vendredi 27 février 2009

N° 7 : Way back to the old school (David Morales, C.J. Mackintosh, Danny Tenaglia, chicago house)

Set non disponible







1/ SHEENA EASTON, une chanteuse plutôt "mainstream" que l'on avait découverte avec un titre très "cabaret", "Morning train".
Dans le mielleux, nous eûmes ensuite droit à un duo avec Kenny Rogers "We've got tonight" puis la superbe chanson-générique du James Bond "For your eyes only".
En plein dévergondage, elle apparait en guest-vocal sur le "U got the look" de Prince en 1987 puis sort un album hyper-funk l'année suivante, "The lover in me", produit à la fois par Prince et Babyface. En 8ème position du track-listing figure un titre sans aucun intérêt, "101".
Alors qu'il était destiné à rejoindre l'armoire de l'oubli, il passe entre les mains expertes de David Morales pour le résultat que vous découvrez en ouverture de ce set. Un mix dark, underground avec un riff de piano rageur, un Morales au sommet de son art.

2/ BEATS INTERNATIONAL "Change your mind" : le groupe de Norman Cook alias Fatboy Slim bénéficie d'une série d'excellents remixes signés Danny Tenaglia. A noter la performance au piano de Peter Daou.

3/ L'anglaise DINA CARROLL sort de l'anonymat en 1991 en devenant la chanteuse du groupe QUARTZ avec des tubes comme "It's too late" et "Naked". Mise en orbite pour une prometteuse carrière en solo, son premier single "Ain't no man" produit par Nigel Lewis est confié au prodige du UK Garage, C.J. Mackintosh qui réalise là l'une de ses meilleures prestations.

4/ A mon avis la meilleure et la moins connue des productions de C.J. Mackintosh : ASIA BLUE "Connect", titre que j'ai découvert en 1992 dans le set de Lil' Louis réalisé pour la Skyrock Max Party, émission que je co-animait avec J.M Meschin. Il m'a fallu du temps pour mettre la main sur ce vynil, ce pourquoi je vous le resservirait prochainement sous une autre version ! Ici, je vous propose un mash-up incluant l'accapella de "Look Ahead" de l'ami Danny Tenaglia.

5/ On retrouve un groupe produit par le même Nigel Lewis, RODEO JONES. Leur premier single "Get wise!" s'impose d'entrée grâce au remix de David Morales. Suivra le single "Natural world" dont on retiendra surtout le dub de Kevin "Master Reese" (alias Kevin Saunderson).

6/ DEGREES OF MOTION "Do you want it right now?" : le gros tube de l'éphemère label de Chicago, Esquire Records. Je vous propose ici un petit re-edit "maison" du Bump Mix.

7/ Même petit bidouillage sur le "Touch me Dub" de "In the closet" de MICHAEL JACKSON. C'est le chef-d'oeuvre du remixeur Tommy Musto. Je l'avais brièvement rencontré au New Music Seminar, à l'hôtel Marriott de Manhattan, en 1991. Portant aux nues son travail sur "In the closet", l'homme avait paru tout étonné de tant de louanges. Son air interloqué restera à jamais gravé dans ma mémoire !

8/ A mon avis, "Back in Manhattan" est le meilleur titre garage jamais produit par un français, en l'occurence SHAZZ. J'y ajouterais peut-être "Believe" de Soldiers of Twilight et "To find a friend" par Demon Ritchie.

9/ et 10/ petit clin d'oeil posthume à DJ Eric Candy et son mix pour la Max Party avec cet enchaînement entre MECCA "Herbal essence" (qui sample le D.J. Mixers Mix de "Your life" par KONK) et DEEP FREEZ "Work it".

11/ MATT WOOD "What am i gonna do with you?" : un clin d'œil appuyé au titre éponyme de Barry White.

12/ J.T. "Let me groove U" : un remix totalement méconnu des Masters at Work pour cette superbe production hip-house de Doug Lazy.

13/ BLACK SHEEP "Strobelite honey" : Morales réalise encore des prouesses sur ce remix "underground" qui dépouille complètement l'original 100% hip-hop en ne gardant que quelques bribes de phrases. C'est grâce à des mixes d'une telle envergure que j'ai définitivement intégré le microcosme de la house music et mon voyage quasi-initiatique à New-York en 1991 n'a fait que renforcer ma conviction musicale.

14/ CHARVONI "Always there" : la reprise house du titre de Ronnie Laws a été l'un des hymnes du SkyDance de RLP aux grandes heures de Skyrock.

