jeudi 27 janvier 2011

N° 95 : Floating through the decades (Undisputed Truth, Cameo, Jody Watley, Crazy P...)

Set non disponible

Un set qui flotte sur 4 décennies tout en conservant sa fibre black soul.

Et pourtant, c'est JAMIROQUAI et son démiurge blanc Jay Kay qui inaugure le bal.
C'est l'un de rares à avoir tout assimilé du groove des artistes noirs, Stevie Wonder en figure de proue.

En 2005, à l'écoute de l'inquiétant single "Feels just like it should" qui annonçait l'album "Dynamite", on aurait pu craindre le pire, mais quelques semaines plus tard, ce soleilleux "Seven days in sunny June" rassurait finalement les fans historiques comme moi.
Bien que renfermant quelques pépites panthéonisables comme "Dynamite", "Starchild" ou "Time won't wait", l'album connut un succès mitigé en France.
Trop disco pour certains, trop éloigné de l'acid-jazz originel pour d'autres, il ne trouva pas son public et les médias le rangèrent dans l'armoire.

Avec "(Don't) give hate a chance", "Seven days in sunny June" fut le seul titre à bénéficier de remixes dignes d'intérêt dont celui de l'obscur producteur anglais Blackbeard présenté dans ce set.


Pénétration dans un univers beaucoup plus sombre avec ADMEN EDITS VOL. 4 "They don't tell the truth", bootleg d'un titre des UNDISPUTED TRUTH : "Smiling faces sometimes".

En 1971, sous le joug d'une ségrégation raciale que Nixon tentait vainement d'occulter, le groupe de Norman Whitfield sort ce brûlot qui restera comme l'un des titres soul les plus précieux de l'histoire de la musique noire.
Les paroles sont sans concession : "Les visages souriants font parfois semblant d'être vos amis... Méfiez-vous de la poignée de main qui cache un serpent, méfiez-vous de la tape dans le dos, elle pourrait bien vous empêcher d'avancer...".
L'arrangement psychédélique avec ses cordes et cuivres acérés, l'interprétation qui alterne entre la compassion et le swing ouvrent la voie à ce qu'on appellera la "blaxploitation", genre cinématographique totalement dévoué à la fierté de la communauté noire et dont la B.O.F. de "Shaft" est l'exemple le plus connu du grand public bien qu'une bonne vingtaine d'autres bandes originales soient devenues objets de culte auprès des spécialistes.


Au cours du mois de juillet 2010, j'avais eu le bonheur d'écouter un podcast d'un set de Gilles Peterson (DJ et fondateur du label Talkin' Loud) qui avait été joué sur BBC Radio One.
Empli de titres aussi éclectiques que somptueux (il démarrait par un extrait d'une symphonie de Mahler revisitée par Matthew Herbert), j'avais noté l'énergie de ce "Bibi Na Mpu" de la chanteuse tanzanienne MIM SULEIMAN brillamment produit par Maurice Fulton. L'album "Tungi" sorti en 2010 flirte avec l'électro et mérite l'oreille attentive des fans de World Music.


Sorti en 1984, "She's strange" de CAMEO symbolise bien le "paranoïd funk" que la formation de Larry Blackmon avait su créer.
Les hits "Word up" (1986), "Candy" (1986) et "Back & Forth" (1987) marqueront l'apogée d'un groupe formé en 1976 et qui évolua constamment dans l'ombre de Parliament, The Whispers ou Earth, Wind & Fire.


Si CRAZY P a concédé l’abréviation de son véritable nom (Crazy Penis), c'est sans doute pour éviter les foudres de la censure.
J'avais découvert ce duo anglais en 1998 sur une compilation "Jazz in the House" avec le titre "Summer Bummer", mais c'est en 2002 avec l'album "The wicked is music" que je devins véritablement fan. Des titres comme "You started something", "Change" ou "You are we" (notamment remixé par Ian Pooley) sont révélateurs d'un talent qui sera vite mis au service de labels comme le prestigieux Naked Music.

