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lundi 27 février 2023

N° 321 : The Beauty & The Joy


1/ EMMACULATE feat. Kaye Fox "Gold" (Terry Hunter Platinum Remix) : cette voix non sans rappeler celle d'Alicia Keys pour un remix jazz-house totalement jaculatoire.

2/ DONNA ALLEN "He Is The Joy" (T.Markakis Extended Remix) : la house music sans frontières se pose ici en terre grecque pour ce remix assez linéaire, appuyé sur la fondamentale de la mélodie de ce classique gospel.

3/ THE LAYABOUTS feat. Portia Monique "Bring Me Joy" (The Layabouts Vocal Mix) : bon allez, tout le monde à l'église évangélique pour la prière du dimanche matin ! une artiste et des producteurs du label anglais Reel People Music (Tony Momrelle, Reel People...).

4/ AFTERLIFE "Let It Go" (Groove Assassin Remix) : La voix de Cathy Battistessa, la suavité et la sensualité incarnées.

5/ DAVID MORALES "Never Looking Back" (Sandy K.O.T. Rivera Remix) : merci à mon ami Eric Soulful pour m'avoir attiré l'attention sur cette relativement récente sortie du maître. Il n'a pas encore dit son dernier mot et retrouve les accords magiques de ses productions d'antan. Lea-Lorién apparaissait déjà sur "How Would You Feel" en 2004.

6/ KNEE DEEP "Odyssey" (Moplen Extended Remix) : un mix de l'italien Moplen (une sorte de remixer disco à la Dimitri From Paris) carrément plus flamboyant que l'original, déjà excellent.

7/ AFROJACK & BLACK V NECK "Day N Night" (Extended Mix) : un set sans passer par la Hollande n'est pas un set normal. Afrojack s'est fait connaitre en 2010 avec "Take Over Control". Plutôt orienté EDM, j'ai trouvé un peu de groove dans cette production de 2022... alors elle est entrée dans ma playlist.

8/ LUTHER VANDROSS "Shine" (Freemasons Club Mix) : une mélodie absolument extraordinaire qui s'évade sur les accords de "My Forbidden Lover" de CHIC. Comme je le dis bien souvent (pour paraphraser Thierry Henry), c'est la capacité d'une mélodie à s'affranchir du carcan de la logique qui en fait la magie.

9/ WHO, MARSHALL JEFFERSON & TEN CITY "I Love Me" (Extended Mix) : on tutoie le sublime avec le chanteur Byron Stingily de Ten City, maître de la voix de fausset. Une des grosses sorties de ce début d'année et peut-être un hymne en club ?

10/ XAVIER "Give Me The Night" (Freemasons Vocal Mix) : un one-hit wonder de 2005 sauvé par le remix des Freemasons.

vendredi 3 juin 2011

N° 113 : House sweet house (Alistair Colling, Kaje, A:xus...)

Set non disponible

1/ A:XUS "Callin' U" (Extended Mix) : pour celles et ceux qui en ont assez d'entendre des pleureuses interpréter ce titre totalement "burnt" dans nos têtes, voici une version garage de haute volée sortie en 1999 ! C'est Naomi N'Sembi qui est aux vocaux.
Ce morceau figure sur l'excellente compilation Aphrodisiac, CD que je faisais gagner lorsque j'étais Community Manager dans une start-up à la fin du siècle dernier.

2/ ALISTAIR COLLING vs. TORTURED SOUL "When You Find Your Love" : si j'ai appelé ce set "House sweet house", c'est qu'il recèle des joyaux d'une grande sensibilité comme ce titre découvert en 2000 sur une collection de compilations nommée "Stereo Sushi","Stereo Sushi" étant une émission diffusée dans la nuit du samedi au dimanche au Royaume-Uni sur Jazz FM.

Quant au remixer du titre, il s'agit du new-yorkais Jon Cutler dont le tube reste "It's yours".

3/ JASPER STREET CO. "Another Day" : un vrai groupe de gospel-house dont Ann Nesby fut membre. Je vous avais présenté le monumental "A feeling" il y a 2 ans sur ce blog.

