vendredi 30 octobre 2009

N° 42 : Techno fiesta (Tall Paul's hardbag anthems, Axwell, Bizarre Inc., Tony de Vit...)

Set non disponible



Avant le retour d'un pur set soulful la semaine prochaine, voici de quoi se dégourdir les jambes dans l'allégresse. Une techno anglo-saxonne happy et sautillante que j'affecte énormément.

1/ BIZARRE INC "Raise Me" : un titre qui a été l'un des "berceaux" (musique de fond lors des interventions de l'animateur) de la Skyrock Max Party. Un grand assemblage de samples et un gimmick qui décape tout du sol au plafond.

2/ AXWELL "I found you" (Remode) : Le suédois Axwell est indéniablement l'un des plus doués de la jeune génération. Il fait partie de ceux que je peux écouter sans souffrir car, même d'inspiration électro, il a su garder la vibe (son concept MANBANA avec "Libre" et "No reason" + son tube "Watch the sunrise"). Le remix de Tocadisco mérite aussi votre écoute. Quant au mix original (Classic Mix), plus pop, il démontre la musicalité innée de ce producteur. L'école suédoise a encore frappé.

3/ THE DISCO FREAKS "Disco Flash" : l'une des premières signatures du label North Records crée en 1996 par BMG et dirigé par Claude Monnet. Suivra un autre tube, "Come on" de CARAYCA , réalisé par Antoine Clamaran et l'un des vendeurs du magasin de disques parisien Discoparnasse, Raymond Cazaux.

Le sample de cri utilisé provient de "Velocity Funk" de E-Dancer aka Kevin Saunderson et je suppose que lui-même l'avait samplé ailleurs.
Il amortira d'ailleurs son gimmick en l'utilisant intégralement pour les besoins d'un remix de Cameo, "Money" (Reese Revamp mix)... un culot à la Todd Terry !

4/ VALERIA VIX "Viciosa" : en pleine vague de libertinage (20 Fingers, Pussy...) dans les clubs, les italiens ne pouvaient pas être en reste. Scorpio rafle la mise avec cette Valeria Vix au pseudo d'actrice porno pour un titre tribal-house plébiscité par les DJ's français.

5/ NUSH "Move that body" : de la techno british mâtinée de piano-house. C'est simple et efficace, digne du savoir-faire de ceux qui nous appellent vulgairement les "froggies" (mangeurs de grenouilles), encore un cliché éculé qui perdure ! "Move your body" sera l'ultime single de ce duo à la carrière extrêmement brève. Dommage.

6/ LISA MAY "The curse of Voodoo Ray" : Je soupçonne le pétulant DJ anglais Tall Paul de se cacher derrière ce pseudo pour ce remix dévastateur du tube de A GUY CALLED GERALD.
Si ce n'est lui, ce ne peut être que Tony de Vit, autre fou furieux hélas décédé qui évoluait dans le même registre.

7/ CLAUDIA CHIN "Love power" : signé en toute discrétion chez Sony Dance Pool en France (je n'avais reçu qu'un white label), c'est cependant un remix magistral exécuté par l'équipe de Cleveland City Records. Pourquoi cette merveille de happy house est-elle passée inaperçue ? encore un mystère inexplicable. Il faut dire que la handbag n'était pas la tasse de thé du label, ceci expliquant cela.

8/ ESCRIMA "Train of thought" : signature du label GOING GLOBAL SERIES, "branche branchée "de la major Barclay, ce titre que l'on doit à Tall Paul me rappelle une anecdote amusante. J'avais rencontré, le jeune directeur artistique de l'époque, Pierre Paparemborde et, immédiatement après les présentations, il avait tenu à préciser "qu'il n'avait rien à voir avec le rugbyman Robert Paparemborde", comme si cela pouvait représenter une honte dans le milieu très élitiste de la techno, surtout à l'époque chez Barclay (cf. l'autre label, F Communications). Il aurait été le neveu de Patrick Sébastien que j'aurais éventuellement eu des craintes qu'artistiquement il fasse "tourner les serviettes", mais face à un membre de la famille de ce guerrier du XV de France que fut Paparemborde, je n'avais pas d'a priori.
Le fait est qu'un soir de 2000, je retrouvai ce Pierre parmi le staff d'un bar branché de la Rue Montmartre qu'avait repris Robert Paparemborde ! mais sans doute avait-il quitté le petit monde snobinard des maisons de disque de l'époque.