15/ Final habituel avec un grand classique : THE TODD TERRY PROJECT "Week-end" avec un sampling du groupe CLASS ACTION.

samedi 21 février 2009

Biographie de C.J. Mackintosh


Christopher John Mackintosh alias C.J. Mackintosh est une icône de la mouvance garage anglaise. Tout comme Joey Negro dans le style disco, il a apporté à son pays le "supplément d'âme" qui lui manquait.
Il revendique plus de 20 ans de carrière et des collaborations avec des artistes prestigieux comme Whitney Houston, Janet Jackson ou C & C Music Factory.

Depuis son coup d'éclat en 1987 avec M/A/A/R/S et le tube planétaire "Pump up the volume", il a imposé une touche élégante et mid-tempo dans ses mixes. Ce D.J. plutôt discret, aux antipodes du bling-bling, n'en reste pas moins une réference sur la scène internationale.

C.J., le "scratch master"

A la fin des années 80, les sorciers Stock, Aitken & Waterman règnent sans partage sur la scène Dance anglaise avec une pop-house musclée, efficace mais sans grande subtilité.

C.J. démarre sa carrière au Flim Flam Club à Londres. C'est dans ce club tenu par Jonathan More, membre du groupe COLDCUT, qu'il exerce ses talents de D.J., maîtrisant totalement la technique du scratch.

En 1987, il participe aux championnats du monde Disco Mix Club (DMC), un événement annuel organisé par une association internationale de disc-jockeys. Après une prestation convaincante (voir la vidéo), il rafle la première place.

Sur la lancée, il crée avec Dave Dorell le groupe Nasty Rox Inc. dont le titre "Escape From N.Y." sera joué par RLP dans son émission Skydance sur Skyrock.
Mélange de rock et de hip-hop, c'est un titre au son gras et puissant produit par le grand Trevor Horn, fondateur du groupe ART OF NOISE et réalisateur de tubes mythiques comme "Slave to the rhythm" de Grace Jones ou "Owner of the lonely heart" de Yes.

L'invasion vient de M/A/R/R/S

C'est grâce à ses talents de scratcheur que C.J. va être approché par un certain Ivo Watts-Russell, boss du label rock 4AD. Rusé comme un renard, Watts-Russell sent qu'il peut réussir un "coup" en produisant un titre, mélange d'acid-house et de hip-hop. Il est épaulé dans son projet par deux groupes "maison", AR Kane et Colourbox... à mille lieux du style house !
Pour finaliser le titre, il a besoin d'inclure des samples et des scratches et c'est naturellement au Champion du monde DMC qu'il fera appel.

Astucieux montage de fragments sonores et de loops totalement improbables (découvrez-les tous sur le remarquable site Samples.fr), le titre déclenche un engouement immédiat, détrônant Rick Astley de la 1ère place des charts anglais. L'écurie Stock, Aitken & Waterman dont Rick Astley est le pur-sang, se montrera d'ailleurs assez rancunière en accusant M/A/A/R/S de plagiat sur le titre "Roadblocks" sorti quelques mois auparavant.
Trop de samples, les complications juridiques qui s'ensuivent obligeront le projet à capoter précipitamment.

Le sorcier du mid-tempo

Désormais très courtisé en qualité de remixer, CJ Macintosh va inventer son propre style, un mid-tempo (110-116 BPM), mélange de samples et d'harmonies aux accords jazzy généralement réalisés sur un piano Rhodes.
De prestigieuses clientes telles que Whitney Houston ("Queen of the night"), Janet Jackson ("That"s the way love goes") ou Dina Caroll ("Ain't no man") s'empressent de se faire remixer.

Ne délaissant pas pour autant ses racines hip-hop, C.J. Mackintosh façonne de petits bijoux de remixes pour Guru ("No time to play", Trust Me"), C & C Music Factory ("Do you wanna get funky?") et De la Soul ("Ring, ring, ring").

Un DJ incontournable

Au milieu des années 90, il prend une résidence au Ministry of Sound où il deviendra une sorte d'apôtre du garage. On retrouve son goût certain pour les belles choses sur le tracklisting du Session 4 de la compilation Ministry qui lui est consacrée.
Il produira son hymne personnel en 1995 avec LOVE HAPPY et "The message is love", un titre toutefois un peu convenu.
Malheureusement un différend avec le club l'obligera à cesser sa collaboration en 1997.

