vendredi 19 septembre 2014

N° 220 : 100% Pure House (Sonny Fodera, Changing Planes, Kraak & Smaak...)




Encore un set qui mélange vieilles gloires et nouveaux talents, mais c'est ce qui visiblement fait ma marque de fabrique selon vos commentaires :-)

1/ CRYSTAL WATERS "100% Pure Love" : même s'il elle apparaît encore épisodiquement dans des featurings (Destination Unknown-ou Calabria, au choix-en 2007), c'est bien au début des années 90 qu'elle caressa des orgues Hammond de la renommée avec cette voix rauque et nonchalante qui la caractérise, notamment sur le tube Gypsy Woman qu'un odieux cover du label Flarenasch priva des places d'honneurs du Top Dance.
100% Pure Love est extrait de son 2e album Storyteller paru en 1994.
Je pense que ce Club Mix assez bordélique dans sa construction est l'oeuvre des producteurs originaux, les Basement Boys.

2/ DEEE-LITE "Groove Is In The Heart" : le producteur américain Gigamesh nous a proposé quelques remixes de bonne tenue comme l'éternel hymne baba cool Dreams de Fleetwood Mac, Cooler Than Me de Mike Posner ou les très récents Pump up the Kicks de Foster The People et Sun de 2 Doors Cinema Club.
C'est l'un des meilleurs ambassadeurs de cette nouvelle vague indie dance qui fait fureur actuellement avec les remixes de Lilly Wood & The Prick et Mr Probz (par Robin Schultz) ou bien Clean Bandit et Likke Li (par The Magician).
Et concernant le hit de Deee-Lite, le lifting est particulièrement réussi grâce notamment à la petite touche "Space Disco" (un style apparu en Italie à la fin des années 70 et dont les représentants actuels se nomment Todd Terje, Lindström ou Prins Thomas).

3/ SONNY FODERA feat. Ari lourdes "Everything You Want" : le très prolifique pape de la deep-house australienne a démarré sa carrière il y a 3 ans dans un style "jackin' house" en collaborant notamment avec Cajmere et c'est en producteur matois qu'il a choisi de s'orienter vers la deep. En récompense de cette décision judicieuse (trop speed, la jackin' house me lasse très vite), je le programmerai régulièrement dans les prochaines semaines.

4/ FCL "Let's Go Seven" : une deep-house cette fois-ci en provenance de Belgique (une fois n'est pas coutume hélas). Les loops de Traktor permettent de faire durer le plaisir sur l'accapella de l'intro.
Leur nouveau single It's You est sorti récemment sur Defected Records avec notamment un excellent remix de Mousse T (bientôt programmé).

5/ DISCLOSURE feat. Sinead Harnett "Boiling" (Medlar Remix) : ce duo anglais composé des deux frères Lawrence annonce peut-être un renouveau du garage bien que leurs titres les plus populaires (Latch, You and Me) n'aient rien à voir avec ce style. Tel un éternel optimiste, je crois encore à l’avènement de ce style. Quand je fais écouter des morceaux à des amis ou des relations, ils me disent souvent "Putain, c'est vachement bien. J'entends jamais ce genre de truc !"... et pour cause, les radios font de la rétention, trop soucieuses de perdre des auditeurs (car les patrons de radios ne sont que des financiers, pas des directeurs artistiques) et avec la disparition de notre maître Frankie Knuckles dont les remixes signés Director's Cut avait laissé entrevoir de grands espoirs, je crois que la messe est dite (L'émission Le Supplément sur Canal+ avait quand même diffusé un hommage à l'artiste cet été).
Pour en revenir à Disclosure, il est tout à fait urgent de se procurer la "Special Edition" de Settle, qui reste l'un des meilleurs albums de musique club de l'année, 11.99€ pour 37 titres et remixes dont certains ont déjà conquis les sybarites de la house music.

6/ JANET JACKSON "That's The Way Love Goes" : pour l'enchaînement, les accords de Disclosure m'ont immédiatement orienté vers ce fameux remix garage de CJ Macintosh qui porta à l'empyrée le titre original en 1993.