9/ S-EXPRESS "Theme from S-Express" : un remix du spécialiste de la hardbag anglaise et précisement de la "Nu-Energy", le DJ Tony De Vit hélas disparu suite à une pneumonie en 1998. Après avoir commencé modestement sa carrière au Nightingale de Birmingham, il fut résident au Cream de Liverpool et au Ministry of Sound de Londres.

10/ PIANOHEADZ "Distortion" : un pseudo sous lequel se dissimulent Erick Morillo (Reel 2 Real, Lil' Mo Yin Yang...)) et José Nuñez (Da Mob, Smooth Touch et son hit "In my life"...). Ce remix de Perpetual Motion, largement technoïsé, est calibré pour les pistes d'Ibiza.

11/ CAMISRA "Let me show you" : A nouveau Tall Paul à l'honneur pour ce recyclage énervé du "Make the world go round" de SANDY B.

12/ D:REAM "The power" (POB vs X-AVIA Seismix) : un boys band passé à la moulinette trance par l'anglais Paul Brogden. Nous n'avions pas eu droit à ce genre de mix avec nos Alliage et autres 2Be3.

13/ D.O.P. "Groovy beat" : un vynil acheté chez Disco Gallery, petit magasin du centre-ville d'Ibiza. C'est Tall Paul et Darren Strokes aka The Goodfellos qui réalisent ce titre hardbag absolument incontournable.

vendredi 23 octobre 2009

N° 41 : Smooth beginning...brutal ending (Masters at Work famous dubs, Mousse T, CJ Mackintosh, rave anthems)

Set non disponible


D'aucuns vont crier au scandale. D'autres salueront la progression du set.
"Mais pourquoi n'est-il pas resté deep durant tout le mix !".

Eh bien, je dirais qu'en conditions "live" la règle est de varier les styles afin que l'on n'assiste pas à quelques endormissements. Une heure de pur garage et la piste se viderait irrémédiablement.

Plus de 30 ans de dee-jaying, l'analyse des sets des meilleurs DJ's mondiaux... oui ! embarquer les danseurs dans des univers toujours différents est le maître-mot pour garder leur attention. Même un Louie Vega, pourtant très soft, durcit parfois le mouvement dans ses sets.
Le dancefloor a besoin de cette progression de l'intensité des morceaux puisque le rythme cardiaque s'accélère peu à peu.

Larry Levan, David Mancuso et Frankie Knuckles n'hésitaient pas à brusquement bifurquer, un "coup de volant" qui faisait tanguer la piste et surprenait le public.
"Eclectique ou rien", leur devise est aussi mienne.

Démarrage par un petit hommage aux dubs des Masters at Work. Chacun de leurs maxis en comprenait au moins un. Souvent plus joués que leurs mixes vocaux, ces dubs avaient le pouvoir de rester captivants jusqu'au bout.
On peut donc parler de "génies du dub" alors que le dub fut longtemps un simple exercice torché à la va-vite, sans grand intérêt musical et destiné à remplir les faces B des maxis.
Quelques maîtres comme François K, Shep Pettibone ou David Morales ont brillé dans cet exercice oh combien difficile.

1/ LIL' LOUIS & THE WORLD "Saved my life" (Masters At Work Dub) : quelques bribes de phrases, un Rhodes envoûtant et le tour est joué.

2/ MASTERS AT WORK feat. India "I can't get no sleep" : titre-révélation pour INDIA, la compagne de Louie Vega. Ce titre figure encore en bonne place dans les sets des meilleurs DJ's internationaux.

3/ Mr FINGERS "What about this love?" (Masters At Work Dub) : l'original était un monument de la deep-house, les Masters conservent l'atmosphère, usant avec bonheur de ce piano électrique aux accords graves et contrariés à souhait. Bien plus que l'orgue, le piano électrique n'est-il pas l'instrument symbolique de la soulful house ?

J'incorpore l'acapella de "The player" de FIRST CHOICE, l'envie de mash-up me démangeant.