"Never gonna reach me" (Hot Toddy remix) est une autre merveille découverte dans le set de Gilles Peterson. Le remix de Hot Toddy alias Chris Todd (l'un des deux fondateurs du groupe) transfigure la version figurant sur l'album "Love on the line" sorti en 2009.


ROSE ROYCE "You're a winner" : un classique du Patch Club. Je doute qu'un autre club français ait joué ce simple titre d'album à la ligne de basse redoutable.


Le remix Kiss Fm de "Dying to be dancin'" d'EMPRESS réalisé par Shep Pettibone fait lui aussi mouche. Je pense vous avoir joué pratiquement toute la liste de ses extraordinaires versions qui figurent sur les deux compilations que l'on peut se procurer à l'état neuf à prix modeste, frais de port offerts, sur Amazon.com.
EMPRESS est sans doute à nouveau un groupe monté de toutes pièces par le label new-yorkais.

"New kind of medicine" d'ULTRA NATÉ entre de plain-pied dans les sonorités du groupe CHIC qui, s'il existait encore, l'aurait certainement produit dans la même veine.
Malgré cette version particulièrement soignée par Albert Cabrera et fort d'un double pack proposant des mixes de Tenaglia et Morales, ce titre sorti en 1998 ne semble hélas pas avoir marqué les esprits.


Sorti dans l'ombre de"Where love lives", titre monumental d'ALISON LIMERICK, "Come back (for real love)" fit bonne figure sans pour autant entrer dans les charts. Le seul titre qui connut un certain succès par la suite fut le très mainstream "Make it on my own" produit par Steve Anderson du DMC.


JODY WATLEY, ex-chanteuse de Shalamar, a toujours eu le flair pour choisir les bons "featuring" ou s'entourer des producteurs du moment.
  • "Looking for a new love" (1987) avec André Cymone (écurie Prince)
  • "Don't you want me" (1987) avec Bernard Edwards (Chic) et François K
  • "Friends" (1989) avec André Cymone et les rappeurs Eric B. & Rakim
  • "Real love" (1989) avec André Cymone et Louis Silas Jr.
  • "Ecstasy" (1994) avec David Morales
  • "Saturday night experience" (2001) avec Blaze
"I'm the one you need" (1991) produit par le même David Morales est classé dans mon Top 20 des meilleurs mixes du Boss.
Il existe une version rave assez rare (Dead Zone Version) dans laquelle la voix est vocodée et qui figure sur un DMC de 1993.


PAUL SIMPSON "Everybody's a star" (Temple Mix) : autre version de l'un des premiers tubes estampillés "New Jersey Garage".


Final avec l'un des "beds" de mes premières interventions en solo sur Skyrock, dub que j'ai utilisé dernièrement pour présenter mes podcasts : TYCIE & WOODY "The rhythm's gonna get you". Je l'ai toutefois largement charcuté, certains passages étant un peu ennuyeux.

vendredi 14 janvier 2011

N° 94 : Experience always wins the day (Rick James, The Temptations, Skyy, The Jacksons...)

Set non disponible

C'est dans les vieux pots qu'on fait les meilleures soupes.

La plupart de ces pots reviennent de la cave et certains ont subi les ravages de deux dégâts des eaux.
Les vinyles ont été restaurés au mieux mais il subsiste des stigmates audibles.

1/ THE EVASIONS "Wikka wrap" : l'alcool à 90° qui a pénétré les sillons l'a sauvé, le rendant à nouveau audible. Je possédais une version numérique sur une compilation Airplay mais, trop métallique, elle avait perdue la chaleur de l'analogique.
Le maxi pressé par le label Sam Records n'est pas un modèle de clarté car utilisant une matière première de qualité douteuse (procédé low-cost déjà utilisé par le label Trax Records), mais la rondeur du son de la basse sauve la mise.