7/ NYDC "Up In This House" : alliance de New York et de Washington DC, Danny Tenaglia et Deep Dish sont pressentis pour avoir réalisé ce titre et il est vrai que le son me laisse croire que Tenaglia était au mix. Totalement dans l'harmonie, le mix sur le gimmick de synthé de Janet Jackson était trop tentant.

8/ ROBIN S "Show Me Love" : il fallait bien que je le mixe un jour même si ce titre est "burn" dans ma tête à force de rabâchage. Quand j'avais reçu le double pack à Skyrock, cette version m'avait laissé assez indifférent.

9/ PETER BROWN feat. Ann Bailey "Let Me Go" (Changing Planes Remix) : du Robin S à la sauce 2013 avec un zeste de progressive house.

10/ KLAUE & TATZE  "Inside Me" (Changing Planes Remix) : un "double power" pour Changing Planes qui semble être à nouveau duo de remixeurs anglais. On flirte à nouveau avec les ambiances à la Kings Of Tomorrow.

11/ KRAAK & SMAAK "Mountain Top" : une réappropriation tout à fait merveilleuse de l'accapella de Walking On Sunshine de Rockers Revenge. Le trio hollandais composé des DJ's Mark Kneppers, Oscar De Jong et Wim Plug nous livre une house édénique au pays des riffs de Good Life de Inner City. Ce single a été signé sur la division deep-house (Spinnin' Deep) du prestigieux label Spinnin' Records pourtant très axé sur la trance et une électro souvent brutale... comme quoi cette house sexy, aux tempos assagis, retrouve ses atours pour séduire la plèbe abrutie par l'électro.
Et sachez que 126 BPM est une limite au-delà de laquelle le groove disparaît inéluctablement (sauf renfort de percussions).

12/ MARATHON "Movin'" (Lee's Vocal Dub) : et c'est donc fort logiquement que ce set s'achève dans cette couleur vintage avec un remix injustement méconnu de Joey Negro datant de 1990. La version originale est totalement indie-rock.

La semaine prochaine, retour furtif de la Trance après de longs mois d'absence.

vendredi 12 septembre 2014

N° 219 : A Leisurely Reprise (Ralf Gum, Disclosure, Groove Armada...)



Cette reprise "sans se presser, à la cool" signifie hélas que j'ai désormais un peu (beaucoup) de temps pour me consacrer à mes sets et mon blog. J'eus aimé un sursaut, même léger, de l'économie durant la période où j'ai pu exercer une activité, mais la bande de rastaquouères qui nous gouverne n'est manifestement pas capable d'inverser la tendance alors que son chef, archétype du petit bourgeois minable, lâche, cynique et macho, avait tant décrié le bilan de son prédécesseur lors de sa mémorable (et aujourd'hui risible) anaphore du débat d'entre-deux-tours.

Mais revenons-en au sujet qui nous rassemble ici : la musique club (de qualité, si possible).

J'ai fait beaucoup d'efforts, entrepris de longues recherches sur Beatport, Itunes ou Soulseek, écouté les mixes du samedi soir sur Virgin Radio (la seule qui diffuse autre chose qu'une bande-son tapageuse à une heure décente - et je regrette vraiment que l'émission de Better Days de Bibi sur NRJ soit reléguée à un horaire indu) pour pouvoir collecter par miracle quelques nouveautés intéressantes.
Pour qui sait faire preuve de patience et d'obstination, ces petits bonheurs sont une récompense qui se mérite alors que le vulgum pecus se contente de s'ébaubir à l'écoute des pitoyables titres "soleil" (avec Magic System en chef de file), des daubes franchouillardes de Maître Gims, Black M ou Tal et de cette dance music frelatée par les marchands de boucan que servent sans scrupules les radios FM. C'est ce qu'on appelle le nivellement culturel par le bas, car plus le peuple devient con, plus il est aisé lui faire gober n'importe quoi.