4/ LONNIE GORDON "Bad Mood" (Masters At Work Dub) : un très mauvais maxi double pack de Lonnie Gordon ("Gonna catch you", "Happening all over again") qui n'est sauvé du naufrage que par ce seul dub des Masters !

5/ LIBERTY CITY "Some lovin'" : Danny Tenaglia se surpasse dans cette sublime version deep d'un titre de MURK à l'origine plutôt casse-pieds.
Je vous propose ici la version vocale mais le must du maxi reste son "Deep State Mix" qui finira bien par venir dans mes sets.
Appréciez la qualité de la production (le "gros son" signé Danny) et le soin apporté dans les effets stéréo.

6/ INCOGNITO "Givin' it up" (Roger's Deep Dub) : amateurs de dubs, vous êtes vraiment comblés ! Extrait d'un excellent double pack sorti sur Talkin' Loud, Roger S livre pas moins de 7 versions dont ce mix récurrent dans les sets de Louie Vega. Je l'enrichis de l'acapella de "The love" par KARIZMA. Les ponctuations vocales ("bah-bah-bah !") sont piquées sur l'éternel acapella des PEECH BOYS, "Don't make me wait".

7/ JODECI "You got it" : découvert sur le triple pack du Ministry of Sound sessions 3 consacré à Clivillés & Cole (encore un indispensable !), ce remix garage de CJ Mackintosh relève nettement le niveau d'un original hip-hop peu enthousiasmant.
La house possède ce don de transformer une piquette de supermarché en Margaux Grand Cru Classé 1855.

8/ D'JAIMIN & DJAYBEE "Fever" : Sorti sur un sous-label de Scorpio en France, ce titre est remixé par le trio allemand : Mousse T- Boris Dlugosch-Michael Lange (Dj résident du Front Club de Hambourg, il a contribué à la popularisation de la house music en Allemagne).
Je pense à coup sûr que le sample du gimmick est extrait de l'intro de Let Your Feelings Show de Earth, Wind & Fire.

9/ ANN NESBY "Hold on" : Ann Nesby est la lead singer de Sounds of Blackness. Entamant une carrière solo en 1996, son album "I'm here for you" contient deux titres essentiels : "Can i get a witness" et "Hold on", tous deux remixés notamment par Mousse T.

10/ MONIE LOVE "Grandpa's party" : voilà un excellent souvenir du Skyrock Skydance ! Un "hip-house style" pourtant remixé par des maîtres du cool tempo : Nellee Hopper et Jazzy B , les fondateurs de Soul II Soul.
Monie Love, rappeuse britannique au flow imparable, avait déjà attiré mon attention avec "I can do this" programmé aussi par RLP et qui samplait l'intro de "And the beat goes on" des WHISPERS.
Je l'avais programmé régulièrement dans le Top Dance Megamix avec "Down to earth" et surtout "It's a shame" (reprise des DETROIT SPINNERS) et je vous l'ai déjà présentée en début d'année avec le fameux "Born to B.R.E.ED." dans un mix classieux de Steve "Silk" Hurley.

11/ HITHOUSE "Jack to the sound of the underground" : le pauvre Peter Slaguish, producteur hollandais auteur de ce "classique" virevoltant et bourré de samples, ne profita pas longtemps de sa gloire naissante. Il périt dans un accident de voiture en 1991, trois ans après la sortie de son seul véritable tube dont voici le Melt Down Mix, version au son prodigieux pour l'époque.

12/ TOGETHER "Hardcore uproar" : un des hymnes de l'Haçienda de Manchester et de feue la radio MAXXIMUM à Paris en 1990.
Le titre du morceau est celui de la rave party au cours de laquelle Jonathan Donaghy et Suddi Raval, les deux producteurs, firent connaissance. Malheureusement, Jonathan Donaghy décéda dans un accident de moto à Ibiza un mois après la sortie du single alors que celui-ci avait atteint la 12ème place des charts anglais, promettant une belle carrière à TOGETHER.