C'est un disque de rap assez méconnu du grand public. Je l'avais découvert dans l'émission "Destination Planète 7" avec Smith & Wesson sur Radio 7.
Avec Sugarhill Gang et Grandmaster Flash, il symbolise les premiers pas d'un rap qui ne se prend pas la tête.
One shot, "Wikka wrap" est une pomperie délibérée de "Good Times" de CHIC et de "Funkin' for Jamaïca" de TOM BROWNE.

Il fut signé en France en 1981 sur le très éclectique label Milan Records et je pense qu'il a dû connaître un certain succès en club.

La loop de son break fut utilisée par Alan Braxe pour réaliser son remix de "I feel good things for you" de DADDY'S FAVOURITE.

2/ RICK JAMES "Give it to me baby" (Decareydited Version) : en 1977, Rick James & The Stone City Band, groupe signé par les rusés frères Gordy sur Motown Records, invente un nouveau son, le funk rock.
Prince lui doit son lancement, assurant les premières parties des tournées à travers les Etats-Unis.
"Give it to me baby" est l'un des nombreux hits qui ont jalonné la carrière solo de Rick James.
J'ai reproduit exactement l'enchaînement que réalisait le DJ du Palace le dimanche soir en 1981 :
lancement au doigt de la version instrumentale qui figure en face B du maxi "Hard to get".

3/ THE TEMPTATIONS feat. Rick James "Standing on the top" : le son est identique car produit par Rick James qui est également la guest star de ce très bon titre de 1982.
Du pur funk avec une basse d'une rondeur délicieuse et un clap redoutable.
En final, petit clin d'œil au tube "Papa was a rolling stone".

4/ SKYY "Here's to you" : composé de 8 membres, le groupe SKYY plaça 14 singles dans le US R'n'B chart entre 1979 et 1984.
Signée sur Salsoul et attifée de combinaisons spatiales très kitsch, la formation de Randy Muller (ex-membre de Brass Construction) décolla véritablement avec le single "Call me" (1981) qui figure sur l'indispensable album "Skyy line".
Extrait de l'album "Skyyport" (1980), "Here's to you" en est pratiquement le seul hit, l'un des classiques de "Destination Planète 7" ... et du Patch Club, évidemment.

5/ CHAKA KHAN "I feel for you" : un titre écrit par Prince et réalisé par le grand producteur américano-turque Arif Mardin .
C'est lui qui ressuscita les Bee Gees en les propulsant dans le tourbillon disco en 1975 avec l'album "Main course" qui contient "Jive talkin'".
L'année suivante et forts de ce retour en grâce, les Bee Gees sortiront le phénoménal album "Chidren of the world"qui contient le tube "You should be dancing".

Décédé en 2006, Arif Mardin aura produit des artistes prestigieux comme George Benson, Barbra Streisand, Diana Ross, Phil Collins, Aretha Franklin ou Culture Club.

6/ RAW SILK "Just in time" : c'est 3e et ultime single de ce groupe ; le titre est produit par David Todd et dont je vous parlais il y 15 jours.

7/ THE JACKSONS "Shake your body (down to the ground)" : en 1978, tout comme pour "Fantasy" d'EARTH WIND & FIRE, je me rappelle encore de l'engouement général après la sortie de ce titre. Nous vivions la plénitude du mouvement disco.

A l'époque encore sous-influence hard-rock (j'étais membre d'un modeste groupe de trois lycéens dont j'étais le guitariste rythmique), c'est l'un des titres qui m'a fait basculer définitivement dans la musique noire.
Avec son break d'anthologie, cette version européenne me semble supérieure au maxi original.

8/ BOHANNON feat. Dr. Perri Johnson "Let's start II dance again" : empli de percussions et de bruitages synthétiques, c'est un titre-culte, avant-gardiste, totalement ensorcelant.
Tout comme "Aah freak out, le freak, c'est Chic" (que nous étions nombreux à transformer en "Africa, le fric c'est chic"), le refrain simplissime et entêtant "Come on and do it, come on and do it" était compréhensible par le public français d'où le succès immédiat.