"Tout part en brioche, ma pauv' dame !", et c'est un vieux chnoque de la dance music qui vous l'dit !

1/ RALF GUM feat. Monique Bingham "Take Me To My Love" : Un Stripped Mix tout en sensualité et douceur qui illustre parfaitement cette rentrée. Monique Bingham est la voix du titre Get Another Plan de ABSTRACT TRUTH dont François K avait livré un flamboyant remix en 1996.
A découvrir également, outre le Main Mix assez similaire, la version garage de Louis Benedetti, une "maison de confiance" en la matière.
Et si vous êtes nostalgiques des ambiances jazzy de Sade, jetez-vous sur le Bigga Bingham Experience Mix.

2/ ANTONELLO FERRARI feat Jennifer Wallace "Make Room For Me" : ce Make Room For The Dub Mix aux relents disco-jazz est à mon avis plus convaincant que la version de Joey Negro, qui avait pourtant été en tête des ventes sur Traxsource en juillet 2013.

3/ DISCLOSURE feat. Sasha Keable "Voices" : j'avais déjà joué un de leur remixes (Running de Jessie Ware), mais c'est ma nièce (qui les avait vus sur scène) qui m'a vivement conseillé d'écouter leur discographie. Sans le savoir, je connaissais déjà leur titre You & Me (Flume Remix), une pub de la marque Lacoste (décidément très branchée électro-pop avec aussi le titre Embody du français SebastiAn).
Ce Voices, titre d'album, est tout à fait dans la lignée de ce que pourraient proposer les Kings Of Tomorrow ou Grant Nelson.

4/ GROOVE ARMADA "Feel The Same" : j'aurais apprécié qu'il existe une version Extended de ce titre d'album paru en 2008, les remixes très linéaires proposés par Muthafunkaz desservant totalement la chanson.

5/ BIZARRE INC "Took My Love" (Room 101 Mix) : extrait de l'explosif double pack promo de ce titre paru en 1993, follow-up parfait de I'm Gonna Get You.

6/ NELSON "FFWD" CRUZ "My House" (1989) : ça craque de partout, un vieux vinyle sans doute échappé d'une cave aux relents de moisi, bref de la bonne house des années 80 bourrée de samples. Nelson Cruz est tombé dans les oubliettes. Son tube You've Got That Touch (1991) sorti chez Airplay était nettement plus happy et R'n'B.

7/ DISCO FREAKS "Take Me 2 The Sun" (2009) : un bond de 20 ans en avant pour ce one-shot sorti sur le label des Freemasons (un énième duo de producteurs anglais... à croire que c'est le chiffre magique chez nos voisins d'outre-Manche) et mixé par ces derniers. Il est extrait de la compilation Disco Heaven du label Hed Kandi. L'accroche de la pochette annonce "A Glittering Selection Of The Sexiest Disco House" et le fait est qu'avec d'autres stars à l'affiche comme Joey Negro, Grant Nelson, Timmy Vegas ou DJ Memê, ils ne se fichent pas du client (comme c'est souvent le cas sur les compilations "house" sorties de nulle part qu'on retrouve parfois sur Itunes). Et d'ailleurs, si vous souhaitez faire une très bonne affaire en matière de soulful house, achetez sans tarder Hed Kandi Beach House 2014, 45 titres (hélas pas tous en version intégrale) + 3 mixes d'1h15, le tout pour la somme incroyable de 9,99 € sur Itunes (Pierre Bellemare n'aurait pas mieux vendu le produit !!!).

8/ KAMASUTRA "Where Is The Love" : à l'époque où il signait encore de la house italienne (bien que ça n'ait jamais été sa tasse de thé), le label Airplay nous avait gratifié de ce qui reste le plus beau clin d’œil artistique fait au tube de Stardust.

9/ KEVIN PRISE & PETER BROWN "Higher 'N' Higher" : ils nous refont le coup du sample de Mainline de Black Ivory (déjà utilisé par B. Slade sur Get Over U), mais on adore (même si c'est un peu répétitif).