C.J. Mackintosh mixe aujourd'hui dans les plus grands clubs d'Europe et peut être entendu sur l'excellente webradio : Deepinside.

Les mixes qu'il faut absolument découvrir

  • Young MC : "I come off" (Southern Comfort Mix) avec la ligne de basse de "Hercules" de Aaron Neville
  • Intelligent Hoodlum "Back to reality" (Drum And Bass Mix) avec un sample vocal de Soul II Soul
  • A Tribe Called Quest "Bonita Applebaum" avec le samples de "Slave to the rhythm" de Grace Jones et de "Daylight" par Roy Ayers Music Project (alias RAMP)
  • Asia Blue : "Connect" (Mack Dub)
  • Guru : "Trust Me" (CJ's Master Mix)
  • Sounds of Blackness : "Everything Is Gonna Be Alright" (Chuff Chuff Dub)
  • Yasmin : "Wanna dance" (UK Party Power Mix)
  • The Reese Project : "So deep" (FXTC Club Anthem)

vendredi 20 février 2009

N° 6 : Happy house, a positive vibration (Stonebridge, Lelewel, Joey Negro and disco revival)

Set non disponible



Oui, certains fans du groupe Siouxsie and The Banshees vont atterrir ici par erreur, j'en suis conscient.

La happy house dont je fais mention ici n'est pas un titre new-wave mais un courant de la house music dont j'ai largement fait la promo dans mes megamixes sur Skyrock.

Se différenciant des sons acides des débuts, utilisant des loops qui swinguent, samplant largement de vieux riffs disco, la happy house est un style festif, généralement celui que l'on entend au pic de l'ambiance dans les bonnes discothèques.
Fédératrice cette house ! même le clubber occasionnel et ingénu s'y retrouve car les accords et les gimmicks joyeux que délivrent ses tubes apportent une forme de bonheur immédiat. D'ailleurs, le symbole de la house n'est il pas un smiley jaune ? Moi-même, j'avais intitulé mon catalogue d'édition "Happy Trax".

Je n'ai jamais été un grand fan des sets purement "deep-house" et rares sont les Dj's qui possèdent cet art de métamorphoser les gens en "happy people with happy faces" (pour reprendre l'expression culte de la chorégraphe survoltée Mia Frye). Je leur rend hommage à travers ce set qui, je l'espère, transmettra des vibrations positives en ces temps d'incertitudes.

L'expression apparait pour la première fois sur un mix de "Get Real" de Paul Rutherford (ex-moustachu de Frankie Goes to Hollywood) mais le symbole de cette happy house est bien sûr Steve "silk" Hurley. Il reprend à juste titre l'expression en 1991 sur le "Makin' happy" de Crystal Waters. Dans la même veine, on retrouve Joey Negro et son disco-revival totalement jouissif, Full Intention, Boris Dlugosch et bien d'autres notamment du côté de l'Italie (DJ Lelewel, Alex Party...).

C'est surtout à Ibiza que cette musique résonne les mois d'été, le Pacha et le Space (en matinée) étant les lieux à fréquenter pour s'en délecter.

1/ HOUSE OF VIRGINISM "I'll be there" : Produit par le suédois Stonebridge, voilà un premier bon exemple de cette house généreuse en accords et en vocaux.

2/ RHYME TIME PROD. "You and me" : Un des nombreux titres estampillés "happy house" du défunt label anglais Cleveland City, Chubby Chunks et sa série "Testament" étant de véritables perles du genre.

3/ X-STATIC "I'm standing" : une happy house italienne produite par l'un des membres des groupes Alex Party et Livin' Joy, une référence donc.

4/ Une tendresse particulière pour ce titre qui m'a bien fait bouger en club : "Blow your whistle" de DJ DUKE. Un gimmick d'orgue imparable et un sifflet entêtant, une sorte de "debout là-dedans" à réveiller une caserne entière. Le sample de sifflet doit d'ailleurs provenir de l'intro de "Get on the funk train" de MUNICH MACHINE. Quant à la phrase "Blow Your Whistle", elle est tirée de l'intro de "We Want to Parrty, Parrty, Parrty" de LYN COLLINS.

5/ Le clavier de David Morales, Satoshi Tomiie, s'essaye avec bonheur sous le pseudo de SHELLSHOCK dans une trituration du sample du "K-Jee" de MFSB ("Love is the message", "Let's clean up the ghetto"), un groupe légendaire du Philadelphia Sound des années 70. Si le son est énorme, c'est aussi car on retrouve à la gravure du pressage un certain Herb Powers Jr. dont je vous reparlerai plus tard.

