qui s'était surpassé sur ses versions de "Raise your hands".

vendredi 12 novembre 2010

N° 86 : Fast & furious (unreleased Pussy single, Cappella, Yves Deruyter, God's Groove...)

Set non disponible

Je crois qu'avec le changement d'heure et la pleine lune, j'ai fait sauter le disjoncteur en m'attaquant à un set aux confins de la techno et de la trance.
Rassurez-vous, la lune n'a aucune influence sur le comportement, toutes ces croyances populaires étant véhiculées par les légendes (le loup-garou, les vampires...).
La lune influe sur les marées, c'est déjà pas si mal.

Les fidèles lecteurs pour qui "house music is a spiritual thing, a body thing" vont être un peu déroutés par ce set très énervé. Il était l'occasion de délivrer un titre inédit, le 3e single de PUSSY, et de faire découvrir l'un des flops de notre catalogue de productions, flop toujours injustifié pour le producteur qui a façonné ce qu'il pense être un bon titre.

1/ THE O.T. QUARTET "Hold that sucker down" : en 1994, Rollo Armstrong, le grand-frère de la chanteuse DIDO, entamait une saga trance-house souvent élégiaque qui allait connaître un certain succès sur nos terres.
Après cette mise en bouche sous forme de one-shot, c'est avec les deux tubes successifs de FAITHLESS "Insomnia" et "Salva Mea" (1996) que Rollo lance la mode des pizzicati (son produit à partir de cordes de violons pincées) dans les gimmicks, imité par la suite par des artistes comme LA VACHE, DJ QUICKSILVER ou NATURAL BORN GROOVES.
Dans cette saga, à noter l'excellente adaptation de "All you need is love" des BEATLES avec "Love, love, here i come" sous le pseudo de ROLLO GOES MYSTIC.

2/ QUAZAR "Unity" : un groupe de techno batave assagi après des singles "rave" comme "The seven stars" (qui avait fait le bonheur de la radio MAXXIMUM).

3/ CORONA "Baby, baby" : à l'écoute du gimmick de Quazar, l'idée jaillit dans mon esprit. Fébrilement, je partis en quête du maxi du remix de "Baby, baby" de Corona par Dancing Divaz en priant pour que les tempos et la tonalité soient identiques, mon oreille ne me trahissant généralement pas.
Ce fut le cas, ce qui m'épargna ainsi le périlleux recours au timestretching.
C'est un pur moment de jouissance "mixienne".

4/ THE LISA MARIE EXPERIENCE "Do that to me" : une hardbag anglaise qui se paye le luxe d'un adlib "à la Michael Jackson" (ou "à la Manu Dibango" si l'on se place du côté de celui qui réclamait ses droits d'auteur).
Eh oui, les musiciens contemporains n'ont pas encore l'honneur d'être déclinés en adjectifs comme Baudelaire, Kafka, Homère ou Corneille et l'on doit encore se contenter d'utiliser l'expression "à la...".
Un jour peut-être pourrons nous parler d'un "un mix knucklien ou kevorkien", qui sait ?

En tous cas, ce remix déchaîné zone entre hard-house, tribal et trance. Un grand moment de l'histoire de la culture club !

5/ CAPPELLA "U got to let the music" (Pagany Tribalism Mix) : de tribal il s'agit dans ce remix païen du hit planétaire de CAPPELLA (si le remixer ne s'appelait pas Pagany, je n'aurais pas osé !)
Le sample de voix est emprunté à J.M. Silk ("Let the music take control" - 1987).

6/ CAPPELLA "U & me" : avec mon acolyte Cutmaster, nous avions égratigné gentiment ce remix dans notre émission Hit des Clubs Skyrock revival, dénonçant la mauvaise habitude des remixers empressés d'éditer les samples de phrases pour qu'ils démarrent exactement sur la mesure...quitte à ce qu'ils gardent un fragment de syllabe du mot précédent ! (ici, cela donne "gyou and me").
En effet, lorsque l'on est soigneux, il est souvent nécessaire de placer le sample vocal de manière très fine avant le début exact de la mesure pour respecter le groove. Comme on ne peut pas quantiser à la chaîne un sample avancé de quelques dixièmes de seconde, un grand nombre de remixeurs "tranchent dans le lard" comme des charcutiers.

7/ D-MENTION "You're no good" : après plusieurs castings, Pascal Henninot et moi-même avions porté notre choix sur deux chanteuses pour débuter notre carrière dans l'eurodance.
Il y eu le concept CHERRY MOON avec d'abord le succès puis les tracas juridiques causés par la chanteuse, gâchant pour tout le monde l'opportunité d'une carrière internationale (puisque le 2e single venait d'être signé sur Sony Dance Pool Allemagne).

De manière plus discrète, il y eu D-MENTION sorti peu après sur le tout nouveau label MCA France dirigé par Christian de Tarlé, l'homme qui signa JORDY et remplit notablement les caisses de Sony Music.
La chanteuse est Sara Vahabi, une jeune et talentueuse suédoise dont nous gardons un excellent souvenir.
Plombé par une promo club défaillante, "You're no good" végéta quelques semaines, atteignant péniblement la 50e place du Top Dance, ce qui scella la fin de ce concept au grand désespoir de l'équipe.