10/ BINI & MARTINI "Happiness" (David Morales Dub Mix) : version déjà chroniquée pour le set N°106.

11/ WHAM! "Everything She Wants '97 : qui aurait imaginé que Todd Terry s'attaque au remix de ce monument de la variété anglaise époque brushings soyeux et impeccables ?

12/ JUNIOR SANCHEZ feat. Dajae : un hit de 1999 soutenu par la voix de la diva de Chicago Dajae, rendue célèbre par le hit Brighter Days de Cajmere (1992). L'incontournable site Whosampled.com a réussi à découvrir d'où provient le petit gimmick au synthé (et j'avoue que je n'aurais jamais trouvé) : Promises de Barbra Streisand ! il fallait oser faire de cette ballade un titre happy house ! et de cet album de Streisand produit par les Bee Gees en 1980, je n'avais (comme tout le monde) retenu à l'époque que les titres Woman In Love et  Guilty (voire Run Wild qui revient à ma mémoire).

samedi 12 juillet 2014

N° 218 : Flavour of the Old School (Mary Jane Girls, Ce Ce Peniston, Nomad, D Train...)



Dernier set avant les sacro-saintes vacances que je souhaite excellentes à celles et ceux qui pourront en prendre.
Je publierai un ou deux Top Dance Megamixes inédits d'ici fin septembre.

Ce set au doux parfum du passé démarre avec les MARY JANE GIRLS et "In My House". C'est un peu comme si les Supremes avaient survécu aux années 80 et s'étaient reconverties dans une funk-house cadencée par les boites à rythmes.
Produit par feu Rick James, ce clin d'oeil à la Motown est d'autant plus évident que ce single était sorti en 1985 sur le label Gordy (Berry Gordy étant le fondateur du célèbre label de Detroit).
Les Mary Jane Girls sont toutefois bien plus connues pour leur hit "All Night Long" (1983).

"Stop & Go" de DAVID GRANT aurait certainement échappé à mon attention si je ne l'avais pas vu à l'émission Top Of The Pops lorsque j'étais étudiant à l'Université de Londres en 1983. C'est une copie relativement bonne du style du grand Michael Jackson qui triomphait à l'époque avec l'album Thriller.
L'acmé de sa carrière fut toutefois sa remarquable ballade "Could it be i'm falling in love" en duo avec Jacki Graham.

Récupéré sur Soulseek, ce Shield Your Eyes SFO to ORD Edit de "You're The One For Me" de D-TRAIN reste une énigme, mais se révèle toujours plus facile à mixer que l'original assez instable.
Il est disponible sur Soundcloud.

MATT BIANCO "Wam-Bam Boogie". J"avais découvert cet artiste dans un style "vintage jazz" (un genre musical très couru au début des années 80 au Royaume-Uni) avec notamment le single "Whose Side Are You on?" (et la chanteuse Basia) et l'album éponyme est d'ailleurs un must have pour toute discothèque qui se respecte.

Cette version Soul de "(I wanna give you) Devotion" de NOMAD a souvent été programmée dans mes Top Dance Megamixes.
Non créditée (volonté ou non de l'interprète ?), c'est Sharon Dee Clarke ("Something Special") qui est au lead vocal.

Petite revue d'effectifs de la Dream Team de ID Productions avec "Dunno what it is"  des BEATMASTERS (E Smoove's Groovy Mix), "Keep On Walkin'" de CE CE PENISTON (Silky Soul 12inch) et "Boy You Knock Me Out" de TATYANA ALI (Maurice's Xclusive Club Mix).
Concernant ce dernier titre, empruntant l'intro magique au piano Rhodes de "Summer Madness" de Kool & The Gang, la version originale produite par Will Smith est une éminence du style R'n'B.

N'oublions pas ROBIN S et "Luv 4 Luv" dans un Old School Mix de circonstance (par Stonebridge) et WHITNEY HOUSTON "Queen Of The Night" dans une majestueuse version garage livrée par CJ Mackintosh.