A une époque où peu de gens étaient anglophones, plus le refrain était simple à comprendre et à chanter, plus une chanson internationale avait une chance de devenir populaire.
A l'ère du bilinguisme généralisé, disposant des paroles immédiatement sur le web, chacun peut aujourd'hui s'emparer d'un titre juste grâce à la force de sa mélodie ou de son gimmick.

9/ CAROL JIANI "Hit 'n' run lover" : du disco que je qualifierais de "sérieux". On ne peut pas dire que la mélodie soit festive et l'on tutoie même l'esprit new-wave, surtout dans l'adlib.
Mais la puissance de l'arrangement eut raison des éventuelles réticences et ce fut un succès incontestable en France.
Mon vinyle est lui aussi rescapé des divers dégâts des eaux.

10/RALPHI ROSARIO feat. Xavier Gold "You used to hold me" : comme souvent, mon set change d'univers, glissant dans la froideur d'une house encore balbutiante avec l'un de ses classiques, notamment samplé dans '"U got 2 know" par CAPPELLA, monument de l'eurodance (qui reprenait aussi un gimmick de "happy house" de SIOUXSIE & THE BANSHEES).

11/ AKABU "Searchin'" : ce set atterrit de manière totalement inattendue dans l'année 2010 avec ce remix deep-house réalisé par l'un de mes groupes préférés, Motor City Drum Ensemble.

N° 93 : Soulful trip (Sunburst Band, DJ Memê, Asha Edmund, Central Living...)

Set non disponible

Le début d'année sera très "old school", mais saupoudré des quelques bonnes nouveautés glanées au cours des derniers mois.

Ce set est entièrement classé "soulful", l'un de mes styles de prédilection, le successeur désigné du garage.
Il faut bien l'avouer, très vocale la soulful house est souvent pénible à supporter, les vibes incessantes de certains dépassant le seuil de ma tolérance auditive.
La sobriété et la suavité des voix, la finesse des sons des arrangements sont pour moi des critères fondamentaux et je trouve rarement mon bonheur dans les innombrables titres proposés sur Traxsource.

J'espère que ce set saura traduire ma conception d'une house de qualité qui fait fi des contingences commerciales.

1/ AKABU "I'm not afraid of the future" (Reprise) : lorsque l'on prend les commandes d'un set en soirée, il est de bon ton de démarrer par un accapella ou une version acoustique afin de préparer la communion avec le public.

Analysant les vidéos de DJ's lançant le poing en l'air en sautant à pieds joints, je me dis qu'ils sont en quelque sorte des prédicateurs des temps modernes qui galvanisent la foule, le message se limitant toutefois au voyage à travers le son et à la démonstration technique.
Armé d'outils comme Nextbeat, Virtual DJ ou Traktor, le DJ peut désormais être considéré comme un musicien, un chef d'orchestre et sa prestation ressemble à une symphonie.

Il faut toutefois rappeler que, dans les années 80, Frankie Knuckles ajoutait déjà sa touche personnelle en apposant une boîte à rythme sur certains titres et, dans les années 90, la tendance était à l'ajout d'un percussionniste.


Akabu est un concept "deep-house" orienté Detroit lancé en 2000 par Joey Negro avec le single "Your wildest dream".
Le single "The way" reflète bien cette facette du producteur anglais plus familier des paillettes disco.

L'accapella gospelisant de "I'm not afraid of the future" se prêtait parfaitement à une entame de set.

2/ CENTRAL LIVING "Everyday" : une merveille du label Naked Music qui pénètre doucement dans la coda du titre précédent. On retrouve Lisa Shaw aux vocaux.
Dommage que ce concept soit resté sans suite.

3/ ASHA EDMUND "Carry me over" : un remix commis par le producteur suédois Nassau.
La version originale bossa-lounge est tout aussi sensuelle.