Et pourtant, on m'en parle encore 17 ans après comme un grand disque d'eurodance à la mélodie imparable. La version mixée ici est la face B, totalement dub. La voix est bouclée et découpée dans le gate d'un compresseur dont l'ouverture est commandée par un "closed hit-hat" placé sur chaque 16ème de mesure.

A mon avis, le grand malheur de ce single est qu'il reprenait exactement la même idée de sample que "No Good" de PRODIGY. Une fois de plus, les deux idées sortant au même moment sur le marché, c'est le plus gros qui remporta la mise.
Nous avons été abonnés à ces mauvais concours de circonstance ("Gotta have it" de VANESSA PARADIS vs. PARIS RED et le remix trance de "Take it easy" de CHERRY MOON vs. "Amphetamine" de DRAX Ltd.) ce qui explique en partie pourquoi la team a lentement périclité avant le coup de grâce final de 1997.

J'ai choisi de jouer la version hardbag house pour ce set et je pense que peu de gens connaissent ce single.

8/ RENÉ & PERAN "Give it to me" : une house hollandaise sans fioritures, juste efficace avec son gimmick d'orgue et son sample répétitif. Ici aussi, l'arrangement fraye avec les pizzicati.
Un disque acheté à Disco Gallery, dans la vieille ville d'Ibiza en août 1996.
Happy Music l'avait sorti en France quelques semaines après.

9/ MARY KIANI "100%" : une version signée du roi de la handbag, le DJ qui mixe avec une caisse de bières sous la table, j'ai nommé Tall Paul. L'anglais est surtout célèbre pour son remix de "Let me show you" de CAMISRA qui reprend le gimmick d'orgue de "Make the world go round" de SANDY B mais il a commis bien d'autres remixes tonitruants tournant généralement au-delà de 135 bpm.

Le sample est pris sur le classique "Can you feel it" de CLS.

10/ PUSSY "Gonna make me feel" (Hardbag Mix) : en 1997, c'est un duo de producteurs au bord de la rupture qui se lance dans l'aventure du 3e single de PUSSY.

Le premier single "Suck my pussy" a été signé dans plusieurs pays européens et les ventes françaises ont atteint 50 000 ex. malgré la faillite du distributeur WMD quinze jours après la signature du titre chez Ramdam Factory.
Nous n'étions plus à un coup dur près puisqu'un étrange cover par Latino Inferno avait surgi de terre de manière concomitante sur More Vinyl.
Il est des hasards bien curieux et tous ces souvenirs amers ne font que renforcer le dégoût que m'inspire le milieu du show-biz, ses escrocs et ses mauvais coups.

Très trance, plutôt complaisante avec ses gimmicks techno un peu putassiers et son break à base de pizzicati (encore eux), la version originale de "Gonna make me feel" n'est certes pas le chef d'œuvre de l'année. Elle sort en white label et la promo club de l'époque parvient à la hisser à la 5e place du Hit des Clubs Skyrock.
Le mix deep-house de la face B (Light In Dub Mix), plus en phase avec nos références, a l'honneur d'être joué par MC Adrian sur l'antenne de FG.

Nous avions osé ce type de promotion en faisant fi de toute démarche de label, l'exercice devenant de plus en plus laborieux.
En effet, le diktat des quotas de variété française ayant faussé la donne et les médias ayant globalement décidé de boycotter la dance au profit du rap, signer un disque d'eurobeat en anglais était devenu le parcours du combattant.

15 jours après l'envoi du premier vinyle, nous avions programmé un second envoi de remixes afin d'asseoir cette flatteuse position au classement. La version jouée dans ce set en est la face A, la face B (Light In Mix), étant peu glorieuse car très inspirée de "Gotta have hope" de Blackout.

Alors que nous pensions avoir fait le plus dur, la promo nous annonça qu'aucun label ne s'était porté acquéreur sous l'argument spécieux que "puisque le titre était déjà monté en white label, il était désormais trop tard pour fructifier l'opération par une signature et une commercialisation".

Alors que dans n'importe quel pays du monde, cette initiative des producteurs aurait été jugée comme une aubaine, les labels français, vexés d'observer ce qu'ils estimaient représenter une sorte de tentative de rébellion contre l'ordre établi, finirent par nous mettre sous l'éteignoir.

Finalement, je me réjouis qu'internet et ses "pure players", les labels communautaires et des distributeurs numériques comme Believe, aient mis un grand coup de pied dans cette petite fourmilière qui faisait la pluie et le beau temps.
Les radios et les maisons de disque sont toujours aux ordres du Top 40 européen (on ne joue et signe que ce qui a déjà fonctionné ailleurs), mais au moins, chaque producteur possède désormais une chance d'exister et d'accéder à la notoriété.

Pour en revenir à ce remix hardbag (conçu sous l'influence de nos soirées passées dans les clubs londoniens), je pense qu'il aurait mérité une carrière au moins anglaise et des DJ's comme Tall Paul l'auraient sans doute joué sans retenue.
Sauf avis contraire, il reste le seul disque de "handbag house" produit en France.

A vous de juger.

11/ YVES DERUYTER "The rebel" : en 1997, c'est mon ami Croustibat, aujourd'hui sur Contact FM et que je salue au passage, qui m'avait alerté sur ce disque qui faisait des ravages dans le nord de la France et dans sa Belgique natale.
Outre le gimmick de synthé au son et aux effets parfaitement programmés, c'est sa rythmique impitoyable et les samples de Public Enemy ("Rebel without a pause") qui parachèvent ce qui ressemble à un chef d'œuvre.