13/ MALCOLM McLAREN "Magic's back" : l'ancien producteur des SEX PISTOLS vend son âme au diable en s'acoquinant avec Stock & Waterman, deux des plus grands producteurs de pop-dance anglais au palmarès édifiant : des N° 1 dans le pop chart avec Dead or Alive ("You spin me round"), Mel & Kim ("Respectable"), Rick Astley ("Never gonna give you up"), Kylie Minogue ("I should be so lucky", "Hand on your heart") et Sonia ("You'll never stop me from loving you").
Ce titre parfait et totalement rave, programmé aussi dans mon Top Dance Megamix, est le thème du téléfilm "The Ghosts of Oxford Street" réalisé par McLaren en 1991 et qui relate la saga de la célèbre rue commerçante londonienne.
Au chant, une voix bientôt célèbre...Alison Limerick.

vendredi 16 octobre 2009

N° 40 : Patch Club Classics (Bobby Thurston, Maxine Singleton, War, T-Connection...)

Set non disponible



Coïncidence, l'un des employés du Patch, aujourd'hui exilé en Alsace, vient de m'écrire, ayant trouvé mon blog lors d'une recherche sur ce club légendaire dans Google.
Curieusement, il ne m'avait pas identifié alors que nous nous connaissions très bien et allions ensemble le dimanche soir dans ces fameuses soirées du Palace qui ont forgé une grande partie de ma culture musicale.
Au passage, merci encore à ce DJ blond et inconnu qui mixait comme un dieu des titres insignes, du haut du balcon gauche de la scène. Sans lui, je crois que mes fins de semaines auraient été moins flamboyantes.

1/ WAR "Galaxy" (Original 12") : pour démarrer ce set, une version disco assez rare de "Galaxy", titre mythique et populaire de 1978. Et pourtant, son ambiance plutôt jazz l'aurait plutôt destiné à un public de connaisseurs. Mais la clientèle du Patch Club, habillée sur son 31, les oreilles éduquées par les "messagers du groove" qu'étaient les propriétaires, se jetait sur la piste dès les premières notes de l'intro.

Imaginez un tel disque produit en 2009 ; il n'aurait même pas les honneurs des charts, restant l'apanage de DJ's audacieux et éclectiques sévissant dans quelques bars musicaux très pointus.

2/ BOBBY THURSTON "You've got what it takes" : le switch parfait entre disco et funky music. Un album éponyme à la gravure et au mixage exemplaires. Maintes fois joué au Patch Club, il faut aussi un hymne du Palace. Le solo de guitare de l'ad lib est un des plus grands moments de la musique club. Il est signé Rodney Brown, mixeur du titre et producteur d'autres perles comme :
  • Can you handle it (Sharon Redd)
  • Love fever (Gayle Adams)
  • Check out the groove (Bobby Thurston)
Le jour où un producteur s'avise de sortir un single de ce calibre, qu'on me prévienne immédiatement.

3/ D TRAIN "You're the one for me" : un "Mastermix" de Shep Pettibone, producteur déjà longuement évoqué dans ce blog.

4/ MAXINE SINGLETON "You can't run from love" : deux tubes et puis s'en va. Ce maxi purement funky de 1982 est emblématique du son "Patch Club". Il est produit par Curtis Hudson, un producteur dont je vous reparlerai bientôt avec "Body Work" de HOT STREAK, autre titre historique.

5/ T-CONNECTION "Girl watching" : la particularité du Patch Club était d'acheter les albums des artistes plutôt que les maxis et de décortiquer chaque titre pour fabriquer les tubes "maison". Jamais sorti en single et figurant sur l'album "Pure & Natural" de 1982, "Girl watching" est de ceux-là avec ce swing imparable qui caractérise les productions de T-Connection ("Do what you wanna do", "At midnight").

De nos jours, les versions des albums (quand ceux-ci existent) sont produites en format court, l'armada de remixes des tubes potentiels qu'ils renferment précédant généralement leur sortie.

6/ ANTIGUA MANAGUE "Do that funky groove" : on ne quitte pas tout à fait les années 80 avec ce "double A-Side maxi" de 1995 produit par Don Carlos ("Love and devotion"). Le sample est pris sur "Check out the groove" de Bobby Thurston qui figure dans le même album que "You've got what it takes".

7/ JOEY NEGRO "What a life" : L'anglais est décidement inévitable dans mes sets. Voici sa relecture d'un vieux tube français signé des GIBSONS BROTHERS. Leur plus gros succès, "Cuba" (1980) obtint 14 disques d'or et fut N°1 dans 16 pays, se classant à une honorable 9ème place dans le Billboard américain. On notera également "Que sera mi vida" (5 millions d'exemplaires vendus) et "Better do it salsa" mais on oubliera leur travail sur "T'as le look Coco" de Laroche Valmont !