4/ CERRONE feat Jocelyn Brown "Hooked on you" : j'avais découvert cette version lors de la retransmission de la Fête de la Musique au Château de Versailles. Ignorant qu'il s'agissait d'un playback, j'avais été en admiration devant le jeu de batterie très swing de Cerrone.
C'est après coup que j'avais réalisé qu'il s'agissait du remix du suisse Jamie Lewis.
La version originale plus soul est également excellente.

5/ PAMELA FERNANDEZ "Kickin' in the beat" : sous la férule de l'impitoyable Eric Morand, manager-intégriste de la house qui n'avait jamais voulu signer nos productions "garage" à nos débuts, ce titre était sorti sur son label F Communications dans une version nettement orientée "big room" (Todd Terry).

6/ GROOVE ARMADA "Love sweet sound" : cet extrait de l'album "Soundboy Rock" est l'un des chefs-d'œuvre de l'année 2007.
L'auditeur est immédiatement embarqué dans le maelström hypnotique du gimmick et les nombreux effets d'arrangement.
Avec Kraak 'n' Smaak et Crazy Penis, Groove Armada reste l'un des groupes les plus éclectiques de la scène électro.

7/ FUTURE FUNK "Wildberry tracks 2008" : plus de sample de Barry White dans cette version très underground du hollandais Soul Conspiracy alias Simon van Kesteren.
8/ DONNA ALLEN "He is the joy" : ultime version présentée de cette pépite gospel ! Elle est signée du duo de producteurs suisses Mario Held et Mirco Esposito.
9/ KAJE feat. Sacha Williamson "Butterflies" : un remix de l'étoile montante de la soulful anglaise, Guy Robin.
Quant à Kaje, je vous avais récemment présenté son remix de "I'll be there for you" de SUNBURST BAND.

10/ CHANEL "My life" : un impeccable mix de Haji & Emanuel.
Chanel Perry est aussi célèbre pour sa reprise de"If you love me" (surtout le Disco Lips Mix de Wez Clarke), un hit de Brownstone.

mercredi 9 mars 2011

N° 101 : Sons of Shaft (Timmy Vegas, UK and NY garage, Nu Soul Orchestra...)

Set non disponible

La bande-son du film "Shaft" (1971) composée par Isaac Hayes fut l'un des premiers chocs musicaux de mon adolescence.
Le thème principal à la guitare cocotte rageuse est sans doute le seul titre que le vulgum pecus ait retenu de ce qu'on appela la "blaxploitation".
Les Bar-Kays en firent d'ailleurs un cover mémorable intitulé "Son of Shaft" et dont vous pourrez retrouver l'énergie sur cette vidéo live. La guitare wah-wah fut d'ailleurs samplée sur "Beat Dis" de Bomb The Bass.

Autres titres fadés de cette B.O.F. proposée sous forme de double album, "Café Regio's" aurait sa place pour ambiancer le salon du hall d'un palace parisien et "Shaft strikes again" serait parfait pour un dîner aux chandelles.

Autant "Shaft" était un "nanar" (comme son remake de 2000), autant son follow-up "Shaft in Africa" était un film d'aventures de série B assez plaisant à regarder.
La bande-son monumentale est principalement signée par Johnny Pate. Dès l'intro, le ton est donné avec le tube "Are You Man Enough?" interprété par les Four Tops.

C'est cependant du titre "Shaft In Africa (Addis)" dont allaient s'emparer quelques pionniers de la house, notamment d'une loop de congas et d'un riff de clarinette situé dans le break.

La remarquable partie "cuivres" du titre fut réellement exploitée pour la première fois par Jay-Z dans "Show me what you got" (2006), mais c'est TIMMY VEGAS qui allait lui donner toute sa splendeur dans la version originale de "Can't make it thru another day" (2009).
Le remix de Grant Nelson déçoit quelque peu puisque rejoué au synthé.

Fidèle à mon nouveau concept d'intro, j'ai donc démarré ce set en faisant le switch entre l'original de Johnny Pate et celui de Timmy Vegas, titre syncopé d'une intensité conférée par l’interprétation gospel de Jennifer Wallace.