Final 100% trance allemande.

12/ GOD'S GROOVE "Prayer seven" : l'exceptionnel "Back to nature" avait servi de "bed" à mes interventions de l'époque Top Dance. Un an plus tôt, ces producteurs allemands avaient annoncé la couleur avec ce "Prayer seven" dont cette version flirte avec la trance goa.

13/ THK "France" : bien que signé sur l'historique label progressif anglais WARP (Speedy J, Nightmares On Wax, LFO, Aphex Twin...), ce titre est l'œuvre de l'allemand Thomas Kukula que l'on retrouve derrière le projet GENERAL BASE avec ses tubes "Base of love" (remember le Damage Control Remix joué dans le Hit des Clubs Skyrock ! ) et "Poison".

vendredi 5 novembre 2010

N° 85 : Real wild house (28th Street Crew, Clubland, Davina...)

Set non disponible

1/ RHYTHM REPUBLIC vs. MARSHALL JEFFERSON "Move your body" : à l'écoute de ce relifting, ce fut une énorme claque, l'original ayant pris un sacré coup de vieux.

A l'origine, cet hymne fut signé sur Trax Records, un label tenu par le peu recommandable Larry Sherman. Selon les dires de Jesse Saunders (celui qui est donné comme le créateur du premier disque house) dans son livre "House music...The real story", Sherman était un homme d'affaires peu scrupuleux voire malhonnête. Il avait l'habitude de presser des vinyles à la qualité sonore exécrable en utilisant comme matériau de base de vieux disques qu'il recyclait dans son atelier. Inévitablement, même neuf, le disque présentait des craquements et des sillons déformés !
Possédez-vous un disques Trax Records d'une qualité acceptable ? Personnellement non (notamment le disque de Marshall Jefferson à la bande passante digne d'un mp3 encodé en 96kbps et aux multiples craquements).
Et pourtant, ce Larry Sherman joua un rôle notoire dans la popularisation de la house music.

2/ SOUND FACTORY "Come take control" : une house d'origine suédoise produite notamment par Vito Ingrosso, le père de Sebastian Ingrosso, membre de la Swedish House Mafia.

3/ 28th STREET CREW "I need a rhythm" : un vinyl que l'on m'a volé en 1989 dans une soirée cauchemardesque à Chennevières-sur-Marne lorsqu'une bande de racailles était venue semer la terreur.

Acheté quelques mois avant à Miami, cette production qui s'inspire largement de "Respect" d'ADEVA et de "Make my body rock" de JOMANDA était réalisée par Clivillés & Cole sur Vendetta Records, label à l'existence trop courte auquel on doit "This is acid" de MAURICE, "Love together" de L.A. MIX, "Breakdown", "Groove me"et "Two to make it right" de SEDUCTION.

4/ THE BEATMASTERS feat. The Cookie Crew "Rok da house" : Dechavanne en avait fait un générique d'émission, autant dire que tout le monde connait et qu'il n'est pas nécessaire de s'attarder.

5/ FUTURE FUNK "Wildberry tracks" : les violons étaient trop beaux pour être natifs de cette merveilleuse production disco-house datant de 2005.
En effet, il s'agit d'un astucieux montage d'un extrait de "Don't make me wait too long" de BARRY WHITE.

6/ RAW "Play my game" : ce groupe fantomatique n'a sorti que deux titres, mais ils sont exceptionnels.
"Play my game" est un classic house tonitruant resté à l'état de test pressing (on se demande bien pourquoi).
"Intoxicated" révèle la puissance de la chanteuse Amanda Wilson que l'on peut entendre aussi sur "Love on my mind" de FREEMASONS.

7/ PARIS AVENUE "Feel it (it's so good)" : une reprise réussie du "It's so good" de Creative Force sortie sur Sub-Urban en 1993.
J'aurais aimé que des français furent à l'origine de cette production, mais malgré l'indice du pseudo, il s'agit en fait de producteurs belges, ces voisins qui nous surpassent littéralement en matière de techno et de house.
La France n'est pas un terreau de la house music et y réussir à percer tient du miracle ou d'un carnet d'adresses bien fourni dans les "milieux autorisés" (comme disait Coluche).
Nous-mêmes avons tenté en vain de 1991 à 1997 d'atteindre la reconnaissance malgré de multiples productions (vous en entendrez deux assez rares la semaine prochaine dans un set très énervé).

8/ EVE GALLAGHER "Love comes down" : la protégée de Boy George s'était fait connaître avec la version soul et downtempo de David Morales.
Signée sur Panic Records en France, c'est avec le grandiose "You can have it all" qu'elle avait réalisé une incursion remarquée dans le Skyrock Top Dance.
Sur la lancée, ce remix hardbag de "Love come down" était commercialisé sans hélas connaître le même succès.

9/ CLUBLAND "Let's get busy" (Sami Dee's Revival Red Zone Remix) : au milieu des années 90, j'avais rencontré Sami Dee dans les locaux de Skyrock. Il m'avait narré son aventure incroyable comme assistant ingé-son aux côtés de David Morales.
Je possède 5 K7 de sessions de mixes garage qu'il m'avait remis. Il est de la race des grands mixers radiophoniques.
J'ai été ravi de découvrir qu'il avait brillamment relifté ce premier tube de CLUBLAND, à l'époque remixé par son mentor.
Il est également en podcast sur DJpod.