4/ THE FATBACK BAND "Feel the fire" : avec plus d'une trentaine d'albums et quelques hits comme "(Do The) Spanish Hustle" ou "(Are You Ready) Do The Bus Stop", le groupe fondé par le batteur Bill Curtis a fait preuve d'une longévité exceptionnelle et représente l'une des pierres angulaires du style funk.

Cependant, ce titre sorti en 2007 semble totalement inédit. Il est remixé ici par Bah Samba.
En revanche, la face B du vinyle comporte le titre "I found lovin'" toujours remixé par Bah Samba, mais dont l'original figure sur l'album "With love" sorti en 1983. Il avait été repris par le regretté Steve Walsh (remember "Let's get together tonite" !) en 1987.

5/ ANGIE STONE "I wish i didn't" : un titre magique dans toutes ses versions.
L'original reprend astucieusement l'intro de "Backstabbers" des O'JAYS et le groupe Blaze réinterprète le sample dans la version qu'il propose.
La version jouée ici est le Shelter Mix (en référence sans doute au club du même nom). Elle est réalisé par Scott Wozniak et Timmy Regisford. Il semble que ce soit un mix "non officiel".

6/ EAST 57TH ST. "Saturday" (Jazz'n' Groove Original Vibe Vocal) : autre version de la reprise du titre de Norma Jean produite en 1987 par CHIC.
Je vous reparlerai d'elle à la fin de ce set.

7/ THE SUNBURST BAND "Journey to the sun" : l'une des plus belles réussites parmi tous les concepts lancés par Joey Negro puisqu'il s'agit là d'un vrai groupe qui performe sur scène et qui est déjà l'auteur de 3 albums qui peuvent rivaliser avec ceux de Jamiroquai dans le même registre acid-jazz/disco.
Normal puisque la plupart des membres du groupe ont collaboré avec Incognito et Jay Kay.

8/ AC SOUL SYMPHONY feat. Ricci Benson "Still in love" : excellente nouveauté de l'été 2010 qui figure sur un album sampler du label Z Records (crée par Joey Negro).
Comme il a en a souvent l'habitude, Joey Negro, en dépositaire de la mémoire des années disco, fait appel à la lead singer de Rose Royce, groupe qui réalisa la version originale en 1982.

9/ DJ MEME "Any love" : brillant disciple de Joey Negro, le brésilien Dj Memê s'attaque à la reprise d'un titre de Rufus & Chaka Kahn et nous gratifie de véritables sections de cuivres et de violons, comme au bon vieux temps et comme cette vidéo en témoigne.
Il est évident que s'offrir de vrais musiciens n'est pas à la portée de tous les producteurs, mais peut-être que le Brésil est un pays où "tout redevient possible"... réellement.
Et le Brésil n'est pas une grande nation de la musique par hasard.
Nous Français qui se vantons sans cesse pourrions nous interroger sur les causes de la médiocrité de notre production.

10/ FABIO BACCHINI "Walking in circles" : après l'excellent travail sur "Number one" de PATRICE RUSHEN ("Freakin' jazz"), le producteur italien récidive avec "Dream on" de GEORGE DUKE, merveilleux titre qui figure sur l'album éponyme recelant également le tube "Shine on" et "Positive energy" (dans le même registre jazz commercial).

11/ STARCHASER "A new society" : c'est en recherchant une vidéo de Norma Jean Wright que je suis tombé par hasard sur le sample instrumental qui sert de base à ce titre.
Il s'agit de "High society".
Quant au sample de voix, c'est un énième fois celui de "Movin' on" de CAROLYN HARDING (1987) dont SESSOMATTO (a.k.a. Joey Negro) a réalisé une reprise fabuleuse en 2006.

vendredi 7 janvier 2011

N° 92 : Italian Riviera (italian disco-funk classics, David Todd and Shep Pettibone's famous remixes)

Set non disponible

Que retenir de l'année dancefloor 2010 ?