6/ Le label new-yorkais King Streets Sounds a été fondé par Hisa Ishioka, un immigrant japonais qui avait fréquenté assidûment le Paradise Garage situé... sur King Street. Il a signé les productions de grandes pointures telles Morales, Masters at Work, Roger Sanchez, Lil' Louis ou Danny Tenaglia, excusez du peu ! PUMP FRICTION et "That sound" est le fleuron du catalogue, un disco-revival totalement inspiré des tubes de Dan Hartman. Le titre fut classé N°1 au Billboard Hot Dance Music/Club Play en 1997.

7/ Mon titre préféré de ce set : LES CLAUDETTES "Alexandrie, Alexandra". On pourrait craindre de subir une faute de goût avec un summum de la ringardise mais, comme Joey Negro est aux fourneaux, le résultat est prodigieux et festif à souhait. Je pense qu'il a réutilisé les pistes originales, ne voyant pas comment il aurait pu sortir les Claudettes de leur retraite... à moins de s'être appelé Bernard Frédéric !!!

8/ THE REESE PROJECT "Direct me" : Joey Negro toujours à la baguette pour une métamorphose totale du titre de "Master Reese" alias Kevin Saunderson, fondateur du groupe Inner City.

9/ "Love Fantasy" : Cet extrait du mini-EP sorti par JOEY NEGRO en 1992 sera inclus sur l'album signé par Virgin l'année suivante, marquant ainsi la reconnaissance défintive de ce producteur talentueux.

10/ BLACK BOX "A positive vibration" : Black Box, sous la houlette de DJ Lelewel, signe içi une sorte de medley qui inclus le gimmick de guitare de "Love Hangover" de Diana Ross. J'y ai glissé quelques samples vocaux de la version réalisée par Pauline Henry (chanteuse du groupe "The Chimes").

11/ CERRONE "Love in C Minor" : remix très classe de David Morales qui respecte totalement les sonorités disco originales. Au passage, petit mash-up avec le classique de Jomanda "Make my body rock".

12/ Petit glissement vers la tribal-house puisque la rythmique de Morales m'y invite.
"Brinca" est avec "Take me up" et "You used to hold me" l'un des seuls hits que RALPHI ROSARIO produisit sous son propre nom alors qu'il fut à l'origine d'une multitude d'excellents remixes pour d'autres artistes.

13/ Final symbolique avec MARSHALL JEFFERSON et "Move your body", un titre datant de 1986. La copie que j'ai achetée d'occasion a dû séjourner dans l'eau pendant 3 mois m'obligeant quelque peu à éditer le morceau afin de le rendre audible.

vendredi 13 février 2009

N°5 : Deep roots of soulful house (Dj Pierre, Masters at Work, Joey Negro, UK Garage)

Set non disponible





1/ En pleine déconfiture, Donna Summer est reprise en main par Stock, Aitken & Waterman en 1989. S'ensuit une série de tubes pop comme "This Time I Know It's For Real", " I Don't Wanna Get Hurt" et "Love's About To Change My Heart" dont je vous présente ici la version très "gospel" réalisée par Clivillés & Cole.

2/ Lavette est une artiste éphémère dont on aura retenu ce seul single produit par D.J. Pierre, "Your love". D.J. Pierre (à ne pas confondre avec l'italien DJ Pierre Feroldi) est l'un des pionniers de l'acid-house de Chicago connu pour ses dubs hypnotiques.

3/ D.J. Pierre utilise la même loop de conga (piquée sur Block Party de ANTHONY WHITE) pour son remix du "Club lonely" de Lil' Louis. J'imagine bien la table de mixage restée branchée, "potards" en place avec les mêmes samples pour trousser ce mix. D'autres grands noms ont aussi eu recours à cette pratique face à l'urgence des commandes et je juge cela assez légitime.
Cependant, le grand maître du recyclage permanent reste Todd Terry. Les exemples de copier-coller intégral de loops et de samples sur plusieurs productions sont nombreux.

4/ "The Message" des 49ers, production italienne signée du grand manitou de Brescia, Gianfranco Bortolotti, a bénéficié d'innombrables remixes tous meilleurs les uns que les autres dont un pack généreux des Masters at Work dans lequel figure ce "Choice Mix" très underground.

5/ AXXIS "All i'm askin'" : Cette co-production Kenny "Dope" Gonzalez-Roger S. met en avant un sample du "Make my day" de GRACE UNDER PRESSURE.