"My forbidden lover", titre méconnu de CHIC qui figure sur l'album "Risqué" (1979), est samplé par Darryl Pandy (auteur de la reprise tubesque de "I love music" des O'Jays en 1990) sur "Sunshine & Happiness" (1999).

Dans la même lignée, le groupe italien CHANGE frappa très fort avec son album "The glow of love" sortie en 1980.
"A lover's holiday" est le tube de l'album.
"The glow of love" chanté par Luther Vandross fait ici l'objet d'un bootleg au tempo largement accéléré par les japonais de REDSOUL EDITS.
Le maxi comprend également des remixes de "Casanova" de COFFEE et de "This time baby" de
JACKIE MOORE (le sample de "Love on your mind" de Freemasons).

ROSIE GAINES fut harpée par le label Scorpio le temps d'un tube planétaire ("Closer than close") et retomba immédiatement dans l'anonymat, sort que le show-biz réserve à bon nombre d'artistes. Ce "I surrender" (1997), bien que très connoté garage, ne manquait pourtant pas d'atouts pour convaincre.
Mais Ultra Naté n'avait-elle pas subi le même sort ?
En France, autant on suit avec application la carrière des artistes variété en jouant leurs singles successifs, bons ou mauvais (exemple avec le dramatique Grégoire dont les mélodies primaires donnent l'impression d'avoir été chantées cent fois par d'autres avant lui), autant l'artiste dance n'est considéré que comme un "coup" et ne bénéficie d'aucune loyauté pour les services rendus au tiroir-caisse.

"Let's do it" par GRANT NELSON & BRIAN TAPPERT s'inscrit dans le pur style UK Garage, mais en 1997 c'est surtout "Odyssey One" de FEDERATION X qui, sur le même label (Swing City Records), frappa les esprits.

En 2010, GRANT NELSON surprend son monde en sortant un titre totalement deep-house que ne renieraient pas les allemands de Knee Deep : "Brave new world".
Le titre est disponible sur une compilation Hed Kandi (une collection que j'avais découverte en 2000 et dont je possède de nombreux volumes dans différents styles), "Disco Heaven".
Attention toutefois, même si les titres ne sont pas mixés (ce qui est précieux), il n'est pas rare que certains soient hélas tronqués.

Atterrissage à San Francisco, berceau de mon label soulful house de prédilection, Naked Music Records, créé par le vénérable Jay Denes, l'homme à l'origine du renouveau de ce style en 1998 avec le concept BLUE SIX.
"Rain" de la chanteuse GAELLE est un petit bijou à l'ambiance éthérée mais soutenu par une solide base rythmique.
Pour les amateurs de lounge, rabattez-vous sur le "Speakeasy Remix".

MARY GRIFFIN "Without you" : voici un exemple de titre que je possédais en version tronquée sur une compilation Hed Kandi et que j'ai dû racheter sur Itunes afin de pouvoir le mixer sur le break final.
La version de Jazz 'n' Groove, bien que classique dans la construction des accords, possède les atours pour hypnotiser les danseurs au bord de la piscine à l'heure des brousses.

Le Urban Blues Project Dub de "He is the joy" par DONNA ALLEN assure le continuum dans la sphère gospel. C'est l'un des 10 plus grands titres garage de l'histoire, à mon sens.

Final avec le classieux NU SOUL ORCHESTRA et "My brazil", titre sorti sur l'album "The Grand Opening Album" (2007), un concept quasi lounge créé par Maurice Joshua que l'on attendait pas dans ce registre.
Je l'ai mélangé avec "Tropicalia" de BLUE SIX, une fulgurance qui m'est soudain venue à l'esprit en écoutant le titre.
"Tropicalia" est d'ailleurs un titre doté d'une magie inaltérable, si bien qu'il accompagne le message de mon répondeur.

vendredi 7 janvier 2011

N° 92 : Italian Riviera (italian disco-funk classics, David Todd and Shep Pettibone's famous remixes)

Set non disponible

Que retenir de l'année dancefloor 2010 ?