Une tendance encourageante au retour de solides mélodies comme celles de "Break your heart" de Taio Cruz, "DJ got us fallin' in love again" de Usher, "Only girl (in the world)" de Rihanna ou encore "California Gurls" de Katy Perry.
Arrivé in extremis, "Barbra Streisand" de Duck Sauce, reste LE tube 100% house de l'année et le clip nous montre toute la désinvolture d'Armand Van Helden et sa bande, totalement à l'opposé des vidéos baignant dans l'univers frime des artistes dance et de leurs "biatches" en maillot de bain.

Au rayon des horreurs, à noter "Telephone" de Lady Gaga & Beyoncé, "Stereo love" de Edward Maya (une pensée pour ceux qui subissent les accordéonistes dans le métro chaque jour) et surtout "The time" de Black Eyed Peas qui touche le fond avec un arrangement d'une débilité confondante et une Fergie "bleue" sur tout son refrain.

Désormais raccordé à la télé par ADSL, j'ai découvert un autre univers de médiocrité avec des chaînes musicales estampillées "club" qui déversent les même "daubasses" à longueur de journée.
Avec ses adolescentes américaines qui s'exhibent à moitié nues sur fond d'électro de supermarché, l'émission "Sexy DJ" diffusée sur MCM atteint le paroxysme de la vulgarité décérébrante.
Comment voulez-vous que les médias et des animateurs comme Nagui ne crachent pas sur ce qui est assimilé à une culture de boutonneux infantiles.

"Clubbing TV" se présente comme la première chaîne dédiée aux dancefloors. Un rapide visionnage m'a fait réaliser qu'il s'agissait en fait d'un énième torrent à tubes estampillés électro.
On aurait pu espérer des idées judicieuses comme la captation de live sets de DJ's ou de show-cases, des reportages, des portraits d'artistes, des sagas sur l'histoire de la musique club. Rien de tout cela. On fait dans le "cheap" à moindre coût.

On pourrait multiplier les chaînes musicales que l'on ne ferait pas avancer d'un pouce la culture dans ce pays puisqu'elles proposent toutes à peu près la même recette.
Lorsque le matraquage devient à ce point mono-culturel, il n'y a rien à espérer sur l'éducation musicale des futures générations, des futurs DJ's et des futurs producteurs.

La France cherche à s'inspirer du modèle allemand sur le plan économique, elle pourrait également réfléchir sur les fondements de la richesse insolente de la scène musicale germanique.

Vivement que des programmateurs de bon goût prennent en main les choses et présentent la culture club sous un aspect plus original et légèrement intellectualisé, lui conférant la crédibilité et le respect dont bénéficient le rap et le rock qui, eux, ont su se fabriquer un univers, une histoire avec leurs icônes de référence.
Si certains responsables de chaînes musicales lisent ce blog, qu'ils me contactent car ce ne sont pas les idées qui manquent.


Passé ce coup de gueule salvateur, parlons de ce set totalement conçu pour redémarrer l'année en douceur, passées les traditionnelles agapes.
Je l'ai intitulé "Italian Riviera" car fortement connoté italian disco-funk.

1/ DRIZA BONE "Real love" : j'ai déjà tout dit sur ce duo de producteurs anglais à la carrière éclair. Ce titre de 1991 ne fut pas signé en France, mais trop sophistiqué, il n'aurait eu aucune chance de percer.

2/ WILLIAM DeVAUGHN "Be thankful for what you've got" : du lourd, du très lourd, un remix rare de David Todd qui surpasse la version originale. Un classique immortel du Patch Club.
MASSIVE ATTACK réalisera une version décevante en 1991.

3/ AURRA "You and me tonight" : C'est le dernier tube de ces ex-membres du groupe SLAVE.
Ce Midnight Mix réalisé par Timmy Regisford est un autre grand classique du Patch, l'un des derniers avant sa fermeture à l'été 1986. Ce club n'aura pas eu la chance de vivre les premières heures de la house music.