10/ DAVINA "Don't you want it" : qui ne s'est pas jeté sur ce maxi absolument magique sorti sur Happy Records, le label de Detroit, et incontournable dans toutes les soirées house parisiennes ?

En cette année 1992, Detroit "la sinistrée"ne brille plus depuis longtemps.
20 ans plus tôt, le label Motown l'a lâchement abandonné pour les cieux plus cléments de Los Angeles.
En 1986, Derrick May, Juan Atkins et Kevin Saunderson y inventent la techno, une chance inouïe pour redonner vie à la "Motor City", mais assimilée à une "musique de Blancs", le public potentiel, celui d'Afrikaa Bambaataa, ne s'y reconnaitra pas.
C'est dans la vieille Europe que les 3 mages trouveront écho à leur sonorités avant-gardistes.

En 1990, Mad Mike Banks crée le label Underground Resistance dont Happy Records est une division qui cache le désespoir de ses artistes derrière la façade d'une house enjouée.

Déclin de l'industrie automobile, taux de chômage record...entre 1967 (l'année des fameuses émeutes raciales de juillet) et 1987, la population de la ville aura chuté de 30% !
L'"exode blanc" n'y a laissé qu'une population à 80% d'origine noire souvent ghettoïsée. Rongée par la désindustrialisation, certains iront même jusqu'à parler d'une ville-fantôme.

11/ SMOKIN BEATS "Dreams" : un duo anglais adepte du UK Garage et dont l'original assez peu convaincant est magnifié ici sous les arrangements des Kings of Tomorrow.
Vous aviez découvert dans mon premier set sa réinterprétation filtrée de "Dr Love" de FIRST CHOICE.
SMOKIN BEATS a d'ailleurs sorti d'innombrables maxis à base de samples funky et disco souvent estampillés "Lessons in disco". Avec ses samples de THE EMOTIONS et CHERYL LYNN, le volume 4 semble le plus populaire.
On perd leur trace en 2007.

vendredi 29 octobre 2010

N° 84 : Closer to the underground (Adeva, Robert Owens, Lil Mo'Yin Yang, Lovebirds...)

Set non disponible

1/ ADEVA "Respect" (Club Vocal Remix) : l'original de 1988 était déjà très underground, ce remix de Mental Instrum ajoute à la noirceur de l'ambiance.

Avec une mère missionnaire et un père diacre, Adeva alias Patricia Daniel grandit inévitablement sous l'influence du gospel.
Découverte par Tony Humphries avec le single "In and out of my life", signée en 1988 sur Capitol Records, c'est Paul Simpson qui lui offrira les tubes "Respect" (découvert dans le Skydance Skyrock), "Warning", "I thank you" et "Musical freedom".
Suivront notamment "It should have been me", "Don't let it show on your face" et "Been around" (1998) déjà joués dans mes podcasts.

2/ KIM BEACHAM "Trouble" : autre titre de New Jersey Garage tout à fait dans la lignée de "Respect".

3/ URBAN SOUL "Alright" : pour fêter ses dix ans d'existence, le label garage Cool Tempo sortait en 1995 un double pack de remixes de ses plus gros hits dont ce "Alright" réalisé par Dancin' Danny D.
On y retrouve d'ailleurs le fameux remix de "I thank you" de ADEVA par Love to Infinity et un Morales Mix de "Love & happiness" de RIVER OCEAN.

4/ JOE ROBERTS "Lover" : un dub au gimmick acid réalisé à la TB-303 par les anglais de K-KLASS.

5/ JESUS LOVES YOU "Generations of love" : tombé dans l'ornière de l'héroïne, Boy George se laisse charmer par les sirènes du bouddhisme et crée le concept JESUS LOVES YOU en 1991 sur son label More Protein.
Remixé par Paul Oakenfold, c'est son seul tube sous ce pseudo.

Le label More Protein accueillera des artistes aussi variés que Eve Gallagher ("Love comes down"), Jagdeep Singh ("Who's gonna love you?"), Amos ("Let love shine") ou E-ZEE POSSEE ("Breathing is E-Zee").

6/ ALISON LIMERICK "Where love lives" : alors que Morales et Knuckles se sont surpassés sur une flopée de remixes tous aussi excellents, il fallait toutefois évoquer cette version originale du suédois Lati Kronlund à laquelle manquait juste cette touche underground qui en a fait un "all time classic".

7/ ROBERT OWENS "I'll be your friend" : autre classique intemporel, ce mix original est bien plus sombre que le Glamorous Mix, version fédératrice avec son gimmick de violons.

Après avoir collaboré avec Mr Fingers à la fin des années 80 sur des projets trop intimistes pour rencontrer le succès populaire, c'est avec Frankie Knuckles que Robert Owens caresse les trompettes de la renommée sur l'intemporel "Tears".
C'est fort de ses deux derniers tubes "I'll be your friend" et "Gotta work" qu'il participera à la Yes Party, le premier événement "garage" organisé à Paris le 2 juillet 1993, soirée où officièrent les DJ's David Morales et Tony Humphries.
Dommage que le public n'ait pas été au R.V. , ce qui augurait finalement de l'état végétatif dans lequel aller stagner ce style dans un pays déjà sous influence techno.