Une tendance encourageante au retour de solides mélodies comme celles de "Break your heart" de Taio Cruz, "DJ got us fallin' in love again" de Usher, "Only girl (in the world)" de Rihanna ou encore "California Gurls" de Katy Perry.
Arrivé in extremis, "Barbra Streisand" de Duck Sauce, reste LE tube 100% house de l'année et le clip nous montre toute la désinvolture d'Armand Van Helden et sa bande, totalement à l'opposé des vidéos baignant dans l'univers frime des artistes dance et de leurs "biatches" en maillot de bain.

Au rayon des horreurs, à noter "Telephone" de Lady Gaga & Beyoncé, "Stereo love" de Edward Maya (une pensée pour ceux qui subissent les accordéonistes dans le métro chaque jour) et surtout "The time" de Black Eyed Peas qui touche le fond avec un arrangement d'une débilité confondante et une Fergie "bleue" sur tout son refrain.

Désormais raccordé à la télé par ADSL, j'ai découvert un autre univers de médiocrité avec des chaînes musicales estampillées "club" qui déversent les même "daubasses" à longueur de journée.
Avec ses adolescentes américaines qui s'exhibent à moitié nues sur fond d'électro de supermarché, l'émission "Sexy DJ" diffusée sur MCM atteint le paroxysme de la vulgarité décérébrante.
Comment voulez-vous que les médias et des animateurs comme Nagui ne crachent pas sur ce qui est assimilé à une culture de boutonneux infantiles.

"Clubbing TV" se présente comme la première chaîne dédiée aux dancefloors. Un rapide visionnage m'a fait réaliser qu'il s'agissait en fait d'un énième torrent à tubes estampillés électro.
On aurait pu espérer des idées judicieuses comme la captation de live sets de DJ's ou de show-cases, des reportages, des portraits d'artistes, des sagas sur l'histoire de la musique club. Rien de tout cela. On fait dans le "cheap" à moindre coût.

On pourrait multiplier les chaînes musicales que l'on ne ferait pas avancer d'un pouce la culture dans ce pays puisqu'elles proposent toutes à peu près la même recette.
Lorsque le matraquage devient à ce point mono-culturel, il n'y a rien à espérer sur l'éducation musicale des futures générations, des futurs DJ's et des futurs producteurs.

La France cherche à s'inspirer du modèle allemand sur le plan économique, elle pourrait également réfléchir sur les fondements de la richesse insolente de la scène musicale germanique.

Vivement que des programmateurs de bon goût prennent en main les choses et présentent la culture club sous un aspect plus original et légèrement intellectualisé, lui conférant la crédibilité et le respect dont bénéficient le rap et le rock qui, eux, ont su se fabriquer un univers, une histoire avec leurs icônes de référence.
Si certains responsables de chaînes musicales lisent ce blog, qu'ils me contactent car ce ne sont pas les idées qui manquent.


Passé ce coup de gueule salvateur, parlons de ce set totalement conçu pour redémarrer l'année en douceur, passées les traditionnelles agapes.
Je l'ai intitulé "Italian Riviera" car fortement connoté italian disco-funk.

1/ DRIZA BONE "Real love" : j'ai déjà tout dit sur ce duo de producteurs anglais à la carrière éclair. Ce titre de 1991 ne fut pas signé en France, mais trop sophistiqué, il n'aurait eu aucune chance de percer.

2/ WILLIAM DeVAUGHN "Be thankful for what you've got" : du lourd, du très lourd, un remix rare de David Todd qui surpasse la version originale. Un classique immortel du Patch Club.
MASSIVE ATTACK réalisera une version décevante en 1991.

3/ AURRA "You and me tonight" : C'est le dernier tube de ces ex-membres du groupe SLAVE.
Ce Midnight Mix réalisé par Timmy Regisford est un autre grand classique du Patch, l'un des derniers avant sa fermeture à l'été 1986. Ce club n'aura pas eu la chance de vivre les premières heures de la house music.

4/ DONNA ALLEN "Joy and pain" : j'ai découvert cette reprise de MAZE dans une série funk du Skyrock Skydance, me semble t-il.
C'est encore David Todd qui commet ce Dance Mix.