6/ JOINT VENTURE "Love and happiness" : une autre production hyper minimaliste de D.J. Pierre qui fait la transition avec la partie UK Garage de ce set. Une utilisation massive de l'accapella de "Together Forever" d'Exodus.

7/ T-EMPO "Saturday night, Sunday morning" : Paré d'arrangements où brillent cuivres et violons, mixé avec une clarté étonnante, ce chef d'oeuvre du U.K. Garage est une reprise d'un titre de Thelma Houston sorti en 1979. L'original est gentillet et suranné et l'on ne peut que saluer le courage de T-Empo dans son entreprise de dépoussiérage. Combien de producteurs n'auraient même pas prété attention à ce titre.

8/ HIDDEN TALENT "Bee Gee" : cet énigmatique groupe anglais est un "one shot". Ponctué de gémissements féminins, le remix de Lenny Fontana peut être qualifié d'orgasmique.

9/ KIM ENGLISH est une chanteuse gospel originaire de Chicago. Son premier tube est "Nitelife" en 1994. Le maxi de "Learn 2 luv", sorti en 1997 sur Nervous Records, doit figurer dans toute discothèque. Le remix de Mood II Swing est très influencé par le style des Masters at Work avec ses rythmiques ternaires novatrices et l'utilisation d'une véritable basse. J'ai terminé le morceau en mash-up avec l'accapella de "Chains of Fool" par RISSE.

10/ 2ème remix d'anthologie du duo Mood II Swing : "Mighty power of love" par LEEE JOHN, ex-chanteur du groupe Imagination. Mood II Swing justifie son pseudo avec une rythmique totalement ensorcelée par la charleston.

11/ HIDDEN AGENDA "Story of my life" : ce très furtif groupe américain est remixé par Club 69 alias Peter Rauhofer, producteur autrichien révélé par son concept Danube Dance.

12/ On achève ce set avec un mini-hommage à Dave Lee alias Joey Negro. L'Angleterre doit beaucoup à ce producteur instigateur du style disco-house. "Look to the future" de FORTRAN 5 est, à la base, un morceau acid-jazz. Joey Negro le métamorphose en un dub disco doté d'une ligne de basse très travaillée.

13/ La compilation "Red, Hot + Dance" avait mobilisé des artistes "club" pour la lutte contre le SIDA, les bénéfices des ventes étant reversés à la recherche. Joey Negro offrit ses remixes du "Gypsy Woman" de CRYSTAL WATERS. J'ai inclus dans ce dub quelques samples de son titre "Love Fantasy"et de son remix de "Unity" du groupe UMOJA.

14/ Le titre qui a révélé JOEY NEGRO au grand public, "Do what you feel". Une pochette très suggestive où une femme lascive, prostrée tient une boule de pétanque dans chaque main !

mardi 10 février 2009

Biographie de Dave Lee alias Joey Negro

A l'origine du "disco revival" et de la popularisation de la "soulful house" dans son pays, Joey Negro est le producteur-remixer anglais le plus respectable.
Travaillant sans relâche sous de multiples pseudos, il compte plus de 200 productions à son actif en près de 20 ans de carrière !

Expert ès disco, il a conçu plusieurs collections de compilations dédiées à ce style musical.


De Dave Lee à Joey Negro

Si un producteur français avait choisi le pseudo de Joey Negro, il aurait immédiatement subi un lynchage médiatique. Mais voilà, Dave Lee est anglais et s'appeler Dave Lee revient à être "Roger Dupont" chez nous. Difficile à accepter lorsque l'on veut embrasser une carrière de producteur.
En choisissant ce pseudo de Joey Negro, Dave imagine de se faire passer pour un américain afin d'assoir sa crédibilité sur ses terres. Après tout, notre Didier Morville national ne s'est-il pas également affublé d'un pseudo "à paillettes", Joey Starr ?

Car c'est bien de paillettes qu'il s'agit ! Bercé par les musiques black américaines, consterné par la mièvrerie de la production anglaise, Joey Negro est bien décidé à faire revivre la musique disco en l'adaptant à cette house qui émerge à la fin des années 80.

Joey Negro, le précurseur

Quittant son île de Wight, il monte à Londres et se retrouve rapidement à la tête du département "Dance" du fameux distributeur Rough Trade. Il gère les catalogues d'artistes-fondateurs tels que BOMB THE BASS, THE BEATMASTERS, S-EXPRESS, COOKIE CREW et MARRS.