Le set prend un tournant plus contemporain sur la fin avec deux missiles house très récents : CHAD TYSON "Heard It Like This" (2014 - Original Mix) et LISA SHAW "Heartbeat" (2013 - Migs Deep Salted Dub).

vendredi 6 juin 2014

N° 217 : Real Disco Gems (France Joli, Melba Moore, La Velle, Gonzalez...)




Mené à un train d'enfer, voici un set qui prend le pari de vous faire découvrir l'authentique disco des années 70 en faisant fi des sempiternels tracklistings (Boney M, Ottawan, Ritchie Family, Sylvester, Village People, Patrick Hernandez....) de ces compilations au rabais vendues dans les grandes surfaces et concoctées par des chefs de produit sans doute assez ignorants de ce style pourtant riche en joyaux inestimables.
Mais, plus grave encore, peut-être que ces mêmes compilateurs estiment que le client ne mérite pas autre chose au nom de la sacro-sainte loi des 20/80 (20% des titres représentent 80% de ce que les consommateurs veulent entendre et acheter), comme si nous étions de parfaits abrutis incapables d'apprécier ce que nous ne connaissons pas toujours.

Démarrage par un exercice de style souvent utilisé par Moroder avec Donna Summer : l'intro-ballade.
Un artifice parfait pour se placer de manière imparable en sortie de la série de slows. Les titres "Enough is Enough" (avec Barbra Streisand) ou "On the radio" en sont des exemples célèbres.
Il s'agit ici de "Come to me", premier hit de la chanteuse canadienne FRANCE JOLI, dont on n'a souvent retenu que le fabuleux "Gonna get over you".
L'arrangement ultra nerveux (133 bpm) ne laisse aucun répit et les transitions aux congas font mouche. Une voix masculine surgit soudain dans un break. Peut-elle s'agit il de Patrick Swayze, allez savoir ! non, plus sérieusement, je pencherais pour la voix du producteur, Tony Green (puisque aucun artiste n'est crédité). Georgio Moroder, Michael Cretu (Sandra) ou Frank Farian (Boney M) ne chantaient-ils pas aussi sur leurs productions !

"I'm a man" de MACHO est un reprise épique de l'original du Spencer Davis Group. Par ses riffs de cuivres, elle présente bien des similitudes avec le titre "Give me some lovin" de Kongas,  un groupe produit par Cerrone. Mais qui a copié l'autre ?
Les défenseurs de Cerrone affirment que son titre est sorti bien avant alors que les partisans de Mauro Malavasi (le producteur italien de Macho) argueront qu'il a bien trop de talent pour se compromettre dans le plagiat. Alors reste l'hypothèse d'un ingénieur du son qui aurait quitté la team Cerrone en emportant des bandes (les sons de cuivres sont presque identiques dans les deux titres). Dieu seul connait la réponse...

Autre exemple de disco tonitruant avec "Playgirl" de la chanteuse LA VELLE. J'espère que mon copain Fred qui détient les éditions de ce titre pourra récupérer quelques sous si d'aucuns d'entre vous craquent sur ce titre et vont se le procurer sur les plateformes légales.
La Velle est le cas typique de la super chanteuse de jazz à qui l'on propose de réaliser un "coup" disco en ciselant une mélodie sur mesure. Ecoutez ce final qui monte en tonalité à chaque mouvement, poussant la voix dans ses derniers retranchements. Et que dire de ces étranges breaks médiévaux à la flûte traversière. "Playgirl" fait partie des plus grands productions disco françaises des années 70 hélas très injustement méconnues... la faute aux compilateurs de pacotille à la culture 20/80 bien sûr ;-))

Vers la fin de son règne, la chanteuse CORONA (je crains qu'elle ne l'ait finalement jamais été puisque des soupçons sur la véritable interprète ont toujours plané) avait réussi avec "I don't wanna be a star" un sublime hit disco grâce à la maestria de l'incontournable Lee Marrow et son astucieuse utilisation de la rythmique de "Contact" de EDWIN STARR (que l'on retrouve juste derrière, histoire d'être sûr qu'il s'agit bien d'un sample). Les violons virevoltants sont dignes des productions de ces années bénies. Je vais encore tomber dans la nostalgie, mais quel dommage que les italiens ne soient plus capables de nous proposer cette dance music insouciante et gorgée de soleil.
A noter tout de même que le couplet de ce "I don't wanna be a star" est entièrement pompé sur "Can't fake the feeling" de Geraldine Hunt. Incorrigibles italiens !