8/ BARRY WHITE "Love is the icon" : il me semble que j'ai présenté ce disque en nouveauté sur Skyrock.
C'était le retour inespéré de Barry White, l'un des artistes (avec MFSB et Creative Source) qui m'a accompagné dans mon voyage initiatique à la musique noire lorsque j'avais 13 ans et que je cherchais des génériques pour les émissions de radio que je réalisais dans ma chambre.

C'est indéniablement cette influence précoce, libératoire des niaiseries "variétoches" d'adolescent, qui a forgé ma culture bien avant que je fasse Terra Incognita dans le dee-jaying en soirées et en club.

Ce remix hard-house est signé Roger S.

9/ SWING 52 "You keep holding back (love me)" : production Benji Candelario sortie sur le label underground new-yorkais Cutting Records.
On doit à Candelario le fameux "Let's get brutal" de NITRO DELUXE.

Personnage atypique, il parvint à allier le métier de banquier à celui de directeur artistique du label avant de faire le switch définitif !

Sous le pseudo Swing 52, l'histoire à surtout retenu le titre "Colour of my skin", beaucoup plus gospel et commercial sous l'impulsion de la voix d'Arnold Jarvis.

Au bilan et malgré de mini-tubes comme "The Rhythm" de New Hippie Movement (1998), "Learn to give" (2001) ou "Quiero saber" (2007) , la carrière de Candelario restera plutôt erratique.

10/ WHITNEY HOUSTON "I'm every woman" : en cette luxuriante année 1992, Whitney s'attaquait au monstrueux titre de Chaka Khan composé par Ashford & Simpson en 1978.
C'est sous un angle très underground qu'elle proposa un double pack ciselé par le duo Clivillés & Cole, bien que le single calibré pour les FM fut joué abondamment, notamment dans la Max Party.

Final au cœur de l'underground le plus obscur.

11/ LIL MO'YIN YANG "Reach" : le yin et le yang, l'un froid et obscur, l'autre chaleureux et positif, se sont toujours proposés dans cette dualité de styles qui caractérise Louie Vega et Erick Morillo, ce pseudo n'étant sans doute pas choisi au hasard.
"Reach" oscille effectivement entre les deux facettes, à la fois inquiétant comme l'ambiance d'un jeu vidéo façon Doom II (dans le remix de Basement Jaxx) et "floorfiller" avec ses sirènes et son gimmick répetitif...Un véritable hymne de la saison 1996 à Ibiza.

12/ LOVEBIRDS "My man" : voilà le type de mésaventure qui se produit lorsque l'envoi des données midi du pitch bend de votre clavier-maître subit des coupures. Cela m'était arrivé avec mon Emulator E4-K mais je n'avais pas eu l'intention d'en faire un gimmick, bien au contraire !
Loverbirds met à profit cette défaillance technique lorsque de la montée de la tonalité de l'accord pour intriguer l'oreille et finalement délivrer un titre assez dissonant mais terriblement efficace.

13/ DUB MONSTERS "Sweet thang" : un titre représentatif d'un UK garage pas trop énervé et qui lorgne donc du côté de son cousin d'outre-atlantique.
Hélas, tout comme sa musique, ce duo de producteurs est plutôt resté dans l'ombre.

La semaine prochaine, nous resterons dans cette ambiance "early house" avec d'autres titres légendaires.

vendredi 22 octobre 2010

N° 83 : Sunshine & Happiness (Black Science Orchestra, Physics, D'Influence, Louie Vega...)

Set non disponible

Un set réalisé le 28 juillet 2010 sous l'influence positive de l'astre du jour et fort de quelques productions "latin-house" bienvenues.

Il démarre par une petite plaisanterie, une phrase désormais culte prononcée par l'un des caciques du foot français après la déroute sud-africaine.

La fédération a désormais "les cartes en main", mais comme dirait Patrick, "l'important ce ne sont pas les cartes mais ce que vous en faites".
On note une légère amélioration, surtout dans l'esprit, mais le fond de jeu reste assez faible.
Il faudrait notamment soigner les tirs cadrés et les centres ajustés car visiblement, ça n'est pas une spécialité française pour l'instant.

Certes, nous irons sans doute au championnat d'Europe, mais sauf miracle pour y faire de la figuration. Patience est de rigueur car il faut rebâtir sur des ruines.

1/ Puisque les Bleus "se sont fait chanter Ramona" (c'est à dire, se sont fait remonter le short), il était logique de démarrer ce set par "I don't want you back" de RAMONA BROOKS, "I don't want you back" étant une formule qui s'applique très bien à quelques joueurs indignes de leur statut (et qu'on ne reverra donc plus, j'espère).

2/ Inévitablement, le réflexe du producteur est de s'emparer du gimmick qui à servi au titre suivant pour assurer la transition.
Le remix de "Sunshine" de THE BLACK SCIENCE ORCHESTRA réalisé par le duo Farley & Heller a été diffusé par la bonne Radio FG en 1999.
Je me suis jeté sur le maxi trouvé dans quelque magasin de la rue de Charonne (Rough Trade ?) et rapidement, j'ai réédité le titre en mélangeant le dub et le vocal mix.

3/ Je viens d'apprendre que W9 lançait une émission sur le thème de "la recherche du nouveau Michael Jackson". J'ai hâte de suivre ça car seul un génie sera capable de conjuguer virtuosité des pas de danse et prouesses vocales. Mais attendons de voir.
J'espère que Quincy Jones et Rod Temperton sont sur l'affaire car, il ne suffit pas d'être doué, il faut aussi la bonne mélodie et les arrangements ciselés.