8/ NUYORICAN SOUL "Runaway" : un remix de Mousse T d'un titre figurant sur l'indispensable album des Masters at Work, "Nuyorican Soul" (1997), constellé d'hommages à tous ceux qui ont bâti leur culture (Roy Ayers, Tito Puente, Vincent Montana Jr., George Benson, Rotary Connection...). "Runaway", chanté ici par India est une reprise sur THE SALSOUL ORCHESTRA dont la chanteuse était Loleatta Holloway.

9/ BETTY FORD PROJECT "Wanna touch me" : une production des Rhythm Masters qui emprunte la ligne de basse de "Running away" de Roy Ayers, hit de 1978 dont Seamus Haji a d'ailleurs réalisé une excellente version pour BELEZAMUSICA en 2004.

10/ MOUSSE T vs HOT 'N' JUICY "Horny" : Boris Dlugosch rend la pareille à son pote Mousse T pour ce remix classe et jazzy de l'un des tubes planétaires de l'année 1997.

11/ THE NIGHTCRAWLERS "Push the feeling on" : le mix original avait conquis le monde, la version de MK pare l'arrangement d'un refrain choral qui hausse le niveau. Peu satisfait par l'arrangement original, je réédite légèrement le titre à ma sauce, la partie aux accords "garage"arrivant beaucoup plus tôt.

12/ DEE "Feeling hm-pa-paa-paaa" : le duo B. Dlugosch-Mousse T nous livre un dub underground "à la Masters at Work" avec des accords de piano Rhodes entêtants et une charleston, véritable salisson qui ordonne la mesure.

vendredi 9 octobre 2009

N° 39 : Diving in the underground (Underground Sound Of Lisbon, Rollo, George Morel, The Boss...)

Set non disponible



1/ S.S.R. "To be house" : une des premières "italieneries" que j'ai jouées dans mes Top Dance Megamixes. J'avais été séduit par cette utilisation intéressante du "Can you feel it" de Mr Fingers (un monument de la deep-house) auquel Bortolotti avait fait ajouter une nouvelle mélodie.

2/ CE CE ROGERS "Brothers and sisters" : "joué par Maurice Joshua dans son set pour la Max Party ! ". Comme le ferait l'appellation "Vu à la télé", c'est un titre qui doit rassurer l'auditeur par sa qualité supposée... et vous ne serez pas déçus ! Ce House mix est l'œuvre de Kerri Chandler, l'un des plus prolifiques producteurs américains avec bientôt 20 ans de carrière au compteur.

Ce Ce Rogers est l'auteur du classique tube garage-gospel "Someday" sorti en 1987 et produit par Marshall Jefferson. Chanteur à messages, il restera cependant dans la pénombre de l'underground, capté une seule fois par la lumière des projecteurs lors de la sortie du single "All join hands" remixé par David Morales en 1990.

3/ MOREL'S GROOVE PT. 7 "A touch of jazz" : les 11 volumes des Morel's Grooves ont fait le bonheur du label Strictly Rhythm. Très inégaux, ils restent l'apanage de la frange la plus underground des house lovers. J'ai saupoudré ce titre de l'acapella de "The time is now" de MOLOKO.

4/AMIRA "Walk" : le turco-allemand Mousse T. propose un arrangement dans la lignée du phénoménal remix de "Keep pushin'" de BORIS DLUGOSCH, titre qui l'avait fait connaître en 1995.

5/ THE HED BOYS "Girls + boys" : Joey Negro et son acolyte le Docteur Livingstone sévissent encore. Le sample du gimmick m'évoque immédiatement "Jingo" de CANDIDO et je réalise donc un mash-up pour l'occasion.
Autre sample : "Girls out on the floor" de Jesse Velez (1985) , un obscur (un de plus !) titre house sorti sur le label de Chicago, Trax Records.
1985-1987 : trois années de grand flottement dans la dance music, 3 années d'errances dans ses conjectures, la funky music agonisant avec avoir pactisé avec les boîtes à rythmes, la house music balbutiant en proposant des titres musicalement plus que discutables.