C'est sans doute dans l'optimisme béat qui régnait à l'époque que les paroles de "Pick me up, i'll dance" ont été écrites. "Si tu viens me chercher au bord de la piste, j'irai danser" clame MELBA MOORE dans le refrain.

Auteur de tubes comme "Funky sensation" ou "All this love i'm giving", GWEN McCRAE nous livre ici "Keep the fire burning", un titre plus connoté funky et qui m'amène à trouver un enchaînement avec "Ultrafunkula" de ARMAND VAN HELDEN, le pendant obscur du tube planétaire "The Funk Phenomena". En musique, on ne peut que rarement rééditer les coups avec une idée quasi-similaire.

Cette digression se prolonge avec un remix de "Get on the floor" de MICHAEL JACKSON réalisé par Christian Diodati, remixeur au physique d'éphèbe qui a collaboré avec Mary J Blige, Angie Stone ou Alicia Keys. Ce remix a été commercialisé à l'occasion du 25e anniversaire de la sortie du mythique album "Off The Wall" (1979).
A mon sens, jamais Michael Jackson n'a pu artistiquement faire mieux que ce 5e album solo, opus bourré de hits authentiquement black réalisé cette fois sous la férule du producteur Quincy Jones, même si Thriller est le disque de tous les records.
D'ailleurs on nous ressort régulièrement des inédits que j'avoue ne jamais entendre dans les médias. Il est vrai que la source est quasi-inépuisable puisque Jackson se voyait proposer pour chaque album une centaine de titres pour une quinzaine retenus au final. Remixés à la sauce actuelle, je ne sais pas si l'on sert véritablement la mémoire de l'artiste alors qu'un Quincy Jones rappelé aux manettes (à 81 ans, il vient de produire le nouvel album de la jeune chanteuse pop-jazz canadienne Nikki Yanofsky) aurait sans doute su retrouver la verve et l'éclat des arrangements d'antan. 

Et l'on reste dans la famille avec "Walk Right Now", un tube parmi d'autres ("Can you feel it", "Lovely one", "Heartbreak Hotel") extrait de l'indispensable album des JACKSONS "Triumph" sorti en 1980.

Final dans la joie et l'allégresse de l'année 77 (et pourquoi pas cette année 77 ? après tout j'étais encore jeune, insouciant et d'un optimisme...béat !!!) avec tout d'abord "Haven't stopped dancing yet" de GONZALEZ  et ses percussions à profusion puis une curiosité sortie de mon cabinet (de curiosités) : AMADEO et "Moving like a superstar".
Amadeo est un célèbre chorégraphe basé à Paris qui, lui aussi, s'en était allé de son titre disco à l'époque où tout le monde s'engouffrait dans la brèche (ce fut d’ailleurs l'une des causes de la "mise à mort" du disco en 1979  tout comme les reprises à tire-larigot le furent pour l'eurodance en 1997). Pour un coup d'essai, ça n'est pas un coup de maître absolu puisque l'histoire ne l'a pas retenu, mais ce titre sympathique en vaut bien d'autres.

dimanche 25 mai 2014

N° 216 : Eclectic 80's (Duran Duran, Firefly, Rick Astley, Pet Shop Boys...)