La reprise de "Rock with you" par D'INFLUENCE est un pur moment de bonheur tant dans sa version originale que dans ce remix de Mousse T. L'interprète semble être Sarah Ann Webb.

4/ Lorsque j'avais croisé Tommy Musto au New York Music Seminar en 1992, j'avais salué son travail extraordinaire sur "In the closet" de Michael Jackson. Il avait semblé surpris de tant d'enthousiasme, de surcroît venant d'un français.
Le fait est qu'il n'a jamais fait aussi bien, comme si que le fait de travailler pour la star planétaire lui avait conféré un supplément de talent afin d'être à la hauteur de l'enjeu.

Sa version de "Weekend" de PHREEK est presque aussi remarquable dans la finesse de l'arrangement.
Gros hit underground de l'année 1978, c'est un titre qui prône les aventures amoureuses sans lendemain.

Sortie en 1983, la version de CLASS ACTION possède un groove beaucoup plus posé et funky mais les deux se valent.
Elles ont été remixées et jouées abondamment par Larry Levan au Paradise Garage.

Entrée de plain-pied dans les années 2000 !

5/ RESTLESS SOUL feat. Zansiska "And i know it" : Restless Soul est un collectif créé par Phil Asher, l'un des papes de la british soulful house.
Au sein du label Slip'n'Slide, Asher a commis les mémorables compilations "Jazz in the House".

Sorti en 2007, le titre est remixé en 2010 par José Carretas, l'un des membres du collectif.
Le swing de la voix de Zansiska est délicieux.

6/ LOUIE VEGA "Elements of life" : délaissant la house underground, Louie Vega se concentre désormais sur de soleilleuses productions latines. L'album "Elements of Life" sorti en 2004 symbolise cette nouvelle orientation.

C'est Blaze qui interprète ce titre qui s'inspire largement dans les chœurs du "Brazilian Love Affair" de GEORGE DUKE.
Le remix soigné et chaleureux au possible est signé de l'un de mes chouchous actuels, Richard Earnshaw.

7/ BUMP & FLEX "Promises" : c'est le énième pseudo de Grant Nelson !
Sorti au début de 2010, le mini E.P "Unreleased vol.1" du label Swing City contient des pièces remarquables.
Les remixes sont confiés ici au duo new-yorkais Jazz 'n' Groove, récurrent dans mes sets.

8/ PHYSICS "Estrelas" : duo de musiciens suédois, PHYSICS est un habitué des compilations jazz-lounge.
A l'instar de "Viva l'Amore", autre tube du groupe, "Estrelas" est d'une gaieté contagieuse et le remix de Izzy Stardust apporte la splendeur qui manque légèrement à l'original grâce à de nouveaux accords et un gimmick de cuivres simple et efficace.

La chanteuse Simone Moreno qui porte le titre est tout aussi remarquable sur le titre "E Samba" de JUNIOR JACK (le mix de Rasmus Faber).

9/ BLACK MASSES "Wonderful person" : c'est la reprise masquée de "You are, you are" de CURTIS MAYFIELD.
La chanteuse Linda Clifford avait réalisé une adaptation la même année (1978).

10/ FISH GO DEEP "The cure and the cause" : le chef d'œuvre du brésilien DJ Memê, l'homme qui a réintroduit les grandes sections de violons et de cuivres dans les mixes.
Cette vidéo d'une des séances d'enregistrement de son titre "Any love" vous en dira plus sur cette salutaire renaissance de l'esprit disco.
Quant au titre "The cure and the cause", il est tout aussi merveilleux dans sa version balearic.

11/ THE BELIEVERS "Who dares to believe in me?" : doté d'un son numérique d'une rare précision, ce remix jazzy d'un classique de 1995 est signé Martijn Ten Velden.
J'ai beaucoup apprécié son travail sur "Chime" de Soul Central.

mercredi 13 octobre 2010

N° 82 : Manhattan nightlife (John Jellybean Benitez, Celi Bee & The Buzzy Bench, Simply Red, Richard John Smith...)

Set non disponible

Un set nimbé de la nostalgie de ces années 80 qui, sur les décombres déjà froids de l'euphorie qui avait marqué la décennie qui les précédait, conjuguaient l'acmé de l'insouciante funky music, l’avènement d'une pop anglaise souvent revendicative et les balbutiements d'une "house" promise à la pérennité.

J'ai ainsi imaginé une virée nocturne à Manhattan sur Madison Avenue, l'artère principale, une FM locale en fond sonore dans ma Buick décapotable (j'ai choisi Buick car c'est la première voiture que j'ai conduite sur le sol américain à Miami en 1990).

1/ DANUBE DANCE feat. Kim Cooper "Unique" : ce New York Club Mix ne pouvait pas mieux démarrer ce set. C'est la version disco, matraquée notamment dans la Max Party et qui avait eu son petit succès en club en France, qui avait totalement éclipsé cet original totalement soul.

2/ Decks.de est mon fournisseur habituel de vinyls. Face à la diminution constante du choix (les producteurs sont de plus en plus enclin à ne proposer leurs œuvres qu'en format mp3 !), j'ai cru que d'autres fournisseurs pouvaient offrir une palette plus large.
Juno Records est de ceux-là mais les frais de port sont prohibitifs. Quant à Music-head.de, même s'il vous les épargne, son offre est beaucoup trop trance-électro pour satisfaire un esthète comme moi.
Decks.de possède un atout indéniable en proposant un large choix de bootlegs disco-funk forcément intéressants dont ce "Closer" de 6th BOROUGH PROJECT.