Finalement, c'est lorsque cette house a commencé à devenir écoutable pour le plus grand nombre que Skyrock et RLP lui ont offert une formidable tribune avec le Skydance, me permettant d'accrocher in extremis le wagon de queue au lieu de bifurquer vers une autre vie plus pépère et emplie de nostalgie.

6/ FREAK POWER "Turn on, tune in, cop out" : l'analogie entre les deux arrangements (notamment la ligne de basse) m'amène tout naturellement à enchaîner sur le seul tube de ce groupe créé par Norman Cook (Fatboy Slim). Le remix est signé des PLAYBOYS, duo dans lequel on retrouve John Reid (Pizzaman, Nightcrawlers).
"Turn on, tune in, cop out" est un détournement du slogan hippie des années 60 "Turning on, tuning in and dropping out" qui signifie "S'exciter, se brancher et tout plaquer", un beau symbole solipsiste.

7/ UNDERGROUND SOUND OF LISBON "So get up" : au milieu des années 90, on sut que Lisbonne était la nouvelle place chaude de la house européenne, une capitale capable de supplanter une Ibiza à la réputation surfaite. Ce premier "scud" signé chez l'honorable maison TRIBAL AMERICA aurait pu être le signe annonciateur d'une "portuguese touch" mais il n'en fut rien. Cependant, l'ambiance nocturne semble y être prometteuse et cosy : www.golisbon.com/night-life/clubs.html

8/ Mr & Mrs SMITH "Gotta get loose" : pas de Brad Pitt et d'Angelina Jolie ici mais une production méconnue du label Hooj Choons fondé par le DJ Jerry Dickens pour arrondir ses fins de mois. La gloire viendra en 1992 avec le tube de Felix "Don't you want me" concocté par Rollo (Faithless). Hooj Choons est assez emblématique de la handbag house avec des artistes comme JX ("Son of a gun"), Andronicus ("Make you whole"), Tin Tin Out ("The feeling") ou Hyper Go Go ("High").

9/ THE BOSS "Congo" (D Max Mix +) : un set underground sans Morales perdrait de sa saveur. Un rythme batucada emprunté au "Give it up" des GOOD MEN ou bien au "Batucada" de DJ DERO ? qui sait. Le cri est celui de Loleatta Holloway sur "Crash goes love", morceau dont le précieux acapella a été utilisé pour le tube de SPACE MASTER "I need you"et le "Witch Docktor" de Armand Van Helden, pour n'en citer que quelques-uns.
Je réalise un mash-up avec l'acapella de"I pray" par ALYSHA WARREN.

10/ REEL 2 REAL "Can you feel it?" : de la même veine que les 3 premiers titres du groupe. C'est cependant le dernier tube en France, le concept ayant sans doute fini par lasser.

11/ COOL JACK "Jus' Come" : un très efficace remix des Rhythm Masters qui reprend un gimmick conçu par Todd Terry et utilisé - avec un culot monstre - par ce dernier sur différents remixes d'artistes au début des années 90. Cette production sortie sur le label Airplay en France en 1996 est restée très confidentielle, les mixes "hard house" de Sharp et des Rhythm Masters n'ayant pas été retenus.

12/ THE O.T. QUARTET "Hold that sucker down" : Encore un chef d'œuvre de Rollo avec ce titre "trance" qui bénéficiera d'une importante série de remixes dont ce Brutal Mix. Finaud comme pas un, le label français Happy Music signera l'une de ses plus belles réussites commerciales, empochant le jackpot dans la foulée avec les tubes de FAITHLESS et la série des Rollo :
"Rollo va au Camping"
"Rollo devient mystique"
"Rolo devient spirituel"

Le mix étant totalement instrumental, je glisse furtivement l'acapella de "Keep it comin'" par C & C MUSIC FACTORY.

13/ FAITHLESS "Insomnia" (Monster Mix) : de retour de Londres avec le joyau, j'avais réussi à convaincre mon Directeur des Programmes de le jouer avant tous nos concurrents des gros réseaux FM. Une des rares fois où j'ai pu imposer un titre totalement underground sur cette radio alors d'une frilosité croissante.