Éclectiques comme aucune décade auparavant, les 80's auront tout connu : la fin du disco, victime de ses dérives et des imposteurs qui l’ont fait déconsidérer, l’avènement de la funky music puis sa désintégration dans les boîtes à rythmes, la consécration du hip-hop, du freestyle, de la house, de la new wave et de l’italo-disco avec leurs armées de synthétiseurs, des sons tropicaux de Kid Creole et de ses Coconuts, des nouveaux romantiques aux coiffures impossibles, de solides groupes tels que Depeche Mode, Simple Minds, Tears For Fears, U2, Duran Duran, Pet Shop Boys dont certains existent encore…l’explosion des radios libres, les tubes de Gold, Elegance, Bandolero, la chute du Mur de Berlin…Les années 80 auront été les dernières à maintenir le rêve enchanté avant la grande désillusion.

Il y avait encore de grands mélodistes, de grands arrangeurs, des moyens financiers à la hauteur des projets… des boutiques de vinyles et CD fleurissaient à tous les coins de rue : les chaînes Nuggets, Madison, Virgin Megastore, les parisiennes Champs Disques, Lido Musique, Discoparnasse, le Mini Club de Nuit (dont l’un des vendeurs me semblait être Phil Barney)…un disque aimé était un disque aussitôt acheté.

Puis les nouveaux médias (internet, consoles de jeux, ordinateurs, téléphones portables, Ipod) apparurent, dispersant l’offre de loisirs.
Le format mp3 ouvrit la boîte de Pandore en faisant de l’échange de fichiers et de la multiplication des copies un jeu d’enfant.

Alors que le cinéma fascine encore, que les chaînes de télé payantes spécialisées dans le sport ou les séries trouvent aisément un marché, la musique est devenue un objet sans valeur. On l’entend dans les magasins, on l’écoute dans la rue sur le haut-parleur minable d’un téléphone portable…qu’il manque la moitié du titre ou que le son soit dégueulasse, peu importe, c’est un simple bruit de fond qui accompagne notre journée.
Auriez-vous l’idée d’aller voir un film en ayant loupé le premier ¼ h, avec une image granuleuse en 4/3 et un son mono ? bien sur que non car vous êtes exigeants sur ce que vous payez 12 euros.
Mais ce mp3 qui vous a coûté zéro, qui n’a pas d’emballage, ni de pochette, dont vous ignorez qui a composé le titre, arrangé le mix, dont vous ignorez parfois l’interprète, c’est juste un fichier de plus pour agrémenter votre bibliothèque. Je ne connais que peu de gens qui m’avouent acheter des disques dans des magasins ou sur internet.

Quand un artiste a touché 5000 euros de royalties sur ce qui a été annoncé comme un « tube », il peut s’estimer heureux… il y a de quoi se décourager de faire ce métier.
Alors, seuls les DJ’s y trouvent leur compte, composant des titres à tire-larigot. Dès le premier demi-succès, ils profitent de l’aubaine pour rentabiliser les frais dans des tournées ou des sets en soirées souvent grassement rémunérés.
D’ailleurs le public qui a payé sa place n’attend rien d’autre de ce DJ qu’une démonstration technique et un étalage d’effets et de sons. On vient « voir » un DJ comme on vient voir un vrai groupe sur scène… il y a bien longtemps que le but n’est plus de faire danser les gens.
Malheureusement, les DJ’s ne sont pas des compositeurs ou des mélodistes hors-pair (sinon nous croulerions sous les tubes), ce sont dans le meilleur des cas de bons bidouilleurs ou des sound designers et les plus connus d’entre eux font généralement appel à des « nègres » pour composer et arranger leurs titres.


Dans cette médiocrité culturelle (qui touche aussi le cinéma), je traîne chaque semaine quelques heures sur Itunes, Beatport ou Traxsource à la recherche de nouvelles sensations.
Mais pour 100 titres écoutés, 1 ou 2 finiront dans ma besace, souvent avec une grande indulgence pour des mélodies tout juste acceptables… mais il faut bien renouveler ma base de données, éviter de réécouter toujours les mêmes titres entendus 500 fois, éviter de se voir ressasser par les radios toujours les mêmes rengaines…alors on fait l’effort.
Les grands mélodistes de la chanson française se font rares. Calogero vient d’offrir le magnifique «Le Soldat» à Florent Pagny, Goldman se cache et livre ses titres au compte-goutte depuis 12 ans (un nouvel album est toutefois prévu cette année), mais Obispo ne me semble plus très inspiré et Voulzy prend son temps…comme d’habitude.
Les grands arrangeurs dance (Stock, Aitken & Waterman, Shep Pettibone, Steve « silk » Hurley) sont à la retraite…Frankie Knuckles nous a quittés récemment.