La mélodie mielleuse trottait dans ma tête et je ne mis pas longtemps à retrouver l'original figurant sur l'album de Celi Bee & the Buzzy Bunch et intitulé "Closer, closer" (1978).
Mélodie sirupeuse à l'image de la pochette du vinyle où l'on présente le goulot d'une bouteille d'où le miel s'échappe.
Le tube de l'album est "Superman" (repris 1 an plus tard par Herbie Mann).
"Hurt me, hurt me" est un autre titre délicieusement suranné.

Le sample de "Closer" avec ses violons "à la Isaac Hayes" est hélas massacré par un sillon baladeur (mon cauchemar des disques mal centrés !).
6th BOROUGH PROJECT a t-il voulu produire un effet ou bien est-ce une négligence malvenue ? Dommage, Éliane.

3/ CURTIS MAYFIELD "Love me , love me now" : c'est à mon sens le titre le plus sexy et le plus sensuel de Curtis Mayfield.
Il reprend partiellement le thème de la pub DIM qui avait été créé à l'origine par Lalo Schifrin sous le titre "The Fox" (thème principale du film du même nom).

Il est extrait de l'album "Something to believe in" (1980) sur lequel figure un autre titre tout aussi magique : "Tripping out".
Ces deux bombes soul ont fait le bonheur des fins de soirées du Palace.
Je préconise vivement de vous procurer ce joyau pour hausser encore le niveau de votre discothèque.

4/ SUPER VALUE SPECIAL EDITS 2 "a side" : ce titre est immédiatement suivi de son bootleg "officiel" tiré de la collection SUPER VALUE déjà présentée sur ce blog.

5/ CHARADES "Gimme the funk" : les craquements sont dus à un pressage défectueux et non à l'usure, bien que ce titre ait été l'un des plus joués au Patch Club de La Varenne Saint-Hilaire.
Quant au titre de ce groupe fantomatique, il est mixé à l'époque par Jellybean.

6/ CONQUEST "Give it to me" : enième Kiss FM Mastermix réalisé par Shep Pettibone et présenté dans ce blog. Les deux double packs de l'époque sont d'une valeur inestimable dans le patrimoine de la musique club.
La carrière du groupe est presque aussi éphemère que celle de Charades.

7/ RICHARD JON SMITH "Baby's got another" : l'album éponyme de l'artiste (1983) est d'assez bonne facture et contient deux autres tubes, "She's The Master (Of The Game)" et "Stay with me tonight".
"In the night" est un autre hit datant de 1985.

8/ SIMPLY RED "Money's too tight (to mention)" : un album soul-jazz d'une qualité rare, un remix club testostéroné....un groupe qui a marqué l'histoire du Patch Club.
Ce titre est un véritable brûlot anti-thatcherien, mais le rouquin Mike Hucknall villipende tout autant Reagan et ses "reaganomics". "Antisocial" de TRUST à la sauce "british soul" en quelque sorte !

Originaire de Manchester, Simply Red représente idéalement le courant "Northern Soul" qui a envoûté cette région de l'Angleterre depuis les années 60. Pas étonnant que l'éclectique club "The Hacienda" ait autant marqué l'histoire de la house music.

Ce mix club prodigieux est réalisé par Steve Thompson & Michael Barbiero, ceux-là même qui avaient commis "Imagination" de BELOUIS SOME, autre tube du Patch Club, mais dont le clip plus ou moins sulfureux que je diffusais dans la salle avait été censuré par le patron !! Aujourd'hui, je pense qu'il rirait de cette décision au vu de ce que la télévision nous inflige.

9/ RICK ASTLEY "Never gonna give you up" : composé et produit par le trio Stock-Aitken-Waterman, ce titre à la mélodie éblouissante fut sans surprise la meilleure vente de single au Royaume-Uni en 1987 avant de "top-charter" dans 25 autres pays à travers le monde.

Rick Astley enchaîna d'autres tubes house du même acabit abondamment relayés par le Skydance.

De retour en 2010, son dernier single "Lights out" est un titre pop d'une grande banalité.

10/ CHICO DEBARGE "Talk to me" : dans la fratrie DeBarge, c'est El qui récolta tous les honneurs, un peu à l'instar de la Jackson Family. Il y en a toujours un pour être plus doué que les autres.
Chico n'est connu que pour ce seul hit pêchu qui, par ses arrangements, rappelle les productions de Janet Jackson et, dans une moindre mesure, de Prince.

11/ JANET JACKSON "Rhythm nation" : Janet Jackson justement remixée ici par Shep Pettibone. Les edits à foison et les incessants rolls de caisse claire de la TR-909 caractérisent la patte du producteur new-yorkais.
Et dire que cette boîte à rythmes historique n'a été produite qu'à 10 000 exemplaires !