En 1975, alors DJ à l'Adams Apple de Manhattan, Todd ne cessait de relancer le musicien Van McCoy afin de l'inviter à découvrir une nouvelle dance de salon, le "hustle".
Accaparé par l'enregistrement de son album, Van McCoy envoya l'un de ses sbires, Charles Kipps Jr.
Subjugué par ce qu'il avait vu sur la piste, Kipps rentra précipitamment au studio et convainquit Van McCoy de réaliser un titre dans la même mouvance. Profitant de la dernière heure de studio qu'il avait réservé, Van McCoy réalisa à la hâte avec son orchestre ce qui restera l'un des tubes fondateurs du disco, "The Hustle", titre qui atteignit la 1ère place du Top 40.
Comme quoi, ce sont souvent les projets les plus spontanés qui font florès. Je peux en témoigner.

5/ CHANGE "You are my melody" : le groupe de Jacques Petrus a régné sur le funk italien durant 5 années à travers 5 grands albums auxquels ont collaboré ponctuellement Luther Vandross, Jocelyn Brown ou Johnny Kemp.

6/ RAW SILK "Do it to the music" : un groupe de studio constitué notamment par Bert Reid, membre de Unlimited Touch, autre fer de lance du label Prelude Records.
La courte partie accapella du titre fut samplée à de nombreuses reprises.

Leur autre tube est l'explosif "Just in Time" remixé par l'inévitable David Todd.

7/ GAME "Gotta take your love" et 8/ DISCO DEVIANCE "Do it" : un one-shot italien bénéficiant d'un break mémorable qui est la pierre angulaire du bootleg qui le suit dans ce set.

9/ NIA PEEPLES "Trouble" : les tubes du Skydance s'invitent souvent dans mes sets ces derniers temps.
Remixé par Shep Pettibone, ce titre ravira les amateurs de house syncopée dans laquelle boîte à rythme et synthé-basse forment une solide armature.

10/ BLACK BOX "Ride on time" : je pense que l'on peut attribuer à RLP le succès de ce groupe en France. Il fut le premier à diffuser et matraquer cette version originale. Il réalisera d'ailleurs certains remixes du groupe et un medley pour le label Airplay (qui doit beaucoup à son partenariat privilégié avec la radio Skyrock).

Rapidement, le sample empli de rage de Loleatta Holloway piqué sur "Love Sensation" fut interdit et le disque ressortit dans une version rechantée bien moins convaincante.

11/ BLACK BOX "Strike it up" : les roulements de tambours sont empruntées à la version disco de "Reach out (I'll be there)" des Four Tops réalisée par Gloria Gaynor en 1974.
Quant à la voix, il s'agit de celle de Martha Wash et, détail extraordinaire, elle n'est même pas créditée !
La version de DJ Lelewel (que j'ai pas encore incluse dans l'un de mes sets) est l'un de mes classiques du Top Dance Megamix.

12/ LONNIE GORDON "Gonna catch you" : le Pub Mix est plus commercial avec son riff d'orgue et de cuivres inspirés par le couplet de "Reach out, i'll be there" des Four Tops (encore eux). Je préfère toutefois ce Philly Mix aux sonorités garage.

13/ LAST RHYTHM "Last rhythm" : une sorte de balearic-house made in Italy. Cette version vocale de 1992 est un remix de l'original instrumental sorti deux plus tôt.
Le single "Open your mind" est dans la même veine.

14/ THOMPSON TWINS "Come inside" : final assez violent avec un remix rave de ce titre du groupe de new-wave anglais à qui l'on doit les excellents "Love on your side", "Hold me now" ou l'arabisant "The gap".

vendredi 11 septembre 2009

N° 35 : A little bit of jazz (UK garage, Ian Pooley, Roy Ayers, Doug Willis)