4/ DONNA ALLEN "Joy and pain" : j'ai découvert cette reprise de MAZE dans une série funk du Skyrock Skydance, me semble t-il.
C'est encore David Todd qui commet ce Dance Mix.

En 1975, alors DJ à l'Adams Apple de Manhattan, Todd ne cessait de relancer le musicien Van McCoy afin de l'inviter à découvrir une nouvelle dance de salon, le "hustle".
Accaparé par l'enregistrement de son album, Van McCoy envoya l'un de ses sbires, Charles Kipps Jr.
Subjugué par ce qu'il avait vu sur la piste, Kipps rentra précipitamment au studio et convainquit Van McCoy de réaliser un titre dans la même mouvance. Profitant de la dernière heure de studio qu'il avait réservé, Van McCoy réalisa à la hâte avec son orchestre ce qui restera l'un des tubes fondateurs du disco, "The Hustle", titre qui atteignit la 1ère place du Top 40.
Comme quoi, ce sont souvent les projets les plus spontanés qui font florès. Je peux en témoigner.

5/ CHANGE "You are my melody" : le groupe de Jacques Petrus a régné sur le funk italien durant 5 années à travers 5 grands albums auxquels ont collaboré ponctuellement Luther Vandross, Jocelyn Brown ou Johnny Kemp.

6/ RAW SILK "Do it to the music" : un groupe de studio constitué notamment par Bert Reid, membre de Unlimited Touch, autre fer de lance du label Prelude Records.
La courte partie accapella du titre fut samplée à de nombreuses reprises.

Leur autre tube est l'explosif "Just in Time" remixé par l'inévitable David Todd.

7/ GAME "Gotta take your love" et 8/ DISCO DEVIANCE "Do it" : un one-shot italien bénéficiant d'un break mémorable qui est la pierre angulaire du bootleg qui le suit dans ce set.

9/ NIA PEEPLES "Trouble" : les tubes du Skydance s'invitent souvent dans mes sets ces derniers temps.
Remixé par Shep Pettibone, ce titre ravira les amateurs de house syncopée dans laquelle boîte à rythme et synthé-basse forment une solide armature.

10/ BLACK BOX "Ride on time" : je pense que l'on peut attribuer à RLP le succès de ce groupe en France. Il fut le premier à diffuser et matraquer cette version originale. Il réalisera d'ailleurs certains remixes du groupe et un medley pour le label Airplay (qui doit beaucoup à son partenariat privilégié avec la radio Skyrock).

Rapidement, le sample empli de rage de Loleatta Holloway piqué sur "Love Sensation" fut interdit et le disque ressortit dans une version rechantée bien moins convaincante.

11/ BLACK BOX "Strike it up" : les roulements de tambours sont empruntées à la version disco de "Reach out (I'll be there)" des Four Tops réalisée par Gloria Gaynor en 1974.
Quant à la voix, il s'agit de celle de Martha Wash et, détail extraordinaire, elle n'est même pas créditée !
La version de DJ Lelewel (que j'ai pas encore incluse dans l'un de mes sets) est l'un de mes classiques du Top Dance Megamix.

12/ LONNIE GORDON "Gonna catch you" : le Pub Mix est plus commercial avec son riff d'orgue et de cuivres inspirés par le couplet de "Reach out, i'll be there" des Four Tops (encore eux). Je préfère toutefois ce Philly Mix aux sonorités garage.

13/ LAST RHYTHM "Last rhythm" : une sorte de balearic-house made in Italy. Cette version vocale de 1992 est un remix de l'original instrumental sorti deux plus tôt.
Le single "Open your mind" est dans la même veine.

14/ THOMPSON TWINS "Come inside" : final assez violent avec un remix rave de ce titre du groupe de new-wave anglais à qui l'on doit les excellents "Love on your side", "Hold me now" ou l'arabisant "The gap".