Rough Trade lui donne aussi la chance de réaliser en 1988 sa première production, "Get Busy", qui rencontre un succès honorable.
Sous le pseudo de RAVEN MAIZE, il connait le succès outre-atlantique avec"Together Forever", reprise éponyme d'un titre du groupe Exodus et dont le riff de piano Rhodes sera repris plus tard par Eddie Amador.

Mis en confiance, il fonde son label Republic et signe en licence des titres devenus cultes : PHASE II "Reachin'" et TURNTABLE ORCHESTRA "You're gonna miss me". Réalisant la première compilation dédiée au "garage" new-yorkais, il est à l'origine de la popularisation de ce style en Angleterre.


1991 : le Décollage

Joey Negro n'est pas un musicien. Pour parfaire ses productions, il a su s'entourer de deux claviers : Andrew Livingstone et Viv Hope-Scott.

Inaugurant son nouveau label Z Records, le titre "Do what you feel" (1991) est un succès immédiat dans les clubs et en radio.
Utilisant de vieux samples disco puisés dans son immense discothèque, Joey aligne les morceaux de bravoure : "Love Fantasy", Universe of Love", "What happened to the music" et" What a life" (avec les Trammps) figureront sur un premier album absolument essentiel signé par Virgin en 1993.

Comme souvent, il devient rapidement un remixer très convoité et signera ces quelques chefs-d'oeuvre :
  • UMOJA : "Unity"
  • FORTRAN 5 :"Look to the future"
  • EXTORTION : "How do you see me now?"
  • NOMAD : "(I wanna give you) Devotion" et "Something special"
  • BRAND NEW HEAVIES : "Dreams come true"
  • CRYSTAL WATERS : "Gypsy woman"
  • HUE AND CRY : "Labour of love"
  • LES CLAUDETTES "Alexandrie, Alexandra"
Honneur suprême, il est désigné en 1993 pour produire la reprise du "Relight my fire" de Dan Hartman par le boy's band incontournable du moment : TAKE THAT.


Un producteur multi-facettes

Joey Negro est tellement prolifique qu'il doit multiplier les pseudos pour digérer son oeuvre pléthorique.

En 1997, il réalise sans doute un vieux rêve en créant une véritable formation disco pour la scène : THE SUNBURST BAND. 3 gros albums à son actif avec des tubes comme "Garden of love", "You make me so hot", "Fly away" ou "Journey to the sun"....et de très grosses influences du côté d'Earth, Wind & Fire.

JAKATTA est un concept plus planant destiné à la clientèle d'Ibiza. Le tube emblématique est "American dream" qui sample deux titres de la B.O.F. d'"American Beauty".

THE HED BOYS est le duo qu'il a formé avec Andrew Livingstone avant leur séparation ; un hit à la clé, "Girls + Boys" (1994).

Épisodiquement sous le pseudo "Joey Negro" et accompagné de la chanteuse Taka Boom (la soeur de Chaka Kahn), il signe :
  • "Can't get high without you" (N° 1 au Billboard Dance/Club Play Chart)
  • "Must Be the Music"
  • "Saturday" (reprise de Norman Jean avec un riff de guitar dévastateur de Chic)
  • "Make a move on me"
  • "Love Hangover" (la reprise de Diana Ross)
Il nous a récemment gratifié de titres monumentaux avec d'autres pseudos comme Sessomatto, Doug Willis, Akabu et Z Factor.


Un compilateur Ès Disco


Fort d'une culture immense en la matière et d'une discothèque conséquente, il n'y a pas plus expert que Dave Lee pour concocter des compilations regorgeant de joyaux disco oubliés : les collections "Disco Spectrum", "Disco House", "The Soul of Disco" ou "The Kings of Disco" (avec Dimitri from Paris).


C'est enfin un DJ émérite qui a tout mon respect puisque ses sets sont remplis de productions "garage" très vocales et saupoudrés de vieux classiques disco...bref, c'est un homme indispensable à la scène house.

jeudi 5 février 2009

N°4 : SkyDance, the orgasmic radio show (Paul Simpson, C & C Music Factory, Shep Pettibone...)

Set non disponible





2ème hommage au SkyDance, cette émission qui a ravivé la flamme en moi !
Il est vrai que j'ai de nombreuses pépites en stock et qu'il est bon de rappeler aux jeunes générations que cette house qui a 20 ans d'âge n'a rien à envier aux productions électro actuelles que je juge globalement très simplistes dans leur construction et leur contenu.