Amateurs de groove, le funk des années 80 revient en force la semaine prochaine.

vendredi 2 octobre 2009

N° 38 : Definitive dancefloor anthems (garage divas, Joey Negro anthems, italian disco...)

Set non disponible



1/ KATHY BROWN "Never again" : doté d'une ligne de basse mémorable et d'une intro à rougir d'émotion, c'est sans aucun doute, l'un des 10 meilleurs titres garage que le nouveau siècle nous ait offert. Au casting de la "Nouvelle Star", Manu Katché aurait jubilé en lançant sa phrase favorite "elle envoie le bois", Marianne James se serait agenouillée devant la performance. Mais, il ne s'agit pas ici d'une inconnue.

Kathy Brown est une des divas historiques de la house et surtout de la scène garage. Je l'avais découverte comme nous tous avec "Can't play around", une production des Masters at Work sortie en 1993 puis avec "Turn me out" de PRAXIS l'année suivante. En 2006, elle sortira "Get another love" sur le label Defected mais ce "Never Again" reste le must absolu. Cette version "reprise", à l'intro fabuleuse, est réalisée par Copyright, duo de producteurs anglais encore cité dans mon Garage Top 10 après "He is".

2/ DAWN TILLMAN "Steal away" : autre diva pour un titre qui figure sur la très recommandable compilation Ministry Of Sound Session 9 concoctée par Eric Morillo (Reel 2 Real) en 1998. Il y pléthore d'excellents titres à déguster en versions non mixées.

3/ CHICAGO "Street player" : Avec EAGLES ("Hotel California"), CHICAGO restera pour moi emblématique des série de slows des "booms" mon adolescence. En 1976, si empressé de le posséder, j'avais fait voler le fameux 45t "If you leave me now" par un copain dans un magasin de ma banlieue, préservant ainsi la morale que l'on m'avait inculquée à l'école jésuite.

Sorti en 1979, l'album "Chicago 13" n'était pas brillant. Selon Wikipédia, il apparaît d'ailleurs comme le moins bon de tous ceux que le groupe avait sortis. Il n'avait pas pour vocation de séduire les DJ's en clubs, le groupe étant très connoté pop/jazz-fusion, mais l'intention de se raccrocher au wagon disco était perceptible. Preuve en était avec ce "Street player" sorti en maxi 45t avec un break instrumental rallongé au maximum.

En 1995, pour les besoins d'un nouveau titre sous le pseudo de BUCKETHEADS et servis par leur immense culture musicale, les Masters at Work ont l'idée de génie de sampler l'intro aux cuivres, une phrase du premier couplet et quelques bouts glanés à droite, à gauche sur ce morceau-fleuve de plus de 9 minutes. C'est l'engouement immédiat et les DJ's s'empressent de découvrir le sample original. La version club de "Street Player" alors aux oubliettes de l'Histoire, ressurgit et l'on trouve rapidement l'idée de rallonger ce break aux percussions et aux cuivres imparables. A ce titre, le bootleg figurant sur Super Disco Breaks volume 3 sorti par Bob Sinclar propose un travail de re-edit plutôt intéressant.

Certes, les puristes diront que l'idée a été trouvée par Victor Simonelli deux ans plus tôt sur le titre "Gonna Make you move" mais, mal exploitée, le résultat était loin de promettre la possibilité d'un tube planétaire.

4/ PRESENCE "Sense of danger": attention, gros, gros tube deep-garage signé Charles Webster, un producteur basé à Nottingham qui offrait là l'un des tubes majeurs du label londonien PAGAN RECORDS. Ce remix, signé par le trio anglais Attaboy et très proche de l'univers du label NAKED MUSIC. Il restera l'un des derniers maxis que j'ai achetés au siècle dernier, l'année 1999 marquant mon retrait du dee-jaying.

5/ SESSOMATTO "You're gonna love me" : une relecture très réussie du tube de Donna Giles, "And i'm telling you", par l'infatigable Joey Negro qui se travestit encore sous un enième pseudo. Je ne pense pas que ce Sessomatto fasse référence au film de Dino Risi mais plutôt au groupe éponyme des années 70 dont le maxi "Sesso Matto", au style "rare groove", fait sans doute partie de l'immense discothèque de Joey. Aux vocaux, Carolyn Harding, déjà évoquée la semaine dernière pour le titre "Movin' on" par le même Sessomatto. Un grand moment de disco revival mâtiné d'une house aux cuivres triomphants.