Set non disponible




Et finalement, je pus reprendre ma route sur les chemins tortueux du Web, un monde pénétré en 1999 et dont la grosse bulle spéculative qu'il avait créé comme un remarquable imposteur explosa en 2003, finissant par me jeter à terre alors que j'y avais trouvé parfaitement mes marques.
La Providence se décida à se pencher sur mon sort en 2008. Mais juste quelques doigts d'une main tendus pour que je puisse sortir la tête des sables mouvants. C'est ce mois de juin 2009, au point culminant de la crise économique, qui choisit de modifier mon destin, confirmant un parcours professionnel atypique, inqualifiable, irrationnel, hors du commun...celui d'un parfait iconoclaste (malgré lui).
Dieu sait bien que j'aurais souhaité une belle carrière au sein de la radio Skyrock, même quittant l'antenne, mais personne n'a voulu imaginer que je pouvais être autre chose qu'un animateur farfelu. Quoique le rap aurait fini par me faire déguerpir, par dépit ou par dégoût.

Alors je peux maintenant entrevoir la possibilité d'un retour à la production musicale pour fin 2011.
D'aucuns disent que c'est une folie douce que de croire vivre de la musique mais j'ai frôlé de si près le but en 1998 que je garde la foi dans ce pays où "tout redevient possible" d'après ce que j'ai cru entendre, un jour de mai 2007.

Comment fêter une petite résurrection ? avec un peu de jazz et ce petit clin d'œil à NICK STRAKER BAND.

1/ ROACH MOTEL "The night" : une production très garage signée Farley & Heller en 1996. Pour une fois, c'est une voix mâle et suave (Paul Alexander) qui porte ce titre. En 2000, les italiens de LIMOS ne manqueront pas d'emprunter l'accapella et de le faire remixer sur un "balearic beat" par un Kevin Yost renouant avec la magie des arrangements de son délicat premier album ("One starry night" - 1998).

2/ IAN POOLEY "What's your number" : A l'instar du ricain DJ Sneak, sans doute le plus prolifique des producteurs allemands. Signé en 1998 sur V2, le label dance de Richard Branson, il sort l'album "Meridien" qui contient ce joyau remixé par la fine fleur du nu jazz allemand, Jazzanova, l'une de mes teams favorites.

3/ INDO "R U sleeping" : parfait exemple du 2-Step, un garage au tempo syncopé et speedé sur des loops R'n'B ou Drum'n'Bass. Je n'ai jamais vraiment accroché au style mais ce mix du classique de INDO vaut le détour. Il est vrai que le UK garage et sa variante 2-step sont nés de la fâcheuse habitude des DJ's anglais à pitcher à mort des titres soulful U.S. pour satisfaire une clientèle éméchée et sous extasy.

4/ DSK "What would we do?" : plus convaincant, ce remix UK Garage signé de l'expert en la matière, Grant Nelson. Cependant, je garde un faible pour les mixes américains de Steve Silk Hurley et d'Eric Kupper datant des années 1991-92.

5/ BYRON STINGILY "Testify" : comme une ressemblance avec le couplet de ce titre de George Benson, vous ne trouvez pas ? Cette parenthèse mise de côté, un grand titre garage remixé par Jazz'n'Groove et chanté par l'ex-lead singer de Ten City et sa voix de fausset si caractéristique.

6/ DONNA ALLEN "He is the galaxy" : une version qui reprend quasi intégralement la fabuleuse ligne de basse de "Expansions" de Lonnie Liston Smith (1979). Les STETSASONIC avaient montré le chemin façon hip-hop en 1988 avec le classique "Talkin' all that jazz".

7/ Et le jazz dans tout ça ? nous y venons avec SCOTT GROOVES presents Roy Ayers "Expansions", une transition digne d'un DJ fainéant mais avouez que je ne suis pas coutumier du fait. La reprise est signée du xylophoniste Roy Ayers, un musicien qui n'a jamais perdu le contact avec la musique club (des collaborations avec les Masters at Work et Mousse T).

8/ DOUG WILLIS "Dougswana" : "Joey Negro est grand, Joey Negro est très très grand" ! Pastichant un Patrick Montel en crise d'histrionnisme devant la chevauchée fantastique d'un Hicham El-Gerrouj en finale du 5000m aux J.O. d'Athènes en 2004, je joue les thuriféraires devant le talent de ce producteur anglais aux multiples facettes. Il y a de quoi encenser un homme d'une telle longévité artistique, un sorcier à l'aise dans tous les styles, y compris ce titre afro-jazz avec le chanteur-batteur zimbabwéen Zeke Manyika.