RLP se fournissait en nouveautés auprès d'un certain Gilbert, vendeur chez Pygmalion, disquaire du Bd Sébastopol (Paris) aujourd'hui disparu.
Il me suffisait de noter les titres de la playlist égrènés par l'animateur et de débarquer les jours suivants pour rafler les maxis.
Mieux encore, mon métier m'amenant à l'époque à sillonner le Nord de la France, je profitais de mes pauses pour fouiner chez les disquaires locaux. De Lens à Valenciennes, de Béthune à Lille, quel vendeur n'a pas vu ma grande silhouette examiner les bacs scrupuleusement.

Ainsi, en multipliant mes recherches, rien de ce que RLP jouait de bon ne m'a échappé. Cela me permet aujourd'hui de vous proposer le meilleur de cette émission.

1/ L'un des pionniers du style "garage", PAUL SIMPSON. Il est le producteur de trois hits majeurs : "Respect", "I thank you" et "Musical Freedom-free at last!" (qui sample une phrase du discours de Martin Luther King) avec le concours de la chanteuse ADEVA. Cet homme aux ondes positives délivre un nouveau message d'espoir pour la communauté noire avec ce "Everybody's a star", empruntant quelque peu à la philosophie de Warhol.

2/ JANET JACKSON "Escapade" : S'il n'a jamais travaillé avec Michael Jackson, Shep Pettibone a collaboré activement avec sa soeur. Il propose ici un mix très éloigné de l'original aux sonorités franchement "Prince".

3/ EVELYN "Champagne" KING "Hold on to what you've got" : la pionnière disco (Shame - 1977) nous donne l'occasion de découvrir l'un des tous premiers remixes du duo Clivillés & Cole, déjà très à son aise.

4/ C & C MUSIC FACTORY "MTV Medley". Ce medley a été réalisé pour accompagner la promo de leur premier album sur le "Club MTV Tour". Il figure sur la compilation "Greatest Remixes Volume 1".
Il n'y aura jamais de volume 2, un destin funeste s'abattant sur le duo avec la mort de David Cole en janvier 1995.

5/ TRILOGY "Leave me forever or love me not" : Forts du succès de "Gonna make you sweat", les C & C Music Factory prennent en main ce titre en calquant quasiment le même arrangement. C'est le riff de sax "à la JB's" qui donne le "hook" (hook= accroche... je remercie Cerrone pour m'avoir sorti ce terme lorsque nous nous sommes rencontrés !). Le sample est piqué sur "It"s just begun" de JIMMY CASTOR BUNCH.

6/ JANET JACKSON "The Pleasure principle" : Shep Pettibone nous sort l'artillerie lourde avec des caisses claires qui claquent et des samples de voix en rafale.

7/ Un classique du SkyDance : WALLY JUMP Jr & THE CRIMINAL ELEMENT ORCHESTRA "Tighten up" : Signé par l'un des producteurs historiques de la house, Arthur Baker, il se caractérise par une rythmique tonitruante qui semble jouée très "live". La difficulté éprouvée pour mixer ce titre en est la conséquence !

8/ KYM MAZELLE "Useless" : une diva catégorie "lionne rugissante" qui signe ici son premier tube. Suivront "Wait" en duo avec Dr Robert, le chanteur des Blow Monkeys et "Was that all it was", la reprise de Jean Carn (1977).

9/ 2 IN A ROOM "Do what you want" : un Morales très "DJ" dans le style, truffant son remix de samples ("Move your body" de Marshall Jefferson ; "Spank" de Jimmy "Bo" Horn ; "Walking on sunshine" de Rocker's Revenge...)

10/ TEN CITY "That's the way love is" : lente descente vers le garage avec ce mix acid-house mais très musical de Steve Silk Hurley.

11/ Atterrissage sur ma planète favorite avec un grand classique : "One Man" par Chanelle, artiste "one-shot" ; sa page Myspace indique son come-back. Le problème avec Myspace est que chacun se sent obligé d'y figurer même s'il n'a rien à dire ce qui semble être le cas.

12/ "And I loved you" : ce titre de SATOSHI TOMIIE, membre de la team "Def Mix productions", atteint des sommets grâce au mix de Morales. J'ai inclus un accapella qui figure sur l'album "Secret accapellas". Il est tellement secret que je ne sais pas de qui il s'agit et qu'il n'est pas répertorié sur Discogs. J'attends votre aide pour l'identifier.