12/ JELLYBEAN "The real thing" : originaire du Bronx comme bien d'autres, John "Jellybean" Benitez est le "latin lover" du remix new-yorkais.
C'est l'un des premiers producteurs a s'être mis en avant sur des titres dont il n'était ni le compositeur ni l'interprète (ici Steve Dante). C'est aujourd'hui monnaie courante dans la profession (ex : David Guetta).
Il fut connu pour sa liaison avec Madonna (il est aussi le producteur de "Holiday"), mais on pourrait tout aussi bien retenir sa collaboration avec la ravissante Elisa Fiorillo pour "Who found who?" en 1987 (Jellybean se met en scène dans le clip car c'est aussi lui la star).

Ce Dj/producteur audacieux (ex : utilisation de test pressings en acétate) est notamment le mentor de François Kevorkian (qui n'a pas répondu à ma demande d'ami sur Facebook alors que je lui ai consacré une bio, comme quoi, même les français expatriés nous snobent comme les américains).

La semaine prochaine, vaste incursion dans la soulful house des années 2000.

vendredi 8 octobre 2010

N° 81 : East Coast Vibrations (Global Communication, Masters at Work, Danny Tenaglia, Jazz 'n' Groove...)

Set non disponible

1/ GLOBAL COMMUNICATION "The way" : une deep-house très progressive qui repose entièrement sur un sample d'un sublime titre de Dexter Wansel, The sweetest pain".
L'interprète n'est autre que Jean Carn, célèbre pour le tube disco "What that all it was".

Ex-membre du groupe MFSB, Dexter Wensel a contribué à l'essor du Philly Sound cher à Dimitri from Paris (sortie sur BBE, sa dernière double compilation "Get down with the Philly Sound" est un must-have).

2/ INTERCEPTOR "Together" : Interceptor est l'un des pseudos du duo MURK, originaire de Miami et emblématique d'une house underground hypnotique et poisseuse.
C'est Roger S. qui délivre les meilleurs mixes dont ce Harddubb qui met en exergue le piano Rhodes, mon instrument de prédilection.

3/ DANNY TENAGLIA "Yesterday & today" : les albums de Danny sont rarement décevants. "Hard & Soul" paru en 1996 renferme des classiques tels "Look ahead", "Bottom Heavy" et "$ (That's what i want)".

A l'instar de l'album "Tourism" sorti deux plus tard, le mixage réalisé en grand studio est particulièrement soigné.

4/ ROMANTHONY "Ministry of love" : énorme tube du label anglais Azuli en 1994, il est l'œuvre d'Anthony Moore a.k.a. Romanthony, producteur originaire de cette terre fertile qu'est le New Jersey.
Son œuvre reste globalement très minimaliste (comme celle de Kerri Chandler, Moodyman ou DJ Sneak) et assez difficile d'accès pour les non-initiés.

5/ LOOP 7 "The Theme" : que dire d'autre que cet instrumental est magique. Entendu dans le NRJ Megamix de Dimitri (référence historique de la bande FM), le maxi se décline en 4 versions d'égale valeur et imaginées par l'un des claviers de Def Mix Productions, Satoshi Tomiie.
Le son de la basse peut être reproduit (avec de grands efforts de traitement de son et de compression) sur l'expander FB-01 de Yamaha, synthé en modulation FM au rapport qualité -prix intéressant (dans la même gamme, le fameux DX-7 !).

6/ LUTHER VANDROSS & JANET JACKSON "The best things in life are free" : épisode légèrement plus commercial avec ce duo bénéficiant d'excellents remixes (dont ceux de K-Klass).
Les producteurs Jam & Lewis sont originaires du Minnesota (pas vraiment la East Coast), mais Morales et Knuckles, qui signent cette version, sont nés dans le Bronx.

7/ JAZZ 'N' GROOVE "Keep givin' me love" : autre figure du New Jersey Garage, le duo Brian Tappert & Marc Pomeroy signait là l'une de ses premières productions sur le label new-yorkais Sub-Urban fondé par Tommy Musto et Victor Simonelli.
Le sample est tiré de "Keep giving me love" de D-TRAIN.

Le duo semble en retrait de la scène house depuis quelques temps.

Final dédié aux Masters at Work, période "early 90's".

Que d'évolutions pour ce duo qui a symbolisé mon voyage à New-York en 1992. De disquaires en disquaires, aucune de leurs productions ne devaient m'échapper.
Des rythmiques au swing ternaire particulièrement soigné, des accords jazzy complexes, les mixes étaient touchés par les ailes de la grâce.
Bien que Louie Vega propose encore épisodiquement d'excellents mixes, je regrette cette patte un peu "sale" et expérimentale qui caractérisait l'œuvre du duo.

8/ URBANIZED feat. Silvano "Helpless" : On retrouve derrière ce pseudo le duo Mood II Swing (Lem Springsteen & John Ciafone). Leur collaboration avec les Masters at Work démarre en 1992, peut-être avec ce titre.
De culture hip-hop, Ciafone épaulera d'ailleurs les MAW sur les arrangements rythmiques de plusieurs titres (INDIA "When you touch me", BARBARA TUCKER "I get lifted", HARDRIVE "Sindae"...).

9/ 49ers "The message" (MAW Vocal Dub) : pléthore de remixes pour ce titre de l'écurie Bortolotti.
Les mixes sortis sur Media Records sont quasi-introuvables, notamment le Mix Master-Jazz Voice.

10/ KATHY BROWN "Can't play around" : un dernier dub des Masters pour la route. C'est la première apparition de la chanteuse Kathy Brown. Elle nous a offert récemment quelques titres "garage" soleilleux comme "Never again" et "Get another love" qu'il faut absolument se procurer.