9/ SAX MACHINE "Love is the message" : énième reprise du titre de MFSB mais version "de luxe" réalisée par l'autrichien Peter Rauhofer, producteur de Danube Dance et Club 69. Aux claviers, Eric Kupper de la team Def Mix Productions.

10/ BELEZAMUSICA "U got me spinning" : première figuration d'un mix de Seamus Haji dans mes sets. Il y en aura d'autres. Dans une autre vie, Haji fut le compilateur de la série "Jazz in the House" pour le label anglais Slip'n'Slide mais il a résolument pris le virage électro... retrouvant exceptionnellement la vibe pour les remixes de Belezamusica. Alors, tentez de vous procurer leur reprise du tube de Roy Ayers, "Running away", la magie y est aussi grande que sur ce titre déjà entré dans l'Histoire.

vendredi 30 janvier 2009

N°3 : From Underground to Paradise (Shawn Christopher, Kathy Sledge, Donna Allen)

Set non disponible






Ce 3ème set propose une remontée progressive des bas-fonds de l’ «underground house» vers le «paradis des harmonies» où foisonnent somptueuses mélodies et voix de divas.


Lorsque j’écoute les nombreux sets qui jalonnent la Toile, je constate souvent qu’ils sont totalement dénués de parties vocales et d’arrangements flamboyants. Parfaitement calibrés pour des soirées d’initiés, des soirées où le dub, la rythmique ou le gimmick priment sur l’émotion de la voix, ils deviennent vite ennuyeux pour des gens comme moi.

De là à dire pis que pendre sur ce genre de sets, il n’y a qu’un pas de danse que je franchis. Combien de fois ai-je entendu dans la bouche de DJ’s : «je vais pas m’emmerder avec les voix, je joue que les dubs» ou, pire encore, «les voix, ça gêne le mix».
N’y a t-il pas une certaine facilité à ne jouer que des titres qui peuvent s’enfiler comme des perles sans risque ? En matière de house, je considère qu’un set doit être une fête, une communion avec le public et non un prétexte à se faire plaisir en mixant une litanie d’instrumentaux.

Cela étant, admettons que, si les remixeurs fabriquent systématiquement des dubs, c’est qu’il y a une clientèle pour ça.

Alors, sans doute que mes sets sont autant faits pour être écoutés que pour être dansés. Mes maîtres sont les «Frankie Knuckles» , les «Louie Vega» et tous ceux qui ont l’audace de mélanger les styles, de casser le tempo et surtout de glisser des accapellas bien sentis sur les instrumentaux.


1/ J’ai choisi de démarrer du tréfonds de l’underground par le Clichy’s Mix du «Felix Yo !» de ALËEM, production française du label Pro-Zak Trax.

2/ Très vite, le bone-apella de «Work it to the bone» de LNR. vient s’imbriquer pour un court «mash-up».

3/ David Morales rend une copie parfaite avec le remix de «Let’s get busy» des suédois de CLUBLAND dont les titres reviendront très souvent dans mes futurs sets.

4/ SANDEE «Notice me» : Une des toutes premières productions de Clivillés & Cole, encore très underground.

5/ COLDCUT feat. LISA STANSFIELD «People hold on» : excellent remix signé Eric Kupper, membre historique de la team DEF MIX, l’homme des claviers, celui qui donne la touche jazz-garage aux mixes de Morales ou de Knuckles.

6/ Le Final D-Mix de «That’s the way of the world» de D MOB est l’un des titres-cultes de l’œuvre pléthorique de David Morales, un mix qui a provoqué en moi cet amour maîtrisé pour ce genre musical malheureusement (ou heureusement ? ) zappé par la France. Ça n’est pas faute d’avoir vanté ses vertus au micro de SKYROCK. Le «garage» compte beaucoup de sous-productions ennuyeuses mais lorsqu’un chef d’œuvre surgit, il est là pour l’éternité.