13/ SOUND WAVES "I wanna feel the music" : il figure en bonne place dans mon "top ten" de la "deep-house". Un titre totalement envoûtant avec des samples judicieusement choisis et utilisés (l'accord de piano au tout début du "Tuch Me" de Fonda Rae, "Don't make me wait" des Peech Boys" et "Keep on pumpin' it up" de Freestyle Orchestra).

14/ UMOJA "Unity" : injustement méconnue, cette production de Joey Negro symbolise la quintessence de la house. Sa prouesse est de réussir une alchimie novatrice entre disco et deep-house sur une production de Marshall Jefferson encore ancrée dans les années 80.

mercredi 4 février 2009

Biographie de Shep Pettibone


Shep Pettibone
est l'un des acteurs fondamentaux de l'histoire du "clubbing".

Producteur, remixeur, compositeur, D.J. et désormais business man, son œuvre est pléthorique et sa patte reconnaissable entre mille.
Il a régné pendant plus de 10 ans sur les dancefloors.

Une flopée de stars est passée entre ses mains. L'une d'elles lui doit beaucoup : Madonna.


Les "Kiss FM Mastermixes"

1981. Shep Pettibone mixe dans un bar gay black de Time Square, le Better Days.
Il est aussi le DJ-star de la radio new-yorkaise Kiss FM 98.7. Remixant de manière totalement novatrice les tubes du moment (les Mastermixes), il devient la coqueluche des auditeurs.
C'est ainsi que je le découvre l'année suivante lorsque le label Prélude a la bonne idée de sortir une compilation des "mastermixes" consacrés à ses artistes. Ses "bidouillages" astucieux sont réalisés grâce à 3 platines Technics SL 1200 (décalage d'une mesure ou phasing de deux titres identiques), des effets d'echo et des "edits-mitraillette" à grands coups de rasoir sur la bande.

Rapidement il réalise les club mixes (vocal et dub) des artistes les plus prestigieux du label Salsoul Records : SKYY, INNER LIFE, FIRST CHOICE, LOLEATTA HOLLOWAY.


Remixeur de Pop Stars

Délaissant le son disco, il entame dès 1985 une collaboration avec les PET SHOP BOYS, permettant leur ascension dans les clubs avec le single "West End Girls", le summum étant, selon moi, atteint sur leur titre "Love Comes Quickly" l'année suivante.
D'autres artistes pop tels que NEW ORDER, THOMSON TWINS, CYNDI LAUPER et LEVEL 42 ne vont pas tarder à s'offrir ses services.


Pettibone et Madonna

Mais c'est l'opportuniste MADONNA qui va s'approprier le génie de Pettibone en faisant de lui son producteur attitré et prendre ainsi un virage décisif pour sa carrière. Elle lui confie les remixes de titres qui seront autant de hits : "True Blue", "Into the groove", "Express Yourself" et "Like a prayer".
A son apogée, Pettibone co-signe et réalise le tube mythique "Vogue" (1990) puis co-produit l'album "Erotica" (1992).
Mais, toujours soucieuse de s'entourer des meilleurs, Madonna lorgne déjà sur d'autres producteurs plus en vue : Dallas Austin, Babyface et William Orbit.


La lente reconversion

Pettibone gardera une attache avec la black music grâce aux nombreux remixes réalisés pour Janet Jackson : "The pleasure principle" (1986) "Escapade" et "Rhythm Nation"(1989), "Love will never do (without you)" (1990).

Mais, le déclin s'amorçant doucement, Shep disparaît de la scène pour se reconvertir dans l'immobilier et le business.
Après avoir touché le pactole avec Madonna, il est aujourd'hui propriétaire d'un complexe Club + Hôtel dans le New Jersey.


Le Style Pettibone

  1. Une puissante musicalité : Par atavisme (une mère chanteuse d'opéra) ou par goût pour la musique classique (grand amateur de Mozart), Shep fabrique des mixes d'une redoutable efficacité tout en conservant leur âme et leurs harmonies.

  2. Une reconstruction totale des morceaux : Là où Pettibone passe, l'arrangement original trépasse : piochant dans chaque piste, il crée des intros et des breaks à rallonge au grand bonheur des Dj's (même si les "edits" rendent le tempo souvent instable !).

  3. Une lourde caisse claire : Le Snare Drum de la mythique boîte à rythme ROLAND TR 909 est mixé largement "devant" et accompagné d'une puissante "gated reverb". Les nombreux rolls de batterie de ses arrangements ont souvent inspirés les producteurs des années 90.