On me dit que mes sets ravivent les vieux souvenirs, plongent un peu dans la nostalgie, mais vous sortent de la morosité le temps d’une écoute. Il paraîtrait qu'en mélangeant les styles et les époques, ils soient moins ennuyeux que bien d'autres. Tant mieux si mon travail apporte sa pierre à l’édifice.
J’aurais tant aimé vous faire découvrir chaque semaine de nouveaux talents, mais l’exercice se révèle impossible. Alors pardonnez-moi de faire sans cesse référence au passé comme un vieil aigri.

PLAYLIST :

FIREFLY "You Can Lead Me" - 1982
TRAMAINE “Fall Down (Spirit of Love)" - 1985
FUNHOUSE “Dancin’ Easy” (House Mix) - 1988
RICK ASTLEY “She Wants To Dance With Me” (Bordering On A Collie Mix) - 1988
DONNA SUMMER “This Time I Know It's For Real” (Pete Hammond 12'' Mix) - 1989
NARADA MICHAEL WALDEN “Divine Emotions” (Shep Pettibone Remix) - 1988
WHITNEY HOUSTON “I Wanna Dance With Somebody (Who Loves Me)” (12" Remix) - 1987
MY MINE “Hypnotic Tango” (Hypnotic Mix) - 1983
MY MINE “Hypnotic Tango” (Extended Mix) - 1983
DEPECHE MODE “Strange Love” (Razormaid Classic Mix) - 1987
PET SHOP BOYS & LIZA MINELLI “Losing My Mind” (Ultimix Dub) - 1989
DURAN DURAN “All She Wants Is” (US Master Dub) - 1988
DURAN DURAN “All She Wants Is“ (Ultimix) - 1988
2 IN A ROOM “Do what you want“ (12inch Remix) - 1989

jeudi 8 mai 2014

N° 215 : UK Soul inspiration (Maxi Priest, The Funk Masters, Western Block...)




Playlist : 

GRACE JONES "Slave to the rythm " (12inch Mix)
JERMAINE STEWART "Say it again" (Extended Remix)
MAXI PRIEST "Close to you" (Maxi Version)
DIANA BROWN & BARRIE K. SHARPE "Sun workshippers" (Steve Anderson's DMC Mix)
KLYMAXX "Good love" (Extended Hype Club Vibe)
BANDERAS "This is your life" (Less Stress Mix)
WESTERN BLOCK "Right here, right now" (Extended Twelve)
MAGNETIC SOUL "Love Suite" - samples : "Sweet love" by Anita Baker
THE FUNK MASTERS "It's over" (Decareydited Mix) - lead vocal : Juliet Roberts
IMAGINATION "Music and lights" (Maxi Single)
PM DAWN "Set a drift on memory bliss"

dimanche 27 avril 2014

N° 214 : Groovitation (Knee Deep, Marcus Marr, Young & Company...)



Playlist

YOUNG & COMPANY "I Like What You're Doing To Me"
HERLEY JOHNSON Jr. "Do It"
RON's EDITS "Heads Together" (original : O'JAYS "Put Your Hands Together")
TEN CITY "That's The Way Love Is" (Acieed Mix)
CRYSTAL WATERS "Makin' Happy" (Happy House Mix)
DJ LE ROI "Dust Of Basement" (Main Mix)
GOLF CLAP "On To You" (Kinky Movement Remix)
KNEE DEEP "Sweet Love"
LYKKE LI "I Follow Rivers" (The Magician Remix)
MIGUEL MIGS "Giving It All" (Miguel Migs Dub Deluxe)
MARCUS MARR "The Music"