7/ LIL' LOUIS «Birds and trees» : ce bootleg acheté au magasin VIBE STATION de le Rue du Faubourg St-Antoine (Paris) est une énigme. C’est la face B d’un maxi contenant 2 mixes originaux de «Club Lonely». La pépite serait donc cette face B à la loop sale et au riff de piano jazz qui semble provenir d’une vieille production house.

8/ Pour CODE 718 et «Equinox», j’avoue que j’ai copié. Copié une idée entendue dans un set de Paul Armstrong pour la Max Party. Copier, c’est bien mais améliorer l'idée est plus louable. C’est sans doute l’un des mash-ups qui m’a demandé le plus de travail entre stretching, pitching et effets sur l’accapella de «Tears» mais je pense que le résultat est au bout.

9/ Je me permets la fantaisie de rehausser d’un demi-ton le cri langoureux de Robert Owens pour faire la transition avec JAMIROQUAI «Emergency on planet earth». Les Masters at Work m’avaient un peu déçu sur leurs remixes mais Danny Tenaglia sauve la mise avec de nombreux mixes garage classieux dont ce «Fingertips dub».

10/ KATHY SLEDGE «Heart» : immersion dans le «Paradis des Harmonies» avec une version dub légendaire de Roger S. Légendaire, certes, mais difficile à mixer, le tempo se permettant quelques libertés dues, sans doute, à un gros charcutage en editing.

11/ SHAWN CHRISTOPHER «Don’t lose the magic» : le break est interminable, laisse 10 000 fois le temps de mixer mais je ne pouvait pas vous priver du solo de piano électrique de fin dont je présume que la paternité revient à Eric Kupper, Morales n’étant pas un clavier mais un spécialiste des rythmiques.

12/ Une «Double priority» comme j’aurais dit à l’antenne de Skyrock avec «Make my love» remixé par le suédois Stonebridge. Décidément, cette école suédoise ne finit pas de nous étonner avec aujourd’hui Axwell, Sebastian Ingrosso, Steve Angello et Eric Prydz. Comme je l’ai souvent écrit, ce sont les pays européens où le système scolaire donne la plus grande part aux activités culturelles qui nous sortent les meilleurs producteurs (Allemagne, Suède, Islande, Norvège…).

13/ DONNA ALLEN «He is the joy» : A l’heure où les productions gospel-garage de qualité font figure d’événement (on les compte sur les doigts d’une main chaque année), ce mix des URBAN BLUES PROJECT est l’un des 10 chefs-d’œuvre de la décennie 90. De ce que j’ai entendu récemment, seul le «He is» de COPYRIGHT et le «Never Again» de KATHY BROWN le disputent en puissance avec ce titre.
La base musicale de "He is the joy" reprend en grande partie le "Whistle Bump" d'EUMIR DEODATO (comme beaucoup d'autres mixes garage).

14/ DONELL RUSH «Symphony» Début d’un triptyque spécial E-SMOOVE, fidèle lieutenant de Steve Silk Hurley. Lui aussi peut se targuer d’une œuvre pléthorique et qualitative en matière de remixes. Je possède d’ailleurs pratiquement tous les mixes de ses débuts. Toujours présent en complément des mixes de Steve Silk Hurley, il lui est parfois arrivé de dépasser le maître. Ce sautillant mix de «Symphony» en est la preuve et son collègue Maurice Joshua ne s’est pas privé de le jouer en boucle pendant 10 minutes dans son set pour la Max Party.

15/ THE BEATMASTERS «Dunno what it is» : remix nerveux, efficace, toujours facile à mixer, totalement dans l’esprit d'Eric «E-smoove» Miller et c’est pour ça qu’il est l’un de mes remixers préferés.

16/ MICHAEL JACKSON «Remember the time» : avant de sombrer, Michael Jackson aura eu la chance de voir les titres de son album «Dangerous» remixés par des pointures (Tommy Musto, Steve Hurley, C & C Music Factory, Frankie Knuckles) même s’il a échappé aux Masters at Work et à Morales. E-Smoove se montre ici totalement flamboyant et son remix est, de très loin, le meilleur du maxi.