6/THE REESE PROJECT "The colour of love" : Derrière ce pseudo se cache Kevin "Reese" Saunderson, fondateur du duo INNER CITY. Je me rappelle avoir joué une fois ce dub dans mes Skyrock Megamixes. C'était le premier remix réalisé par le collectif de Detroit, UNDERGROUND RESISTANCE.

7/ MINIMAL FUNK 2 "The groovy thang" : ce mix à la basse ravageuse signé par l'énigmatique Da Vanilla est la face B d'un "one-shot" réalisé par deux obscurs producteurs italiens et sorti sur le fameux label anglais Cleveland City Records.

8/ 3RD NATION "Real love" : les suédois Stonebridge et Nick Nice nous proposent une reprise du tube de Jody Watley dans une version garage classique et efficace. Avec un riff de claviers aussi fédérateur, c'est ce qu'on appellerait un "anthem" au Ministry of Sound. Quant au bassdrum, il est mixé à la perfection avec cette lourdeur qui rassure le DJ au moment de "rentrer" le morceau et de l'asséner fièrement sur le dancefloor.

9/ THE SUNBURST BAND "Garden of love" : recevant le mp3 en aveugle sur un CD gravé par mon ami Croustibat, je crus d'abord à un mix de Morales. L'arrangement, les sons... la patte du Boss semblait scellée dans ce dub hautement jouissif. Quand je découvrit qu'une fois de plus Joey Negro était caché derrière ce pseudo, je tombait des nues. Ce Sunburst Band est en quelque sorte la "danseuse" de Joey Negro, parvenu a réaliser son rêve : monter un groupe de musiciens "à la Brand New Heavies" et capable de se produire sur scène. "Garden of love", sorti sur un mini EP en 1997, reste assez peu représentatif de l'ambiance de l'album "Here comes the Sunburst Band" sorti peu de temps après et que je vous conseille vivement de vous procurer.

Lente plongée dans la pure disco underground.

10/ JOEY NEGRO "Universe of love" : un mix très "Moroder style" du tube figurant sur le premier album éponyme de Joey Negro sorti en 1993.

11/ MACHO "I'm a man" : un titre que je qualifierais de mythique. C'est l'une de mes premières rencontres avec la disco music, lorsque, encore un mineur de 17 ans, je sortait dans une minuscule boîte de nuit située au bout de ma rue, au sous-sol d'un restaurant des bords de Marne de Joinville-le-Pont, "La Paillotte". Le plus dingue dans l'histoire, c'est que le DJ de l'époque habite au 1er étage d'une école maternelle en face de chez moi !
Complètement déconnecté, il n'a même pas conscience qu'il croise parfois l'un de ses anciens clients qui pourtant, lui, l'a bien reconnu. Il faut dire que je pourrais être physionomiste avec une grande facilité, ayant l'habitude de reconnaître toutes les célébrités dans Paris du premier coup d'œil, même derrière leurs lunettes noires.

Ce morceau, reprise d'un titre de SPENCER DAVIS GROUP est un monument de la disco gay.
Titre-fleuve de 17'45", il ne souffre d'aucun temps mort ni remplissage. Produit à la perfection par Mauro Malavasi (Peter Jacques Band, BB & Q Band, Change), son tempo infernal agit tel un rouleau compresseur, le calage parfait du rythme et des synthés, l'épaisseur fabuleuse des textures sonores, la voix rauque et déterminée du chanteur Marzio venant parachever un chef d'œuvre doublé d'un véritable exploit technique à une époque où l'on ne connaissait pas encore les boîtes à rythmes et la MAO.

Joey Negro s'est attaqué à ce titre d'une manière assez décevante (Mucho Macho), ne gardant qu'une petite partie de son break instrumental. A quand une version vocale digne du maître es-disco ?

12/ Final façon musique de film avec l'un des classiques de mes soirées dominicales au Palace, HARRY THUMANN "Underwater" : joué si fort par le DJ, ses cuivres et violons jaillissant des murs d'enceintes JBL faisaient saturer les tympans mais l'envoûtement était incroyable. Encore un trésor de la disco italienne.